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L’Onudc tire la sonnette d’alarme : Près de 27 % de la drogue consommée en Europe transite par l’Afrique de l’Ouest.

Près de 27 % de la drogue consommée en Europe transite par l’Afrique de l’Ouest qui est devenue une véritable plaque tournante pour le trafic des stupéfiants. Les récentes saisies de drogue au Sénégal et dans les pays de la sous-région confirment ce constat amer. D’où l’inquiétude de l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (Onudc) de voir certains pays de la sous-région se transformer en ‘Etats coquilles’, dont le vrai pouvoir serait détenu par des gens ayant un lien avec des réseaux des narcotrafiquants.

La quantité de cocaïne qui passe par les pays de la sous-région en provenance d’Amérique latine est estimée à environ 40 tonnes par an. Ce qui représente environ 1,8 milliard de dollars américains, dont 450 millions qui reviendraient directement aux narcotrafiquants. Ces derniers disposent ainsi d’importantes ressources financières qui peuvent, dans bien des cas, dépasser les budgets prévus par les gouvernements pour combattre ce fléau.

Les cartels de la drogue qui sont constitués, pour l’essentiel, de Colombiens, disposent d’importants réseaux de relais dans les différents pays de la sous-région mais aussi des moyens logistiques et financiers très puissants, notamment des avions et des navires. Ce qui leur permet de transporter la marchandise par voie aérienne ou maritime jusqu’en Afrique où ils disposent de relais. Une fois sur place, la cocaïne est reconditionnée par petite quantité et réexpédiée en Europe par des vols commerciaux. La marchandise est dissimulée dans des bagages, des vêtements ou par ingestion pour déjouer le dispositif de sécurité mis en place dans les ports et aéroports, dans le cadre du renforcement de la répression contre le trafic illicite de la drogue.


Les principaux pays de transit de la cocaïne dans la sous-région sont la Guinée, la Guinée-Bissau, le Sénégal et le Nigeria. Les cartels de la drogue ont choisi ces pays en raison de leur vulnérabilité parce que pauvres et incapables de contrôler leur espace aérien et maritime, mais aussi par leur proximité avec l’Europe. Le déclin de la consommation de la cocaïne sur le marché américain et la hausse de la demande dans les pays européens qui offrent de meilleures perspectives en termes de bénéfices avec un euro beaucoup plus fort que le dollar, ont poussé ces cartels à ouvrir la piste de l’Afrique de l’Ouest qui sert de zone de transit entre l’Amérique latine et l’Europe de l’Ouest.


Le choix des narcotrafiquants de passer par les pays de la sous-région pour convoyer leur marchandise au lieu de l’expédier directement en Europe n’est pas gratuit. Certes, ce long détour entre l’Europe et l’Amérique via l’Afrique de l’Ouest engendre des frais supplémentaires de transport. Mais, ces dépenses sont amorties par la diminution des risques de saisies par les services de sécurité, la disponibilité d’une main-d’œuvre bon marché, l’existence d’une importante diaspora ouest africaine dans les principaux pays de consommation, qui peuvent ainsi servir des relais et la possibilité de payer les revendeurs en nature. Dans certains cas, les fonds générés par le blanchiment de l’argent issu de ce trafic est supérieur au budget national de certains Etats comme la Guinée-Bissau et peut-être même la Guinée.


La Guinée-Bissau et le Ghana sont les deux principales portes d’entrée de la cocaïne, en provenance d’Amérique latine, dans la sous-région, selon l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (Onudc). La plupart des convoyeurs appréhendés sur des vols commerciaux à destination de l’Europe ont embarqué à partir des aéroports du Nigeria et du Sénégal.


Depuis 2006, ce sont par ailleurs 221 trafiquants originaires de la Guinée qui ont été interpellés dans des vols commerciaux en partance pour l’Europe. Ainsi, en dehors du Nigeria qui détient le triste record des narcotrafiquants interpellés, au cours de ces dernières années, dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, les Guinéens arrivent en seconde position. Les plus grosses quantités de cocaïne saisies ont toutefois été faites sur des Ghanéens et Ivoiriens. Le Sénégal dont le nombre des ressortissants interpellés dans des avions ou sur des aéroports pour trafic de drogue reste relativement faible par rapport aux autres nationalités, arrive donc largement derrière les autres pays de la sous-région. Les Nigérians représentent, quant à eux, 57 % des passagers interpellés sur des vols commerciaux au départ de presque tous les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).


Source : seneweb

Tag(s) : #Divers

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