Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La dissolution du parlement constitue le principal sujet de conversation dans les rues, les marchés et même au sein de l’administration où il nourrit de vives polémiques entre ceux qui y voient « un souci d’assainissement » et certains pour lesquelles l’acte présidentiel « n’était ni plus ni moins qu’un coup de force ». Si au niveau des partis politiques, les réactions sont rares, les formations étant en consultation, des voix commencent à s’élever au niveau de la société civile nigérienne. « Nous saluons cette décision de dissolution du parlement, déjà pourri par l’octroi d’indemnités faramineuses aux députés », indique le Mouvement des jeunes républicains (Mjr).

Par le passé, les députés nigériens se sont dotés d’un statut qui leur accorde des avantages jugés « indus » et jurant d’avec un arrêt rendu depuis juin 2008 par la Cour constitutionnelle. Le statut du député national octroie à celui-ci une pension de retraite de 600.000 FCFA ainsi qu’une allocation familiale élargie à ses enfants étudiants jusqu’à l’âge de 25 ans. De même, au début de son mandat, chaque parlementaire a une indemnité équivalant à 90 jours de session parlementaire à raison d’un peu moins de 25.000 FCFA par jour. Ce texte pris en délibération par les élus a suscité une vive réaction de la société civile nigérienne, qui a invité le président Mamadou Tandja à le soumettre au contrôle de constitutionnalité.

Par ailleurs, certains citoyens qualifient la décision du Président Tandja de « règlement de compte », car soutient Idé Dobi, un agent de mairie, « même si le Président Tandja a la prérogative de dissoudre l’assemblée, le moment n’est guère favorable, surtout qu’il veut convoquer un référendum pour se maintenir au pourvoir », a renchéri Idrissa Dobi, un agent de municipalité. Selon lui, la dissolution de l’assemblé nationale s’assimile à « une rébellion », contre laquelle il invite « les forces vives de la nation » à se mobiliser pour rétablir le respect de la constitution.

En attendant, beaucoup de personnes piaffent d’impatience pour aller aux élections législatives, car selon la constitution, le chef de l’Etat dispose au maximum de trois mois pour organiser de nouvelles élections. Lundi, la Cour constitutionnelle a émis un avis défavorable au projet de referendum qu’entend convoquer le Président Tandja pour adopter une nouvelle constitution qui lui permettra de rempiler à la tête de l’Etat nigérien. La constitution en vigueur limite le nombre de mandats présidentiels à deux de cinq ans une fois renouvelable, ce qui rend non conforme à la constitution tout maintient du président au-delà de son mandat, ajoute l’avis de la Cour.

Plusieurs syndicats et partis politiques de l’opposition et de la majorité présidentielle ont crée dimanche un Front pour la défense de la démocratie (FDD) pour empêcher au dirigeant nigérien de convoquer un référendum pour se maintenir au pouvoir. Elu en 1999 puis réélu en 2004 sous la bannière du Mouvement national pour la société de développement (MNSD), le Président Tandja (71 ans) ne pourra plus se présenter aux élections présidentielles, selon les dispositions de la constitution du Niger. Son deuxième et dernier mandat expire en décembre prochain.

Source
: APA

Tag(s) : #International

Partager cet article

Repost 0