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Décidément nous avons tout vu et entendu avec les Tchadiens sous ce régime de la médiocrité. Depuis hier, l'émission « Appel sur l'actualité » de la radio mondiale -RFI- du très controversé Juan Gomes, est à Ndjaména. Et comme d'habitude, nous assistons à tout sauf à une simple émission de radio. Les débordements de toute nature (politique, sectaire, religieux) fusent de toute part. Mieux, les autorités administratives sont jetées en pâture à une horde de voyous qui les conspuent fraternellement. Des choses pareilles ne peuvent exister que dans les pays faibles, particulièrement africains et francophones où les régimes impopulaires doivent leur survie que grâce au soutien multiforme de la nébuleuse françafrique. Un autre tour du néocolonialiste qui s'agrippe sur ses principes ancestraux de diviser pour mieux régner
.

 

Au cours donc de cette émission, nous avons suivi avec beaucoup d'intérêt notre Historien maison, Monsieur Arnaud Ndingama. Hélas, ce dernier a surpris les auditeurs de la radio mondiale que nous sommes en transgressant le principe fondamental de la fonction d’un historien qui est d’entretenir la mémoire des événements passés et d’expliquer leur déroulement. On attendait donc de notre historien qu’il nous raconte ce qui s’est vraiment passé. De plus, la société demande généralement aux historiens d’expliquer le présent à la lumière du passé. Face à l’actualité brûlante, elle attend d’eux une analyse qui permet de contextualiser l’événement, de le replacer dans une évolution temporelle et de comprendre les enjeux plus globaux. Bref, le savoir de l’historien est convoqué pour apporter du recul. Mais là, Monsieur Ndingama nous a surpris non seulement par une prise de position politique renversante mais en plus par son attitude plutôt suiviste face à un public menaçant.

 

Pour ceux qui n’ont pas suivi l’émission du 4 novembre, nous rapportons ici les propos du sieur Arnaud Ndingama : «.... l'unité nationale n'a jamais été mise en cause, même au temps de la guerre civile de 1979 quand les sudistes se sont retranchés dans leurs régions natales, ils auraient pu déclarer la sécession mais ils ne l’ont pas faite.... Je tiens donc à féliciter les autorités politiques de cette époque... ».

 

C'est très grave. D'abord, il faut dire que le Sud du Tchad a été bel et bien en sécession et ce de 1979 jusqu'en 1984. Les autorités politiques de cette époque sont encore vivantes et certaines en activité, d'autres ne font plus partie de ce monde. L'un des principaux acteurs de cette barbarie sanguinaire qui a plongé tout le pays dans le chaos dès son indépendance, le Général Kamougué, actuel ministre de la défense du Dictateur Idriss Deby Itno, est le fossile vivant de cette sombre période. Kamougué a régné en maître absolu dans la partie méridionale du Tchad, après avoir chassé et massacré de milliers de non autochtones à savoir les nordistes appelés localement les « doums ». Les rescapés de cette période dramatique sont encore vivants et ont même fait des témoignages historiques. (voir l'article publié sur presque tous les sites tchadiens : "Témoignage d'un rescapé du pogrom des musulmans au Sud Tchad entre février et avril 1979").


La France qui s'est toujours présentée comme la protectrice des ressortissants de cette contrée du Tchad avait soutenu un certain temps l'idée de la sécession. François Mitterrand était le premier à parler du « Tchad utile ». Le reste est connu, le règne des codos et leur démantèlement à partir de septembre 1984. Monsieur Arnaud Ndingama, Historien, ne peut pas ignorer tous ces détails. L’histoire n’est pas à réécrire.

 

Autre monstruosité qui a failli transpercer les micros de la radio mondiale, tellement que les décibels ont monté en flêche. Monsieur Arnaud Ndingama a soutenu et argumenté les analyses superficielles d’un jeune compatriote qui a conclu que tous les problèmes du Tchad sont l’œuvre d’une politique orchestrée par le voisin soudanais. L’historien a appuyé cette idée et a martelé que le Soudan a toujours cherché à placer à la tête de l’Etat tchadien une marionnette afin de profiter d'énormes richesses du Tchad, de le contrôler politiquement et d’imposer sa culture au peuple tchadien. A notre humble avis, aucun régime tchadien n'a été sous l'influence manifeste des régimes soudanais. Sous Deby, les Soudanais ont effectivement investi l'armée, les affaires, les milieux religieux et on a même vu des conseillers politiques mais cela ne veut pas dire qu'il est leur pion. C’est quand même curieux qu’un historien nous serve aussi simplement la propagande occidentale contre le Soudan du reste largement utilisée par le régime MPS. Comme on dit, si tu ne sais pas où tu vas, saches au moins d'où tu viens.

Tag(s) : #Ambénatna

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