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laurentcorreau

RFI, la radio françafricaine, toujourjours prête à rebondir sur n'importe quoi quand il s'agit de l'affaiire Habré. N'importe quelle rumeur devient information et est utilisée à des fins d'intox. Sur ce registre, les journalistes de RFI ne manquent pas d'imaginations et d'ardeur. En véritable Agents spéciaux, ils accomplissent des tâches qui ne correspondent en rien au devoir assigné à tout journaliste respectueux qui consiste d'informer juste et vrai.

A Dakar, l'envoyé spécial de RFI, Monsieur Laurent Correau, ne se gène guère pour balancer sur les ondes de la radio mondiale sa véritable mission au Sénégal : faire de l'intox sur l'affaire Habré. C'est à croire qu'il surveille cette affaire comme du lait au feu. Usant des entrées tortueuses de la françafrique, l'Agent spécial de RFI rebondit régulièrement sur sa radio avec des informations qualifiées "d'exclusivité RFI" et curieusement ces dernières ne portent qu'exclusivement sur l'affaire Habré. On a compris pourquoi il a vite recruté une sénégalaise bon tin, Binta Ndiaye, pour s'occuper de l'actualité sénégalaise, pourtant très riche ce dernier temps. Mais bon, c'est l'objet de sa mission au pays de Maxoom Waxeet.


Rappelez-vous il y a quelques mois, l’Agent spécial de RFI, Laurent Correau, a fait tout un reportage sur les ruines de l’ancien palais de justice de Dakar choisi par les autorités sénégalaise pour accueillir éventuellement le procès, après sa réhabilitation à coup de plusieurs milliards de francs bien entendu. Suffisant pour Monsieur Correau pour affirmer que tout est fin prêt pour que le procès commence dans les semaines à venir. Malgré l’odeur nauséabonde des lieux abandonnés depuis près de 30 ans et squattés par les chiens et chats, les malades mentaux et autres personnes pour faire leurs besoins, Laurent Correau a dû boucher doublement les narines pour pondre une formidable description des lieux, précisant même la place qu’occuperait l’accusé. Même un aveugle pourrait avoir une image de la scène. C’est pour vous dire tout simplement la détermination de l’Agent spécial de RFI à Dakar.

 

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Il n’est pas inutile de rappeler ici les quelques faits d’armes de Monsieur Correau dans le dossier tchadien. Il a par exemple dépouillé l’ancien Président tchadien Goukouni Weddeye de plus de 170 pages de ses mémoires et les a tout simplement balancées sur Internet. On attend toujours la parution du livre ou du moins de la seconde partie.


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Laurent Correau a sillonné le Darfour et a fourni une tonne d’informations sur les mouvements rebelles, particulièrement le MJE. A l’Est du Tchad, il est allé à la rencontre des rebelles tchadiens qui luttent contre la tyrannie de Deby soutenue et entretenue par Paris. Ces derniers l’ont accueilli en ami et se sont livrés à lui, partageant le thé et lui ont permis même de jouer avec leurs armes. De retour, l'Agent spécial infiltré informe sur la marque chinoise de certaines armes de la rébellion indexant ainsi la Chine de soutenir la rébellion tchadienne.

 

Revenons maintenant sur ce qu’on qualifie d’information, "exclusivité RFI". Nous avons tous remarqué la confusion grossièrement entretenue entre la justice rwandaise et le Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR) installé à Arusha, capitale de la Tanzanie voisine.

Le TPIR a été mis en place le 8 novembre 1994 par le Conseil de sécurité des Nations unies afin de juger les personnes responsables d'actes de génocide et d'autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda, ou par des citoyens rwandais sur le territoire d'États voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994. Son siège est à Arusha en Tanzanie. La France, pays de Laurent Correau, a été directement indexé dans ce génocide qui a fait près de 800.000 morts.

Pour la mise en place de ce Tribunal, la France a manœuvré dur pour limiter son champ d’actions. Malgré tout, l’ombre de la France a constamment plané sur le TPIR sans que les Juges ne puissent agir car leur compétence est verrouillée d’avance dans le temps et dans l'espace. Le représentant du gouvernement rwandais auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a toujours appelé l'ONU et Paris à engager des poursuites judiciaires contre "des autorités politiques et militaires françaises", soupçonnées par Kigali d'implication dans le génocide au Rwanda. "Je voudrais saisir cette occasion pour appeler les Nations unies et le gouvernement français à faire en sorte que ces gens fassent l'objet d'enquêtes et soient poursuivis", a déclaré le diplomate, Aloys Mutabingwa, lors d'une conférence de presse à Arusha (Tanzanie), à l'avant-veille du seizième anniversaire du début du génocide. Il a évoqué "la responsabilité individuelle ou collective" de certaines "autorités politiques et militaires françaises", sans les nommer. Selon M. Mutabingwa, "les témoignages entendus devant ce tribunal au cours des dix dernières années sont probablement suffisants pour indiquer qu'il existe des preuves probantes" de l'implication de ces Français. En mars 2005, une loi portant création d'une commission d'enquête "chargée de rassembler les preuves de l'implication de la France dans le génocide" au Rwanda en 1994, a été adoptée par le Sénat rwandais.

Le réchauffement des relations diplomatiques entre la France et le Rwandais tend à étouffer les poursuites contre les autorités politiques et militaires françaises. La récente visite de Kagamé à Paris est plus que révélatrice : « Je ne demande plus le pardon de la France.» a-t-il déclaré. A titre de comparaison, l’Algérie exige toujours des excuses officielles de la France pour ses crimes commis pendant la colonisation.


Mais Paul Kagamé ne pourrait que lâcher du leste, son régime est l’un des plus féroces de l’Afrique noire. Malgré les multiples sonnettes d'alarme tirées par les organisations telles qu'Amnesty International, Human Rights Watch et Reporters Sans Frontière, les puissances occidentales ne semblent pas exercer de pression particulière sur le régime de Kigali pour qu'il arrête la persécution des opposants et des journalistes. Ces puissances ne se montrent pas non plus pressées à donner une suite appropriée au rapport Mapping des Nations unies qui établit que l'armée de Kagamé a commis des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et possiblement un génocide sur les réfugiés Hutu dans ses guerres au Congo dont le bilan dépasse 5 millions de victimes.


Point de démocratie donc au Rwanda comme au Tchad d’Idriss Deby.
Rappelons que Kagamé s'est fait réélire le 9 août 2010 pour un deuxième mandat de 7 ans avec un score stalinien de 93 %. Rappelons aussi que, pendant la période préélectorale, une trentaine de journaux indépendants ont été fermés, que le journaliste Jean Léonard Rugambage a été assassiné et que le vice-président du Parti démocratique vert a été tué et son corps quasi décapité. Bref, les dirigeants des partis d'opposition rwandais sont presque tous actuellement en exil ou en prison.


Le régime Rwandais a emprisonné l'opposant Me Bernard Ntaganda et Madame Victoire Igabiré tous deux chefs de parti politique. Cette condamnation suivait de près celle de deux femmes journalistes, Saidati Mukakibibi et Agnès Nkusi Uwimana, à de lourdes peines d'emprisonnement de 7 et 17 ans pour avoir critiqué le dictateur Paul Kagame dans la période préélectorale. Ces peines font dire à Human Rights Watch que le système judiciaire rwandais est utilisé pour persécuter les opposants et intimider le public.
L'opposition réclame la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques dont notamment l’ex-chef de l’Etat Pasteur Bizimungu et l’ex-ministre Charles Ntakirutinka tous deux du Parti pour la Démocratie et le Renouveau ( PDR-Ubuyanja), de l’ex-député Jean Mbanda du Parti Social Démocrate (PSD) et de Pierre Gakwandi, ancien Secrétaire exécutif du Mouvement Démocratique Républicain (MDR), etc. Le Rwanda figure parmi les 10 pays les plus grands prédateurs de la presse.


Le général Faustin Kayumba Kayumba, ex-chef d’état major de l’armée rwandaise refugié en Afrique du Sud depuis mars 2010, est connu pour ses critiques à l’égard du président rwandais. En février dernier, le pouvoir en place l’a accusé d’être responsable d’« actes terroristes », notamment d’une série d’attentats à la grenade à Kigali.
En juin 2010, le Général Faustin a été blessé par balles devant son domicile de Johannesburg. La police Sud Africaine a estimé qu'il s'agissait d'une tentative d'assassinat.

 

Bref, il y a beaucoup à dire sur le Rwanda qu'une certaine RFI veut subitement présenter comme un Etat démocratique, respectueux des droits de l'homme et à même de se présenter comme un modèle judiciaire sur le continent africain. Nous avons tous compris qu'il s'agit là encore d'une nième tentative des lobbys franc-maçons qui explorent toutes les pistes pour mettre la main sur le Président Hissein Habré.

 

A suivre...

Tag(s) : #Articles- Affaire HH

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