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VIOLENCES - C'est la première fois depuis son arrivée au pouvoir il y a neuf mois que la junte militaire réprime dans le sang une manifestation d'opposants...

Au moins cinquante-huit personnes hostiles à la junte au pouvoir en Guinée Conakry ont été tuées par balles lundi, selon une source médicale. Deux chefs de l'opposition ont également été blessés lors d'une sanglante répression par les forces de l'ordre d'une manifestation préalablement interdite. Des violences que Paris a condamné «avec la plus grande fermeté», ce lundi soir.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants s'étaient rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour s'opposer à l'éventuelle candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à l'élection présidentielle de janvier.

«C'est la boucherie ! Un carnage»

 

Après la dispersion violente du rassemblement par les forces de l'ordre, 58 cadavres ont été apportés à la morgue du Centre hospitalier universitaire de Donka, à Conakry, a affirmé à l'AFP un médecin, sous couvert d'anonymat. «C'est la boucherie! Un carnage», a-t-il lancé.

Dans un autre établissement sanitaire de Conakry, l'hôpital Ignace Deen, une source médicale a assuré qu'un camion militaire était venu pour ramasser des «dizaines de corps», emmenés vers «une destination inconnue». Selon un membre de la Croix-Rouge, il y a «une volonté de dissimuler les corps des victimes» de la répression. «Les dirigeants de l'armée ont demandé que tous les cadavres collectés soient apportés au camp militaire (Alpha Yaya Diallo, le siège de la junte) et non pas dans les morgues», a-t-il dit.

Deux chefs de l'opposition blessés

 

Dans la matinée, les forces de l'ordre avaient d'abord dispersé les opposants à l'aide de matraques et de grenades lacrymogènes près du stade de la capitale, et arrêté des dizaines de personnes. Puis le stade, qui compte officiellement 25.000 places, s'était empli d'une foule débordant jusque sur les pelouses et aux abords, et des tirs avaient été entendus.

L'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat à l'élection présidentielle et leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG, opposition), a été «blessé» au cours de la manifestation, tout comme l'ancien chef de gouvernement Sidya Touré, leader de l'Union des forces républicaines (UFR, opposition), selon leurs récits. Ils ont été conduits au camp militaire Alpha Yaya Diallo, siège de la junte, puis transportés dans une clinique pour y être soignés.

Jusqu'à présent, le capitaine Dadis Camara soulignait volontiers que l'armée avait pris le pouvoir «sans effusion de sang», le 23 décembre 2008, au lendemain du décès du président Lansana Conté qui régnait sans partage sur le pays depuis 1984. Ces violences interviennent au moment où la communauté internationale fait pression sur le chef des putschistes, pour qu'il respecte ses engagements de ne pas se présenter à l'élection et de laisser le pouvoir aux civils.
M.D.


Source : 20minutes.fr

 

Tag(s) : #International

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