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Nous avons lu le récit de notre historien en herbe, le jeune Itno, qui nous relate avec grande passion l’histoire de ses aïeux et de son lointain village d’Amdjarass. Il faut dire qu’on a appris des choses avec ce conte. Mais avant lui, nous rappelons que son oncle, Daoussa Deby Itno, était passé à la télévision nationale pour, d’une manière officielle, rapporter au peuple tchadien la légendaire histoire des Itno. Quelques jours plus tard, nous avons vu l’édification d’une statue représentant un homme monté sur un cheval avec une lance à la main (le fameux rond-point de 18 milliards). C’est probablement le lointain aïeul Itno ainsi immortalisé.

Le jeune Barh n’a donc fait que transcrire la magnifique histoire créée de toute pièce par son oncle Daoussa. Ce qui est malheureux, c’est que le jeune a cru à ce ragot. Nous comprenons le bambin Barh car si vous déduisez 20 ans de son âge actuel, il ne pourrait avoir une idée de ce qu’était Amdjarass en ce temps.

Amdjarass, comme tout le sait, est un coin perdu dans les massifs montagneux de l’Ennedi. Un trou où les puits sont désespérément vides et la végétation inexistante. La vie a toujours été rude et la population se compte aujourd’hui encore à quelques centaines de têtes. Amdjarass n’a jamais été une route commerciale et elle ne l’est toujours pas aujourd’hui. Car nous savons tous que la route passe de Koufra à Kalait en passant par Gouro. Le régime MPS a tout fait pour modifier ce trajet historique mais en vain.

Si Amdjarass est aujourd’hui une ville « moderne » comme le souligne le petit Itno, c’est en grande partie grâce à leurs pratiques viscérales de razzia. Le vol de bétails, les viols, les kidnapings et les meurtres ont jalonné leurs relations avec les populations environnantes. Pratiques qui se sont développées ces 20 dernières années et se sont même étendues sur tout le territoire national.

A partir de 1990, les Tchadiens ont assisté un pillage systématique des ressources de l’Etat. Les populations civiles n’ont pas été épargnées, elles ont été dépossédées de leurs maigres biens et constamment victimes des violences de toutes sortes. Sur ce registre, une littérature fournie existe sur Internet et notre jeune historien en herbe peut profiter pour en faire une thèse.

Amdjarass en 2010 est une ville électrifiée par des puissants groupes électrogènes qui fonctionnent 24h/24. Quand ils tombent en panne, pas la peine de les réparer, on commande d’autres. Il y a aujourd’hui plus de maisons (bâtiments, villas) que d’habitants à Amdjarass. Le fictif sultanat des Itno, dirigé par Timane Deby Itno, a multiplié les alliances avec les autres cantons pour donner vie à cette contrée. Deby y passe un mois dans l’année. C’est dire que malgré les butins et les investissements publics et privés, Amdjarass est toujours invivable. Alors revenons sur terre chère ami. Amdjarass n'est pas une ville moderner. D'ailleurs même Ndjaména n'en est pas une.

Quant au fameux dinosaure qui aurait terrorisé les populations d’Amdjaras il y a 400 ans
(vers 1610), c’est qu’à même curieux qu'aucun historien n’a rien vu ! Il faudrait que les archéologues s’y intéressent, peut être qu’ils trouveront quelques fossiles. Mais bon, je ne dirais pas que c’est dommage que le cruel monstre n’ait pas dévoré tout le monde d’Amdjaras (on n’aurait pas vécu cette descente aux enfers actuelle), mais tout de même, je me réjouis au même titre que ce compatriote qui se félicite de cette prise de conscience collective des Itno pour un retour au pays natal. Bon retour.

Tag(s) : #Ambénatna

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