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Un conseiller de la cellule africaine de l’Elysée est arrivé à Ndjamena pour des entretiens avec Deby et avec les partis politiques de l’opposition.

La démarche française vise à accompagner le processus entamé par le Qatar pour relancer des pourparlers de paix entre le Soudan et le Tchad. En une semaine, un émissaire Qatari a effectué une visite dans les deux pays, Deby et Hassan el Béchir ont chacun réaffirmé leur disponibilité. Parallèlement, des négociations entre le MJE et le régime de Khartoum sont relancées.

C’est la raison pour laquelle, la France vole au secours de Deby, en l’aidant à évoluer dans sa position, car sur le plan diplomatique, les résultats sont bien mitigés, et la plupart des condamnations n’ont pas cité expressément le Soudan, la seule exception c’est la France.

La CEMAC après la mesure prise par le Tchad de suspendre ses activités, a dépêché un émissaire pour condamner «l’agression», la CENCAD a attendu plus de 10 jours pour finalement condamner «l’utilisation d’armes de guerre par les rebelles». L’UA n’a même pas daigné réagir aux attaques de Deby, autrement dit, c’était «cause toujours tu m’intéresses».

Nous avons déjà signalé que le Soudan avait un puissant relais diplomatique, le conseiller du président soudanais a expliqué il y a quelques jours que «la violation du territoire soudanais par l’armée de Deby obéissait à un plan pour le déstabiliser et que derrière Deby se cache un pays occidental et Israël, que le Soudan ferait face et qu’il en avait informé la ligue arabe et ses pays frères et amis». L’information donnée par notre site a été ainsi confirmée, par les déclarations des autorités soudanaises.

A Ndjamena, à part le cercle des ténors du régime, bien au courant des connivences avec Israël, une vive émotion a envahi toutes les personnes qui ont appris la nouvelle, passe encore que c’est un site Internet qui l’affirme, on peut toujours dire que c’est «du n’importe quoi» mais quand quelques jours plus tard, par une conférence de presse, les autorités soudanaises lancent leur offensive diplomatique contre le Tchad sur le même registre. C’est suffisant pour qu’à Ndjamena, Moussa Faki, ministre des relations extérieures convoque daredare les médias pour rejeter les accusations de Khartoum «comme le Soudan a échoué avec les mercenaires, il tente de nous atteindre et de nous mettre à mal avec le monde arabe, nous n’avons pas de relation avec Israel» a-t-il déclaré.

A Ndjamena, les commentaires allaient bon train «Soubana, gallo lamma maha Israël», beaucoup de responsables du MPS au niveau des arrondissements interrogeaient les chefs «c’est quoi cette histoire avec Israel», pendant les évènements militaires, le ministre de la communication avait comme stratégie de faire des commentaires tous azimuts, pour lui, les bonnes nouvelles doivent circuler rapidement, cette fois ci, il a été littéralement débordé et à donner des consignes fermes ne plus parler de cette affaire d’Israël.

L'équipe de Deby venait de faire l’expérience de l’évolution des mentalités, de la radicalisation de certaines tranches de la population sur des thèmes bien précis, évolution que nous avons déjà signalée et qui est le fruit de la pénétration et du quadrillage organisé par l’iman de la mosquée de Ndjamena, le général soudanais Hassan Hissein, homme clé du régime Deby.

« On a envie de tomber à la renverse dans notre lit en rigolant », pour traduire une expression bien de chez nous. C’est pourquoi la démarche française vise à « éteindre un feu » en organisant une diversion. Aujourd’hui, l’environnement diplomatique autour des problèmes du Tchad et du Soudan seront minés, si l’on parle d’implication d’Israël, la Libye assure la présidence de l’UA, (Deby l’avait oublié…), le Qatar assure les médiations, l’Arabie saoudite est aussi impliquée puisqu’elle a parrainé un accord, le Sénégal a bien apporté son soutien à Deby mais comme Wade assure la présidence de l’OCI, il a fait savoir à Deby que « je ne peux pas vous suivre avec Israël. Je serai même obligé de condamner si les arabes ne sont pas contents ». Sans compter que d’autres pays arabes seraient tentés de s’impliquer d’une manière ou d’une autre.

Alors, Sarkozy a envoyé son conseiller qui a eu un premier entretien avec Deby et son staff élargi aux Kamougué, Naimbaye, LOL… Quelles concessions Deby doit-il faire pour des négociations avec l’UFR ? Durant les entretiens, Deby a refusé de négocier quoique ce soit avec l’UFR, pour lui, tous ceux qui veulent rallier, peuvent venir en singleton ou en petits groupes mais c’est tout. Il a été en ce sens, soutenu par les chefs de partis cités plus haut.

Ensuite, le conseiller de Sarkozy a rencontré les partis de l’opposition qui ont demandé une table ronde. Il semble bien que les français sont sur la même longueur d’onde que Deby mais cherche néanmoins à concocter une petite salade pour donner le change sur le plan diplomatique sans toucher au pouvoir de Deby. Le conseiller français n’a eu de cesse de marteler à Deby :«les rebelles sont affaiblis militairement, c’est le moment de les diviser en entamant des négociations plus ou moins bidons, il va s’en dire que rien ne changera pour vous».

Le représentant de L’UE, Gilles DESESQUELLES, fervent partisan de Deby, a estimé que l’accord du 15 août doit être la seule plateforme et que les rebelles doivent le parapher et puis c’est tout.

Il faut avoir présent à l’esprit que dans cette affaire, la France ne veut pas de vagues dans le monde arabe contre elle, dans ces moments de crise où elle cherche par tous les moyens des contrats pour relancer sa machine économique. Il est évident qu’elle cherchera à ébranler le maillon de la chaine qu’elle considère comme affaibli, en l’occurrence l’UFR, pour faire en sorte qu’une fraction rallie Deby.

La Rédaction de ZoomTchad

Tag(s) : #Politique

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