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foto1.JPGC’est un juriste qui a choisi la rébellion pour forcer le changement politique dans son pays. Abakar Tollimi, secrétaire général de l’Union des forces de la résistance (UFR), se bat depuis 2005, les armes à la main, contre le pouvoir d’Idriss Déby Itno. A l’occasion de la parution de son livre, La Résolution des conflits frontaliers en Afrique, aux éditions L’Harmattan, il revient sur la complexité de ces différends et la vie politique tchadienne. Entretien.




Avant d’être le secrétaire général de l’Union des forces de la résistance (UFR), la rébellion tchadienne qui regroupe 8 mouvements rebelles , Abakar Tollimi, 46 ans, est d’abord un juriste. Il a été notamment directeur général de l’Ecole nationale d’administration et de la magistrature (Enam) et servira l’administration publique tchadienne pendant quatorze ans. Puis est venu le temps de la rébellion en 2005 pour le militant de la société civile qu’il était alors. Il fonde ainsi le Rassemblement populaire pour la justice (RPJ), devient, en 2007, le secrétaire général de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), alors principal mouvement rebelle, avant d’être celui de l’UFR depuis 2009. De sa thèse de doctorat en droit public soutenue à Paris I – Sorbonne est né un livre intitulé La Résolution des conflits frontaliers en Afrique qui vient d’être publié chez L’Harmattan.


Afrik.com : Qu’est-ce qui fait la particularité des conflits frontaliers en Afrique ?

Abakar Tollimi :
Il faut tout d’abord souligner que les frontières africaines ont été tracées à la va vite à la Conférence de Berlin. Ensuite, les textes et les instruments juridiques sont peu utilisés dans leur résolution, notamment à cause de la dimension politique de ces conflits parce que les chefs de l’Etat y sont fortement impliqués. Ce qui fait également leur particularité, c’est leur complexité. Les causes des conflits frontaliers ne sont pas seulement liées à des causes juridiques, elles se déroulent dans des Etats nouvellement indépendants, jeunes et par conséquent très vulnérables. Pendant plus 20 ans, le Tchad et la Libye se sont disputés la Bande d’Aouzou par groupes militaires interposés. L’inimitié entre les deux chefs d’Etat de l’époque a fait perdurer le conflit en dépit de l’intervention d’autres chefs d’Etat africains. L’Union africaine, alors Organisation de l’unité africaine (OUA), n’a pas pu résoudre le conflit. C’est la Cour internationale de justice (CIJ) qui a statué en définitive. Des présidents qui se détestent, le manque de confiance dans les textes juridiques et des populations qui vivent de part et d’autre de la frontière prises en étau, tout cela fait la la singularité des différends frontaliers sur le continent.


Afrik.com : Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ces conflits ont une dimension économique de plus en plus forte ?

Abakar Tollimi :
Cela se ressent notamment dans les conflits maritimes. Les frontières ne posent pas problème jusqu’à ce qu’on entreprenne, par exemple, des recherches minières. C’est ce qui s’est passé entre la Guinée et la Guinée-Bissau (en 1978, ndlr) quand une société américaine a commencé à effectuer de la prospection pétrolière dans la mer frontalière.

Lire la suite de l'entretien sur le site Afrik.com

Tag(s) : #Politique

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