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Ayant pris connaissance de l’interview de Saleh Kebzabo publiée par plusieurs sites Internet tchadiens, il ne m’a pas été possible de résister à l’envie d’exprimer mon opinion sur ses déclarations. L’intéressé prétend que c’est au nom de la démocratie qu’il est opposé à la prise de pouvoir par les armes. La démocratie, ce mot fétiche inlassablement ressassé, et à tout bout de champ, par tous les politiciens instables et en quête désespérée de reconnaissance et de notoriété !

Comme si, sous le régime clanique, monolithique, tyrannique, criminogène et criminel de Deby, il existe une autre alternative de sortie de crise et de changement politique au Tchad ! Saleh Kebzabo sait, sans l’ombre d’un doute, qu’il n’y en a pas, et que seule la lutte armée représente la voie juste et incontournable si on veut réellement débarrasser le pays du fléau qui, à feu continu, le vide de sa substance vitale.

Il sait aussi que, face à un régime tyrannique, les peuples ont un droit absolu et inaliénable de se soulever, de prendre les armes pour s’en défaire. Oui, S. Kebzabo le sait, et le sait très bien. Seulement, le bonhomme, expert navigateur en eaux troubles, n’a ni le tempérament, encore moins le courage moral et physique de se frotter aux terribles difficultés et aux dangers de la guerre.

Il sait aussi que les nombreuses rébellions déclenchées dans le sud du pays ont toutes échoué, et si jamais d’autres naissent, elles auraient encore moins de chance de réussir vu le contexte pétrolier. D’ailleurs, ses sponsors blancs, pardon ses amis français, lui déconseilleraient fortement si jamais, il s’aventurerait, ne serait-ce que verbalement, à agiter des idées subversives. En effet, pour la françafrique, il est hors de question que la quiétude de la zone de production du pétrole vienne à être perturbée par des actes de violence émanant de bandes de gueux armés. Et, vu son régionalisme étriqué et son anti-nordisme prononcé, rallier une opposition armée dirigée par un homme du Nord apparaitrait, aux yeux de Kebzabo, comme un horrible acte de suicide politique ou de suicide tout court.

Dès lors, Saleh Kebzabo, comme tous ses collègues adeptes de « la chèvre broute là où elle est attachée » se réfugie dans l’asile commode (dans le contexte présent du Tchad) de la « la voie démocratique » de prise de pouvoir. Et, pour plus de sûreté, en prenant soin de placer sa famille en Occident, en France de préférence. Ainsi, Kebzabo peut librement amuser la galerie par des interviews et autres discours de circonstance, portant fièrement, en bandoulière, le drapeau de l’opposant « démocrate » respectueux de la « légalité ». Et, on fait comme si, pour Deby, le mot légalité a quelque valeur. Il est vrai que ce comportement répond parfaitement à l’attente de la françafrique et aussi à l’atmosphère politique ambiante sur le plan international.

Monsieur Kebzabo, vous essayez, par des tortuosités dont vous avez le secret, de vous fabriquer un visage avenant. Mais, ni votre bref passage à Jeune Afrique, le canard préféré de la françafrique et non moins rançonneur des Chefs d’Etat du pré carré français, légataire testamentaire de Jacques Foccart ; ni votre courte participation à la gouvernance de Deby constituent un capital valorisant pouvant faire de vous un homme politique d’envergure digne de respect et de considération ; encore moins un démocrate présidentiable en qui les Tchadiens sont prêts, majoritairement, à lui confier leur destin à travers leurs suffrages dans le cadre, pour le moins hypothétique sous le régime actuel, d’une élection libre et transparente. Au fond de vous-même, vous le savez, et vous le savez très bien. D’ailleurs, Deby vous a jeté hors de son gouvernement parce que vos magouilles et votre empressement à chercher à vous enrichir trop vite l’ont grandement exaspéré. Trop pressé, vous avez oublié que Deby déteste par-dessus tout, les individus qui s’emploient à l’imiter dans ses œuvres crapuleuses, surtout des gens, comme vous, qui n’appartiennent ni au clan, ni au cercle restreint qu’il s’est choisi. Vous vouliez jouer à la Younousmi et vous avez perdu.

Monsieur « démocrate », en équilibriste consommé, vous alternez une période de ralliement à Deby et une autre d’opposition au même Deby, et ainsi de suite, sans aucun scrupule. Selon que votre panse est vide ou pleine. Et, vous trouvez toujours dans votre répertoire langagier les bons mots pour justifier l’injustifiable. Dans votre for intérieur, vous priez, chaque jour que Dieu fait, pour que d’autres combattent le régime, les armes à la main, afin que vous puissiez continuer, aussi longtemps que possible, à jouer au « démocrate » et en tirer des profits en espèces sonnantes et trébuchantes. Il est vrai, qu’à ce jeu, logés au même enseigne de chef de parti politique « démocrate » que vous, certains de vos concurrents plus futés et davantage entreprenants vous ont rendu la vie difficile, en particulier notre Kassiré Coumakoye national, inclassable et inimitable trapéziste, jongleur indépassable sur corde raide. En politique s’entend.

Monsieur Kebzabo, « je suis contre la rébellion, parce que je suis démocrate » disiez-vous. Mais retenez bien, que les souvenirs de votre séjour au Cameroun, un séjour riche en anecdotes explosifs ou sulfureux, votre jeu de yoyo politique répugnant et votre sectarisme hypocrite ne sauraient s’effacer devant vos propos cousus de fourberie et de malignité cancéreuse. Au finish, votre exercice de séduction ne peut séduire que ceux qui aiment trop, trop la phraséologie séductrice. Malgré tout, bon vent, Monsieur « démocrate ».

Dr Souleymane Issa Saleh
souleymaneis@yahoo.fr

Tag(s) : #Politique

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