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Les ONG américaines pressent le président Barack Obama de lancer une nouvelle initiative de paix au Darfour, alors que les démarches de l'émissaire Scott Gration suscitent leur incompréhension.

L'administration avait engagé en mars une révision de la politique américaine envers le Soudan. Le résultat, promis en août comme imminent, n'a toujours pas été annoncé.

La situation est d'autant plus complexe que le sort du Darfour, à l'ouest du plus vaste pays d'Afrique, ne peut pas être séparé de l'autre conflit soudanais, entre le Nord et le Sud, qui menace de flamber à nouveau après quelques années d'accalmie.

La Maison Blanche est pourtant loin d'être inactive.

M. Obama avait envoyé un électrochoc en évoquant "le génocide en cours au Darfour", dans un discours prononcé en juillet à Accra. Il a aussi nommé très tôt un émissaire spécial pour le Soudan, le général en retraite Scott Gration.

Celui-ci a multiplié les voyages sur place, cherchant en premier lieu à rétablir l'unité des chefs de la rébellion du Darfour, afin de leur conférer plus de poids dans d'éventuels pourparlers de paix.

Sam Bell, le directeur du réseau d'associations Genocide Intervention Network, approuve le plan: "C'est très difficile et cela n'a pas marché jusqu'à présent, mais c'est un élément essentiel de la paix au Darfour", affirme-t-il à l'AFP.

Mais plus largement, il estime que les Etats-Unis "n'ont pas la bonne stratégie" et que "le statu quo joue en faveur du gouvernement d'Omar el-Béchir".
Les ONG réclament que M. Obama agisse, et renouvelle la pression sur le régime sous la forme d'une initiative de paix. Celle-ci associerait les pays qui comptent dans la région, dont le voisin égyptien et la Chine cliente du pétrole soudanais, et irait jusqu'à la rédaction d'un pré-accord de paix.

Depuis sa nomination, M. Gration a aussi pris le parti risqué d'une certaine ouverture envers le régime du président Omar el-Béchir --qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

L'envoyé de M. Obama est allé jusqu'à se prononcer contre les sanctions qui affectent le pays depuis 12 ans. Les ONG américaines ont jugé dans l'ensemble la proposition imprudente, en rappelant que 2,7 millions de Darfouris continuaient de survivre tant bien que mal dans des camps de réfugiés.

Ces groupes se sont aussi émus, mercredi, d'un article du Washington Post rendant compte en détail du dernier déplacement que M. Gration vient d'achever au Soudan.

L'émissaire américain y est longuement décrit en naïf, trop enclin à croire le régime de Khartoum, et trop confiant dans les possibilités du dialogue avec lui.

Interrogé dans l'article, il attribue aussi le refus des réfugiés de quitter les camps et de regagner leurs villages à "des trucs psychologiques".

"C'est incroyablement injurieux", s'est étranglé dans un communiqué John Norris, le directeur du groupe Enough Project: "Si ces gens ne rentrent pas chez eux, c'est parce qu'ils ont peur d'être tués, violés ou volés".

"Si Washington commence à croire ce que disent des criminels de guerre, en dépit de la longue liste des promesses non tenues par Khartoum, alors une tragédie encore plus grave va se produire", a commenté pour sa part Sam Bell.

Depuis 2003, la guerre au Darfour a fait 300.000 morts selon l'ONU, et 10.000 selon le gouvernement soudanais.

© 2009 AFP

Tag(s) : #International

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