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Idriss Deby s’est adressé à deux reprises au courant de ce mois à la presse internationale; deux interviews, pas de réels messages à faire passer, Deby a essayé de se défouler comme il peut en adaptant son discours selon ses cibles, de Hissein Habré à Sarkozy en passant par les chefs de la rébellion et El Béchir, on a vu Deby être tantôt John Wayne tantôt Shéhérazade.

L’interview de JA est un exercice classique et somme toute banal, le journaliste ayant eu l’accord pour l’interview, donne ses questions à la cellule de communication à l’avance, les réponses sont relues, corrigées, caviardées et au finish le journaliste fait son montage pour créer l’illusion d’une interview menée tambour battant.

Malgré toutes ces contraintes, on assiste parfois à de grands moments dans une interview. Faut pas rêver, ce ne fut pas le cas pour Deby.

Ce qui frappe avant tout, c’est que malgré 19 ans de pouvoir, l’individu traine toujours son complexe d’infériorité qu’il cherche à compenser par la médisance. Mentir pour promouvoir son image, Deby ment et manipule les faits à sa guise, au fil des années, on est passé du mensonge à la mythomanie. Exemples : on peut relever une contradiction, tout d’abord, il affirme avoir perdu 11 Deby sous le régime de Habré, puis quelques lignes plus bas : «nous sommes 6 frères et sœurs….». En vérité, excepté l'un d’eux mort dans le nord tchadien (batailles entre forces gouvernementales et rebelles), les 5 autres frères Deby sont bel et bien vivants ainsi que leurs sœurs; nous y reviendrons dans le dossier sur le portrait d’Idriss Deby en cours.

Fuyant l’image que lui renvoie tous les matins son miroir, Deby invente ses propres légendes. Lui est un vrai homme combattant le diable à la frontière comme dirait l’autre, les chefs de la rébellion sont des harkis, oubliant que si tel était le cas, il en a été un aussi, d’ailleurs le journaliste le laisse entendre malicieusement.

Manifestement, Deby court toujours derrière une certaine « désirabilité sociale » comme on dirait en psychologie. Il a néanmoins pris conscience d’une chose, le pouvoir lui donne les moyens de réécrire son histoire, un nouveau monde : « J’ai eu un bon bac D comme il dit, (y a-t-il des mauvais bacs ?), je ne suis ni un tueur ni un dictateur, (il fait bien de commencer par s’en persuader lui-même).

Dans la plupart des cultures, le mensonge existe, mais au Tchad, traditionnellement, le sens de l’honneur d’un homme lui demande de mentir pour cacher des secrets importants mais comme on l’aura constaté, Deby ment sur des choses qui sont pratiquement connues de tout le monde. Pathétique !

Il a fallu passer à la caisse pour acheter la une de JA et la posture complaisante du journaliste qui a déployé tout son art pour éviter de poser les questions qui fâchent ou en abordant une question tout en omettant un aspect fondamental. Exemples : en parlant des relations conflictuelles avec le Soudan, le soutien militaire organisé par Israel à la base d’Amdjaress en plein territoire tchadien au profit des groupes de la rébellion soudanaise du Darfour, a été passé sous silence par l’envoyé spécial de JA alors que c’est le nœud du problème. La décision de L’UA sur la suspension de sa collaboration avec la CPI n’a pas été abordée et ce, au sortir du sommet; une décision importante qui dément formellement les théories « commerciales » selon lesquelles, le sommet a été un succès pour Deby.

L’interview de France 24 a mis à nu le véritable Deby, ce sont les inconvénients du direct, pas de filet, nos oreilles ont souffert le martyr « je n’ai jamais entendu un tchadien se plaigner….. », ou encore « la décision de l’UA n’a aucun portée juridique ». Sans compter les confusions et les bêtises sur la CPI, le Conseil de sécurité des nations unies et la décision de l’UA de suspendre sa coopération avec la CPI. De 1990 à 2009, la maitrise du français reste problématique pour lui.

Enregistrons, enfin les mille et un « ha, heu, heu, ha, heu…. » entre chaque bout de phrase, ce qui faisait piaffer d’impatience la journaliste de France 24 sur sa chaise. Finissons par cette extraordinaire phrase de Deby qui, à n’en pas douter, sera reprise dans le fameux dictionnaire des citations : Interrogé par la journaliste sur la lutte contre le terrorisme, il déclara : « le terrorisme c’est comme l’eau, on ne sait pas quand ça vient, et par où il rentre et par où ça passe. » Wakhara !! Idriss Deby, dahab djammaro ? disons, plutôt Idriss Deby, touta malosso !

Par la Rédaction de ZoomTchad
 

Tag(s) : #Politique

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