Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

HisseinHabre.jpgLa Cour d’Appel de Dakar, pour la énième fois  a statué sur une requête aussi itérative qu’insultante pour notre pays et pour l’Afrique tout entière.  A la dernière requête en date, de la Belgique qui ne demande ni plus, ni moins qu’à extrader l’hôte tchadien du Sénégal, le président Hissein Habré auprès de ses juridictions qu’elle décrète universellement compétentes,-on se demande bien pourquoi ?,- la Cour d’Appel a dit encore niet. La Chambre d’accusation de cette Cour  a rejeté à nouveau la demande d’extradition en Belgique de l’ancien président tchadien, qui a trouvé refuge à Dakar depuis sa chute en 1990.

 

Elle a estimé que le mandat lancé contre l’ancien chef d’Etat du Tchad par Bruxelles, est entaché de vice de forme. Euphémisme « jurdico-diplomatique » pour dire à des requérants irrespectueux et envahissants, m… ? Peut être pas, mais la lassitude assurément se sent et se ressent face à une demande aussi récurrente que gênante de la part d’un Etat dont on peut valablement se demander en quoi, il est concerné.    

Hier, comme aujourd’hui en tout cas, la juridiction sénégalaise compétente a refusé de brader l’honneur et la dignité nationale. Elle a surtout fait droit au droit d’Asile qui est aussi imprescriptible voire plus pérenne, parce que plus humaine que tous ces autres droits dits à caractère international qui sont à géométrie variable que l’on convoque à tout bout de champ pour juger du Nègre ou… du Serbe et/ou de ces races « inférieures» à la périphérie de l’Europe qui tâcheraient le vieux continent et gêneraient le monde occidental. Ces « races » là, vivant principalement dans les Balkans, notamment dans la Yougoslavie éclatée, ou dans des pays du Caucase, ainsi que les Nègres et les Berbères d’Afrique peuvent passer devant la Haute Cour de Justice de la Haye ou faire l’objet d’un mandat de la compétence universelle bruxelloise. Les autres, tous les autres sont trop purs pour intéresser le Comité des Nations Unies contre la torture dont les vues fondent la Belgique à exiger le jugement de Hissein Habré sur son territoire.

Oubliant au passage sa pratique inacceptable  de « deux poids, deux mesures », notamment dans les affaires Sharon (Sabrah et Chatilla), Colin Powell, Guantanamo, les assassins de Patrice Lumumba  et beaucoup d’autres. Dernières en date l’invasion irakienne et afghanne ainsi que l’impunité qui en découle pour toutes les forces d’occupation.

Pour ces crimes comme ceux d’Israël, Bruxelles est incompétente, mais quand il s’agit du moindre dirigeant africain ou de ces « pays inférieurs » d’Europe et périphérie, elle a toute les compétences du monde à juger leurs ressortissants.

Depuis quelques années, la Belgique se réclame la destination judiciaire idéale à même de statuer sur le sort du héros de Faya-Largeau ou Faya pour faire court,  où il a défait mémorablement les envahisseurs libyens. Hissein Habré  avec quelques autres Africains subsahariens parmi lesquels on peut ranger désormais le vaincu d’Abidjan, Laurent Gbagbo, est assurément la cible préférée de ces organismes prétendument défenseurs des droits de l’homme dans le monde et dont les financements et les connections gagneraient à être connus du grand nombre. Une transparence à ce niveau aiderait grandement l’opinion à s’y retrouver. Dieu reconnaît les siens !

Dans leurs commandements adressés au Sénégal, la Belgique et ses alliés occidentaux brandissent  eux entre autres arguments, la Convention des Nations Unies contre la torture du 26 Juin 1987. Il est vrai que ladite  a prévu l’extradition vers un autre Etat également compétent. Mais elle soumet heureusement ces procédures à des préalables précis et clairs, notamment, la signature et la ratification de la Convention, mais aussi et surtout l’intégration de ses dispositions dans le corpus du droit positif de l’Etat concerné, rappelle opportunément Me Clédor Ciré Ly, avocat sénégalais du président Habré. Selon lui, la fameuse Convention n’est applicable et opposable à un Etat qu’à la condition dirimante et préalable de l’incorporation par cet Etat des dispositions de ladite Convention dans le corpus juridique national. Les Etats sont libres de renoncer à la ratification d’une  convention ou de la ratifier avec des réserves restrictives de ses obligations.    

On se souvient en 2000 certes, de cette pression subite et conjuguée comme concertée et suscitée,-par qui ?-,de Tripoli et Paris, on remarquera au passage que ces deux capitales avaient assurément un contentieux non vidé avec le président Habré qui les a toutes ridiculisées du temps où il était au pouvoir, et d’une coalition d’ONG intéressées. Une pression qui a obligé le gouvernement sénégalais a ordonné son Parquet d’engager des poursuites judiciaires contre l’ancien Président tchadien, pourtant son hôte tranquille et intégré depuis plus d’une vingtaine d’années. Est-ce parce qu’une de ses demeures était convoitée pour un « travail » spécifique, un sortilège pour contrer le mauvais œil ou fournir le « baïré » (notoriété) pour un jeune dignitaire dont on voulait forger et forcer le destin… ? Toujours est-il que l’Etat du Sénégal  ne remplissait pas toutes les conditions légales qui pouvaient lui permettre d’ordonner des poursuites et d’opérer un jugement du mis en cause. L’arrêt du regretté Juge Lamine Coulibaly qui le rappela fort pertinemment est encore vivace dans les mémoires, même s’il n’a pas empêché l’affaire de suivre tout le parcours judiciaire jusqu’à la Cour de Cassation qui lui a donné une suite finale et définitive.

En vérité, selon les avocats de celui, « l’affaire Hissein Habré a déjà fait l’objet de six décisions de justice. Cinq arrêts dont quatre de la Cour d’Appel de Dakar et un de la Cour de Cassation du Sénégal et la sixième de la Cour de Justice de la CEDEAO ».  On peut y ajouter depuis mardi dernier, un septième arrêt, celui de la Cour d’Appel de Dakar qui encore une fois vient de débouter la « demanderesse » bruxelloise. Faut-il lui marteler que toutes les décisions rendues par les juridictions sénégalaises ont acquis l’autorité de la chose jugée, et ont donné toutes,  gain de cause au Président Hissein Habré ? Elle n’en a certainement cure, elle qui veut forcément juger Habré. Pourquoi ? Mystère.
N’y a-t-il pas lieu aussi de préciser que les arrêts de la  Cour d’Appel  ainsi que celui de la Cour de Cassation du Sénégal, souligne Me Ly, sont autorité et s’imposent tant en ce qui concerne la forme que le fond de l’affaire.  La Cour de justice de la CEDEAO qui avait été saisie pour dire le droit dans cette affaire. Elle avait rendu son verdict en précisant que «…que l’Union Africaine n’est pas une Cour internationale…car sa mission n’est pas d’administrer la justice et singulièrement la justice internationale… Dit que l’Etat du Sénégal doit se conformer au respect des Décisions rendues par ses Juridictions Nationales notamment au respect de l’autorité de la chose jugée… Ordonne au Sénégal de respecter le principe absolu de non rétroactivité ».  La cause était déjà entendue.

Il est temps que l’on « colle » la paix à ce vieux retraité de la politique et des Affaires d’Etat, qui n’aspire qu’à son chapelet et à vivre tranquillement sa « sénégalité ». En tout état de cause la justice sénégalaise, elle, a encore tranché dans le sens du respect de l’hospitalité due à l’hôte persécuté. De notre téranga légendaire. Des droits imprescriptibles de l’Homme. De notre dignité et de la considération exigible et exigée de nos juridictions et de notre législation. Le droit a été dit. Définitivement. L’activisme abondant  et débordant de ceux qui veulent juger coûte que coûte, désir qui tourne à l’obsession, l’ancien président tchadien relève d’une désobligeante arrogance et de la morgue outrancière de ces Occidentaux à l’égard des peuples et Etats africains. Des Occidentaux qui pensent que le fait de s’occuper de nos ventres leur donnait le droit de guillotiner nos dirigeants pour se divertir.  Il est vrai qu’ils trouvent des relais locaux qui crient souvent plus fort qu’eux et font dans un zèle à servir le maître au détriment de leurs concitoyens…au nom des Droits de l’Homme… qui frise l’esclavagisme. Mais au nom de l’Afrique combattante, il est temps de faire justice à Habré.

 

Publié le 13/01/2012 | 04H01 GMT par Madior FALL 

Tag(s) : #Articles- Affaire HH

Partager cet article

Repost 0