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Un événement important au Tchad. La mort de l'ancien président tchadien Félix Malloum décédé à l'étranger de suite d'une maladie ce jour 12 juin 2009. Tradition oblige, j'adresse mes condoléances à sa famille et à tous ceux que sa mort concerne.

Cet article veut répondre à une dérive du régime dans ses démarches complexées pour rendre hommage à cette personnalité.

D'abord, parler d'hommages entre hommes politiques n'est pas toujours évident tant l'instabilité politique a permit peu à nos élites de partager d'ambitions communes et de construire et se confronter à des expériences collectives ou harmonieuses. C'est aussi cela l'instabilité et l'héritage historique que nous lèguent ou cherchent à nous imposer ces personnages politiques. Il y a l'histoire et on comprend qu'elle n'aurait permit au régime de Deby qu'un simple refuge humanitaire ou coutumière suite à cette disparition. Mettre en avant la sympathie de Deby au sens et lieu de la mise en berne du drapeau ? Tout récemment, ce gouvernement et même son opposition armée avaient utilisé des termes forts élogieux pour rendre hommage à un chef d'Etat de la région. Le pouvoir avait même décidé (par décret) un deuil national de trois jours au Tchad et la mise en berne du drapeau. Pourquoi ce citoyen tchadien ne mérite t-il pas cela ?

Un président qui a eu le mérite de céder le pouvoir en 1979 à la suite de la conférence inclusive de Kano. Cette démarche a quelque à voir avec la paix. L'homme de paix de l'Afrique centrale n'est-il pas Felix Malloum ? Comment avons nous oublié cela ? Mettons le drapeau en berne au moins pour avoir choisi de céder le pouvoir ainsi ! Si ailleurs un chef d'Etat africain organise un forum interatchdien pour mériter le titre de pacifiste, celui qui cède de plein gré son pouvoir à ce forum en serait -il un prétendant illégitime ?

L'histoire de notre pays mais également et surtout l'emprise françafricaine (le néocolonialisme français en Afrique - précis ) auraient une place dans la légitimation politique de chacune de ces deux événements. Sauf que les communicateurs du régime de Deby ont raté leur sortie médiatique pour faire récupérer au président l'importance de cet événement avec un angle politiquement correct. Que le pathétisme vient de l'extérieur du Tchad comme le cadrage misérabiliste de l'AFP sur la vie de cette personnalité tchadienne (salaire, chauffeurs, voitures...) on comprendrait mieux pour leurs motifs pas toujours amicaux (je demande aux sites tchadiens d'effacer le dernier paragraphe de la dépêche). Or, cela vient des responsables même du pays comme cet article aussi pathétique pour l'image de notre peuple. Le bon sens permettrait-il de mettre ainsi dans l'espace public des propos tenus dans un cadre intime entre deux personnes ? Même s'ils étaient exactement tenus comme le rapportait le service de communication, les propos entre Deby et Malloum sont intimes. C'est une situation affective et matérielle personnelle et individuelle.

Ensuite, pourquoi parler des soins présidentiels (ou fraternels) comme s'il s'agissait d'un sans abris parisien pris en charge par les sapeurs pompiers ? Maloum est un ancien Président de la République du Tchad. Les visites qu'il aurait eu ou les attentions qu'il aurait reçues de qui que ce soit ne devraient pas servir d'outils politiques pour parler de lui. Elles doivent être gardées dans la pudeur due à son rang et à sa personnalité, Pourquoi on expose ainsi sa situation médicale comme s'il s'agit du fichier d'un malheureux qu'une ONG en mal d'argents veut médiatiser le cas au moyen d'une campagne pathétique ?

Cela peut concerner le pouvoir de panthéons selon ses logiques internes et externes. Comme un citoyen l'avait noté dans un article ( ambenatna ) ce n'est pas de la visite ni de votre récupération qu'il s'agit de dénoncer. C'est d'ailleurs une constante potentielle en politique que la récupération des phénomènes et événements. Et bien que cette personnalité ait choisi de se retirer de la vie politique, on comprendrait bien une telle visite même médiatisée, Mais la façon dont vous le faite aujourd'hui nous concerne aussi. Cette mise en scène misérabiliste et pathétique nous parait indécente. Des tels échanges ou attentions parce qu'ils sont intimes auraient été gardés ou peut être paraphrasés par les témoins dans un autre cadre comme l'a dit Kriga. Mais au Tchad sous les étoiles, celui de Deby sans torches ni boussoles, tout est possible. Ça ne ressemble pas et ni même à la morale comme il l'a dit.

Cet écrit veut ouvrir un vrai débat intellectuel, Pas seulement sur ce cas mais également d'autres cas comme dernièrement le traitement sensationnel sur les victimes des conflits de mai dernier. En attendant, on pourra peut être demander aux intellectuels qui « broutent » de nous épargner un peu de l'odeur désagréable de leur « broutille ». Assistez un peu les apprentis communicateurs si cela vous fera mal qu'on présente ainsi votre culture au reste du monde. Vous êtes nombreux comme ancien PM ou ancien ministres qui savent bien récupérer les choses et peut être même lorsqu'elles sont irrécupérables. Alors, je demande au président Deby, au frère Deby Itno, et pour la 1ère fois, d'ordonner le retrait pur et simple de cet article de la vue du monde. C''est simplement pathétique, même les Zoé n'ont pas été aussi méchants envers nous, Choukrane lek.

M Saleh Djibrine Haroun
Citoyen Tchadien

Tag(s) : #Politique