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Dans un enregistrement audio transmis à Reuters par courrier électronique, le groupe ne précise pas les circonstances de la mort des otages mais parle d'un "échec retentissant de la tentative de sauvetage" des deux hommes.


Les conditions de l'opération de l'armée française, qui aurait impliqué une trentaine d'hommes à bord de deux hélicoptères, restent confuses.


Le ministère français de la Défense et le procureur de Paris Jean-Claude Marin, qui dirige l'enquête judiciaire sur place, ont livré jeudi des éléments divergents. Tous deux ont souligné que les corps des deux jeunes Français portaient des traces de balles.


Faisant état des résultats de l'autopsie, le procureur a déclaré qu'un des deux hommes, Antoine de Léocour, était mort d'une balle dans la tête tirée "à bout touchant", mais a précisé que les causes de la mort du second Français, Vincent Delory, étaient plus floues. Son corps présente de graves brûlures et des traces de balles en cinq endroits, a dit le magistrat.


"En l'état actuel, il y a des hypothèses alternatives" à une mort par balles, a-t-il dit. Vincent Delory a pu mourir de brûlures ou d'asphyxie provoquées par l'incendie de produits toxiques dans la voiture dans laquelle il se trouvait.


Le ministère de la Défense assure depuis l'opération que les deux hommes ont été exécutés par leurs ravisseurs au moment de l'intervention d'une trentaine de militaires français héliportés et parachutés en territoire malien.


DES RAVISSEURS ONT PU FUIR


Le procureur a par ailleurs précisé qu'il n'y avait pas de prisonniers interrogés actuellement, contrairement à ce qu'ont déclaré le ministre de la Défense Alain Juppé, suivi par le Premier ministre François Fillon.


"Il y a eu une confusion", a dit Jean-Claude Marin. Les personnes en question seraient en fait des gendarmes nigériens pris en otages par les ravisseurs lors des combats.


Le ministre nigérien de l'Intérieur, Cissé Ousmane, avait mis au point la question d'éventuels prisonniers dès mardi. "Il n'existe pas actuellement de terroristes auditionnés par nos services", avait-il déclaré, démentant Alain Juppé.


Enfin, autre divergence, le procureur, qui s'appuie sur les auditions faites sur place par six policiers antiterroristes français et deux spécialistes de l'identité judiciaire, se dit certain que "deux à trois ravisseurs" ont pris la fuite après l'assaut français.

"Il y a des gens dans la nature", a-t-il dit. Les policiers n'ont pas pu interroger les militaires français, a précisé Jean-Claude Marin, qui n'exclut pas de demander à Paris la levée du secret-défense si c'est nécessaire.


Le sujet devient politique et, dans ses voeux à la presse jeudi, le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, tout en réitérant son soutien au gouvernement, a souhaité la transparence sur les conditions de la mort des deux Français. Les deux jeunes Français ont été enlevés dans un restaurant de Niamey parce que leur table se trouvait près de la porte d'entrée, selon Jean-Claude Marin.


SARKOZY LUNDI À LINSELLES


Au nom d'Aqmi, Salah Abou Mohammed déclare dans la bande audio qu'un groupe de moudjahidine a mené le 7 janvier "une courageuse opération au coeur de Niamey, capitale du Niger, où ils ont pénétré dans le quartier diplomatique et sont parvenus à enlever deux Français".


Le gouvernement français, poursuit-il, n'a rien appris de ses erreurs et a répété la même folie "où deux batailles avaient déjà opposé les moudjahidine aux forces franco-nigériennes".


Aqmi détient toujours cinq ressortissants français enlevés en septembre dernier sur le site d''extraction d'uranium d'Arlit, dans le nord du Niger, et qui seraient détenus au Mali.


Aqmi a revendiqué en juillet l'exécution du touriste français Michel Germaneau, enlevé trois mois plus tôt au Niger.


L'Elysée a annoncé jeudi que Nicolas Sarkozy participerait lundi à 15h00 aux obsèques religieuses des deux otages, en l'église de Linselles, leur ville d'origine, près de Lille, dans le nord de la France, "en accord avec les familles".

Tag(s) : #Politique

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