Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


L’information d’une attaque aéro-terrestre de la ville soudanaise d’EL DJINENE, ayant été éventée (zoomtchad en avait fait état) parce que Deby était hors contrôle, les positions militaires soudanaises ont été sérieusement renforcées. Dés lors, il a dû se contenter de l’attaque aérienne seule, et à deux reprises, le Soudan a été bombardé. Dans sa lancée, le gouvernement Tchadien a reconnu et justifié les faits, au nom d’un droit de poursuite.

Toutefois, l’observation des actes posés par le gouvernement tchadien depuis l’offensive des rebelles laisse perplexe car malgré la rapide accalmie sur le front militaire, on a pu relever une grande fébrilité par la multiplication tous azimuts de mesures parfois contradictoires.

Mesures de fermeture et d’expulsion à l’encontre d’enseignants Soudanais et d’écoles, dénonciation de l’Union Africaine, suspension de la participation du Tchad aux Organisations régionales, organisation d’une manifestation de soutien à N’Djamena. Dans la mesure où il n’y avait plus de danger réel, qu’est ce qui justifiait que la tension soit entretenue par le gouvernement, qui, après avoir annoncé qu’il tendait la main aux frères en rébellion, a changé d’avis le lendemain puisque le communiqué du conseil des ministres fait savoir que les mandats d’arrêt émis contre les personnes condamnées à mort seront lancés incessamment. Relance de la campagne de diffusion de « communications téléphoniques » sans compter l’affaire de « la mallette de Timan Erdimi » ; autrement dit, il était redevenu important de maintenir cette tension pour …justifier l’escalade vers une attaque contre le Soudan.

D’ailleurs, on peut parfaitement supposer et plusieurs indices y concourent, que l’attaque du Soudan était programmée par les amis de Deby, et peut être faut-il trouver ici l’explication de la massive concentration de chars et de blindés, un suréquipement inhabituel qui explique l’échec des rebelles, mais surtout révèle une autre intention ; la volonté de déclencher un processus de guerre contre le Soudan.

Une phrase dans le discours de Deby laissait quelque peu songeur : « le Tchad va désormais collaborer pleinement et ouvertement avec la CPI ».

Collaborer pleinement et ouvertement avec la CPI, c’est tenter de favoriser la chute du régime Omar El-Béchir, ce qui favoriserait son arrestation éventuel. Autrement dit, Deby souhaite avancer et renverser le régime soudanais. Est-il instrumentalisé par les USA et la France qui visiblement l’ont doté de moyens colossaux et totalement disproportionnés à ses besoins. Soulignons que la plupart des hommes de Deby sur le front à AM DAM, GOZ BEIDA, portaient des gilets pare-balles (comme les américains en Irak), de même que Deby lui-même, lors de sa sortie le jour de la manifestation.

Ces deux pays, la France et les USA, après l’échec du mandat émis par la CPI et son rejet par la ligue arabe et l’UA, ont, peut être, trouvé là une occasion à saisir pour déstabiliser gravement le Soudan.

Ainsi donc, les forces de Deby étaient, non seulement prêtes pour faire face à une offensive rebelle, mais aussi et surtout, elles ont été préparées à attaquer le Soudan. Dés lors, on comprend mieux l’empressement de la France à saisir, pour le compte du Tchad, le Conseil de Sécurité dans le but de condamner le Soudan. Une résolution prise dans ce sens devant, en quelque sorte, légitimer l’exercice d’un droit de poursuite ; en fait, une attaque contre le régime soudanais avec l’appui d’une rébellion soudanaise surarmée, elle aussi par la France, les USA et Israël. Ce dernier pays se charge aussi des écoutes téléphoniques à partir d’un centre positionné à Abéché.

Rappelons que l’un des mouvements rebelles les plus actifs, a ses bureaux à Tel AVIV. L’implication d’Israël mais aussi du lobby juif dans la crise du Darfour par l’intervention des ONG (HRW), par les campagnes contre le Soudan de la part d’hommes de médias, tous juifs (Bernard Henri Levy, Alain FINKIEL KRAUT, Patrick Bruel  etc.…) trouve une explication dans le soutien qu’apporterait le Soudan aux palestiniens en servant de zone de relai pour des armes qui seraient livrées par l’Iran, via l’Erythrée, en passant par le Soudan, puis l’Egypte avant de parvenir aux palestiniens.

Par les bombardements de ce matin 16/05/2009, le Tchad semble vouloir faire évoluer le conflit avec le Soudan vers une guerre ouverte. Il faut dire que ce sera la première fois car les deux pays ne se sont jamais affrontés directement, sauf une petite escarmouche, du reste très vite réglée par les Autorités des deux pays, intervenue entre des éléments de surveillance frontalière sous le régime de Tombalbaye.

S’il fallait situer les responsabilités, il faut bien préciser que c’est Deby qui a commencé, poussé par les pays qui le soutiennent et qui en voulaient au Soudan, indexé aussi comme un pôle de soutien aux islamistes (Ben Laden y avait trouvé refuge avant de le quitter pour le Pakistan). Il a créé de toutes pièces les mouvements de la rébellion darfouri, c’est ce que l’on a appelé la crise du Darfour managée par les ONG américaines et portée par les médias occidentaux. Récemment, la CPI a été aussi utilisée pour atteindre le Soudan. L’on peut se demander si l’équipe de Deby est consciente des enjeux de cette situation explosive ; si oui, elle serait bien inspirée d’arrêter à temps le bourbier dans lequel les enfants du Tchad risquent de patauger. Si le Soudan a tenu bon face aux multiples et diverses attaques dont il a fait l’objet c’est qu’il a lui aussi des ressources et un puissant relai diplomatique.

Pour l’instant, au vu des enjeux internationaux qui motivent les récents développements, c’est Idriss Deby qui utilise les tchadiens comme des mercenaires à la solde des USA , de la France et d’Israël qui l’actionnent pour régler des comptes avec le Soudan, comptes qui n’ont rien à avoir avec la sécurité du peuple tchadien, sécurité que le Soudan, sauf légitime défense, n’a aucun intérêt à menacer.

Tag(s) : #Politique

Partager cet article

Repost 0