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Plusieurs universités françaises pourraient être concernées par des trafics présumés de diplômes monnayés à des étudiants chinois et deux enquêtes, judiciaire et administrative, sont ouvertes après des dénonciations à l'université du Sud-Toulon-Var. L'affaire qui a «un fort retentissement dans le monde universitaire», selon une source proche de l'enquête, a débuté par une dénonciation sans preuve d'un enseignant de Toulon affirmant que «plusieurs dizaines» d'étudiants chinois auraient obtenu des licences et des masters contre de l'argent.





L'université de Toulon montrée du doigt

«Plusieurs sommes sont avancées. On parle de 100.000 euros pour certains diplômes ou lots de diplômes mais ce ne sont que des allégations», a indiqué le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, précisant que ce trafic pourrait durer depuis plusieurs années. Certains des étudiants soupçonnés sont d'ailleurs retournés vivre en Chine. Selon le magistrat, quatre à cinq autres facultés françaises situées dans des villes de taille moyenne, pourraient être concernées par des trafics similaires.

Une information judiciaire à l'université du Sud-Toulon-Var a été ouverte au pôle économique et financier du tribunal de grande instance de Marseille le 25 mars. Plusieurs personnes ont été auditionnées et des perquisitions effectuées le 9 avril dans les locaux de l'université toulonnaise, notamment dans le but de récupérer des copies d'examen et des dossiers d'étudiants. Aucune garde à vue ni mise en examen n'a en revanche été prononcée à ce stade. «C'est une affaire qui est d'une grande complexité et qui va nécessiter une longue enquête», a souligné le procureur.

«On a beaucoup d'imprécisions pour le moment. L'instruction devra déterminer s'il y a eu trafic ou pas, si c'est un acte isolé, si c'est véritablement une organisation, si on peut parler d'une filière», a-t-il ajouté. Les enquêteurs devront aussi déterminer si des faits de corruption ont eu lieu au sein de l'université, au niveau administratif ou du corps éducatif. «Il semblerait que plusieurs étudiants chinois ne parlent pas bien le français ce qui semble rendre difficile l'obtention de diplômes de ce niveau», a précisé Jacques Dallest.

Un niveau en français parfois douteux

Un soupçon étayé par des fraudes qui ont pu récemment entacher en Chine certaines sessions de tests de français, dont la réussite est obligatoire pour les Chinois souhaitant venir étudier en France. Certains candidats ont peut-être eu des résultats «ne correspondant pas au niveau réel de leur compétence en français», selon une lettre adressée le 19 mars aux présidents d'universités par le directeur du Centre international d'études pédagogiques, l'organisme chargé de l'élaboration de ces tests.

Le procureur de Marseille s'est refusé à citer le nom des autres facultés sur lesquelles pèsent des soupçons, pour la plupart spécialisées en économie, «car nous n'en sommes qu'au stade des allégations». Le Monde cite les universités de Pau, La Rochelle, Poitiers et «une autre en région parisienne».

En annonçant mercredi une «enquête administrative» sur la délivrance des diplômes à Toulon, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a d'ailleurs dit que «si des pratiques délictueuses étaient avérées dans d'autres universités, (elle) prendrait de la même manière les mesures qui s'imposent». Le nombre d'étudiants chinois en France ne cesse d'augmenter: moins de 2.000 en 1999, ils étaient 22.452 en 2007, selon le ministère de l'Education.

Source : Leparisien.fr

Tag(s) : #Question sur l'Actualié

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