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LA COUR PENALE INTERNATIONALE(CPI), LA BELGIQUE ET LA COMPETENCE JUDICIAIRE UNIVERSELLE : NOUVELLE ARME DANS LA PANOPLIE DES INSTRUMENTS DE DOMINATION, D’OPPRESSION ET DE PILLAGE DES PUISSANCES OCCIDENTALES.


OTAN, EUROFORCE, BIRD, FMI, OMC, OCDE, CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES, et j’en oublie. Ces Institutions tentaculaires, regorgeant d’experts-bureaucrates qui se veulent omniscients en tout genre très soucieux de conserver le plus longtemps possible leur position, s’enrichir sans peine ni sueur et mener une vie dorée de « jet set », se distinguent aujourd’hui comme parmi les pires instruments de domination, d’oppression et de pillage au service du néocolonialisme occidental dirigé contre les pays faibles du Tiers-Monde, plus spécifiquement et criminellement les nations africaines demeurées plus que jamais sous un rapport d’asservissement et de mise à la chaîne. Un nouvel chaînon venait d’être ajouté à cette panoplie de violence et de banditisme impérialiste, la CPI, en tant qu’arme judiciaire du système également appelé, cyniquement, le Nouvel Ordre Mondial. Décidément, l’idéologie dominante nous impose de nommer les choses par leur contraire, et ainsi le DESORDRE est nommé ORDRE.

Présentée à sa naissance, par ses initiateurs européens, comme un acquis majeur de l’humanité en matière de justice et de lutte contre l’impunité, la Cour Pénale Internationale, en tant qu’Institution indépendante et impartiale aurait pour mission de suppléer les carences des Etats pour les grands crimes considérés attentatoires au genre humain. Ainsi, la grande majorité des pays que compte la planète a adhéré au charme de la vierge aux atours attrayants. L’Etat du Sénégal connu pour ne rien refuser à l’Occident, membre éminent de la françafrique et de la compagnie des chevaux de Troie des manœuvres et expériences néocolonialistes en Afrique fut le premier à ratifier le statut de Rome portant création de la CPI. Avec quelle fierté déplacée !


Cependant, force est de constater que la déception s’est vite imposée. Drivée par son Procureur, Moreno Ocampo, recruté pour une mission bien spéciale et bien épaulé par une armada d’experts français officiant à la CPI, a déployé tout son savoir faire et toute son énergie à seule fin de « pourchasser », de « traquer » ces barbares de Nègres seuls et uniques responsables des cas de déni de justice et d’impunité qui polluent le règne du droit et de la justice dans le concert des nations. Au nom des us et coutumes, principes et lois édictés par les « nations civilisées ». Rwandais, Congolais, Centrafricains, Ougandais, Soudanais sont d’ores et déjà, soit ferrés et embastillés, soit activement recherchés en vue d’être « capturés ».


Le Président soudanais Omar Al-Béchir vient de faire, à son tour, l’objet d’un nouveau tir de missile de longue portée d’une agression qui date de la présidence Clinton. Souvenons-nous du bombardement, il a quelques années, de l’usine pharmaceutique, propriété d’un homme d’affaires soudanais proche du régime, en plein cœur de Khartoum. En réalité, le mandat d’arrêt lancé contre Al-Béchir fait partie d’un ensemble de mesures et moyens (soutien à la sécession du Sud Soudan, sanctions économiques, guerre au Darfour, isolement diplomatique, campagne médiatique…) d’une politique occidentale visant, au-delà du renversement du régime « islamique » de AL-Béchir, le morcellement du Soudan en petits Etats clients, soumis à la domination et au pillage des ressources immenses que recèle le pays.


D’autres « bushmen » noirs secrètement ciblés suivront, le moment venu, le même chemin que ceux cités ci-dessus, à moins que l’Afrique retrouve la dignité, le sens de l’honneur et le courage de dire haut et fort : NON, TROP c’est TROP ! Déjà l’on constate un léger frémissement d’indignation, c’est tant mieux.

Il est à remarquer que, pour désigner les Noirs, de plus en plus, le langage animalier des siècles passés est redevenu de mode en Occident. Même le tout nouveau Président des Etats-Unis, Barack Hussein Obama vient d’en faire les frais. Un journal de son pays n’a pas hésité à le parodier en singe. En ces temps gris et brumeux, l’idéologie raciste retrouve des couleurs et des chantres.


A un niveau bien plus bas que celui de la CPI, mais tout aussi révélateur, la Belgique, un tout petit bout de terre qui s’est considérablement enrichi sur le sang et la sueur des Congolais grâce à l’intelligence diabolique d’un roi, Léopold II, d’une cruauté tout aussi diabolique, la Belgique qui a fait couler de fleuves de sang au Congo, au Rwanda-Burundi, assassiné de façon horriblement barbare Patrice Lumumba ose, aujourd’hui, avec force arrogance et mépris, jouer au redresseur de torts pour le compte de l’Afrique ; elle s’évertue, au nom d’une compétence judiciaire universelle qu’elle s’est auto-octroyée, à poursuivre, arrêter et punir les Africains partout où ils se trouvent. Elle ne se contente pas de s’arrêter au fait que, chaque jour que Dieu fait, les immigrés noirs ou arabes vivant sur son sol subissent les pires humiliations, les plus malchanceux d’entre eux, étant purement et simplement battus, jetés au cachot, voire froidement abattus.


Voilà l’Etat qui, sans la moindre gêne, imbu d’un complexe de supériorité ahurissant se donne en spectacle en s’improvisant justicier bénévole au secours de pauvres nègres en manque de justice. Son représentant le plus en vue, Louis Michel, ci-devant Ministre des affaires étrangères et présentement Commissaire au développement de l’Union Européenne en charge de la distribution des aumônes dont les retours sont particulièrement juteux pour les affairistes blancs, lui-même (secrètement) et son fils (ouvertement) en font partie, Louis Michel donc, est le plus chaud acteur de cette farce judiciaire belge.

Dans l’affaire Hissein Habré, Louis Michel joue un grand rôle, s’est même publiquement permis d’exercer un chantage indigne sur le Sénégal en le menaçant de « couper les vivres » si ce pays ne livrait pas l’ancien Président tchadien à la Belgique pour y être « jugé ». Chercherait-on à percer et à exposer à la lumière du jour la nature des relations entre Louis Michel, son fils et les hommes de Khadafi que l’on comprendrait mieux l’implication de cet homme dans l’affaire Hissein Habré.


De son côté, le régime mafieux de Abdoulaye Wade se démène comme un grand diable pour tirer le meilleur profit financier de cette nébuleuse affaire qu’il entretient et exploite avec l’art consommé d’un parrain sicilien, usant de toutes les ficelles et aussi des menaces chaque fois de nécessité. Aux pourvoyeurs de fonds, il n’hésite pas à dire : N’ai-je pas suffisamment montré ma bonne volonté et ma détermination à faire juger Hissein Habré ? Par trois fois, mes juges ont rendu des décisions le concernant, je me suis battu pour arracher à l’Union Africaine un mandat pour le poursuivre et le juger au prix d’un grave désaveu infligé à mes juridictions dont la Cour de Cassation du Sénégal ; j’ai fait adopter de nouvelles lois, et réviser la Constitution de mon pays uniquement dans ce but ; j’ai fait tout cela en sachant parfaitement que cette histoire Hissein Habré est éminemment politique et concerne bien plus un régime politique qu’un individu ; d’ailleurs, les Deby, Khadafi, Goukouni, Kamougué et autres sont, au moins, autant concernés par ces histoires du Tchad que Habré lui-même, et ces histoires du Tchad n’ont pas fini de prospérer. N’est-ce pas vous savez, comme moi, ce qui se passe dans ce malheureux Tchad depuis la chute du régime Habré, et il paraît que de plus en plus sont les Tchadiens qui, nostalgiques de son régime, seraient bien heureux de le voir revenir dans son pays. Vous êtes particulièrement intéressés par cette affaire, alors, soyez sérieux et conséquents avec vous-mêmes : Donnez-moi les pauvres 18 milliards de francs CFA que je réclame, et j’ouvre immédiatement le procès. Sinon…euh, euh…nous verrons ! Wade et l’argent, une histoire d’amour tragique qui pourrait finir tout aussi tragiquement.

Ainsi, l’Etat belge et l’Etat sénégalais, engagés dans une crapuleuse concurrence, chaque partie usant des méthodes d’indignité des plus répugnantes, se disputent l’exclusivité de ce marché nauséabond que représente l’affaire Hissein Habré.


Enfin et opportunément, il convient de placer ces évènements dans le contexte global d’une agressivité de plus en plus marquée, de plus en plus ouverte des puissances occidentales qui se concrétise à travers les expéditions militaires destructrices (Irak, Afghanistan, Liban, Palestine, Congo, Tchad, RCA…), le contrôle militaire des routes maritimes, le pillage économique et financier qui a pris de nouvelles formes assez sophistiquées. Hélas, dans cette entreprise désastreuse pour les nations africaines, l’Occident peut compter sur la complicité et la collaboration de certains fils d’Afrique en échange de quelques avantages matériels, comme à l’époque de la traite des Nègres, comme sous l’occupation coloniale. Toutefois, face à cette situation, l’on peut se consoler, à juste titre et à bon droit, de la prise de conscience grandissante des peuples africains, susceptible de déboucher sur une remise en cause profonde des rapports Afrique-Occident. Dans cette perspective, la dynamique enclenchée d’une coopération saine et équilibrée Asie-Afrique, les exemples d’une indépendance véritable et d’esprit de créativité qu’offrent les pays asiatiques, représentent davantage qu’un simple stimulant pour les peuples africains en vue de briser les chaînes qui les remorquent funestement à un Occident sans foi ni loi. Car, l’Afrique ne saurait sérieusement nourrir la prétention de s’élever à la dignité de l’indépendance véritable et à l’honneur de la liberté assumée sans se donner le courage et la volonté de briser les chaines qui la maintiennent remorquée à l’Occident néocolonialiste.

Tag(s) : #Articles- Affaire HH

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