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taliban.jpgDans 23 mois, Barack Obama saura si les Américains lui ont renouvelé leur confiance pour quatre années de plus. Tous les sondages indiquent aujourd'hui que les deux sujets qui détermineront le vote des électeurs sont la reprise économique et la fin de la guerre d'Afghanistan.


Sur la crise économique, en dépit de la vitalité toujours étonnante de l'Amérique, trop d'incertitudes demeurent, trop de mauvaises surprises possiblement cachées dans les placards des banquiers pour se hasarder à un pronostic.


Le spectre de Lyndon Johnson


Sur l'Afghanistan, on le sait déjà : même si les troupes de l'Otan continuent à labourer le terrain, même s'il y a encore des morts et des blessés en bien trop grand nombre, la guerre est finie. Obama en a décrété la fin, quoi qu'il arrive en décembre 2014. Au mieux ce sera un retrait sans gloire après avoir passé la patate chaude à une armée afghane aux qualités plus qu'incertaines et à la détermination et la fidélité encore plus problématiques. Au pire, un départ précipité sous la pression de l'opinion américaine, comme le fut la sinistre débandade du Vietnam.


Au moment où Barack Obama se félicitait jeudi 16 décembre de "l'érosion manifeste de la capacité de nuisance d'Al-Qaeda", on s'inquiétait à Washington de la possibilité de voir se reproduire en Afghanistan l'équivalent de ce qui était précisément arrivé aux troupes américaines au Vietnam, le 30 janvier 1968, et que l'on avait baptisé "l'offensive du Têt" : une attaque massive et quasiment suicidaire de 80.000 partisans viêt-congs sur une centaine de villes du Vietnam du Sud, destinée à montrer à l'opinion américaine que, contrairement aux déclarations de Lyndon Johnson, les maquis communistes frappaient où ils voulaient, quand ils voulaient. L'opération avait fait pas mal de victimes américaines et avait tourné au bain de sang pour les Viêt-congs. Mais son objectif psychologique, sinon militaire, avait été atteint : jamais plus l'Amérique ne croirait qu'elle pouvait se sortir honorablement des rizières vietnamiennes. Désertions et manifestations pacifistes allaient précipiter la fin sans gloire d'une guerre sans espoir.


60 % des Américains contre la guerre


Certes, on voit mal les talibans, dont on estime les forces à environ 30.000 hommes, monter une attaque généralisée comme celle du Têt contre les places fortes américaines. Mais à l'ère d'Internet, ils n'ignorent pas que 60 % des Américains se déclarent aujourd'hui partisans d'un abandon de la guerre. Il pourrait donc suffire de peu de choses, une embuscade meurtrière, une opération kamikaze spectaculaire ou une nouvelle affaire de bombardement par erreur de civils innocents, pour que l'opinion bascule complètement et pousse à l'accélération du retrait américain.


Surtout si les talibans se lancent dans un petit jeu consistant à se moquer des GI's. Un journaliste du National Journal qui a suivi une colonne américaine à la recherche de poseurs de bombes raconte : "À la fin d'une journée harassante et sans aucun contact avec l'ennemi, des soldats repèrent deux fils électriques noirs mal cachés dans la poussière d'un chemin. On appelle immédiatement les démineurs. Les soldats se déploient le doigt sur la gâchette pour parer à une attaque-surprise. Les spécialistes des bombes artisanales évaluent les risques. Après un travail minutieux de déblaiement, millimètre par millimètre, ils découvrent au bout des deux fils... une carte à jouer. C'était un as de pique !"

Source : Le point.fr

Tag(s) : #International

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