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La bataille fut rude : coups au-dessous de la ceinture, fâcheries, bouderies, peaux de banane, désinformation, intoxication, médisances, entreprises de débauchage et/ou de corruption, interventions étrangères et tout à l’avenant. Même les pugilistes étaient de la partie. Ainsi, à l’issue des interminables tractations de Khartoum, Timane Erdimi l’a emporté sur ses concurrents. Il est désormais, le Président de l’Union des Forces de la Résistance (UFR). Pour arriver à ce résultat, il a fallu que l’ami Soudanais, excédé par la tournure des palabres, tape du point sur la table. Les compatriotes de Oumar Hassan El-Béchir, connus et appréciés pour leur raffinement et leur langage châtié ont fait les choses avec civilité et entregent. Sans humilier personne.

Il va sans dire que les calculs politiques du régime soudanais, notamment en rapport avec le dossier du Darfour, tiennent compte des pressions du tyran libyen et de l’halluciné de l’Elysée qui ont, concurremment et/ou conjointement pris le Tchad en otage. Ces manœuvres triangulaires – Paris, Tripoli, Khartoum, n’ont-ils pas pour but :


1°) – Convoquer une énième « Conférence de Paix pour le Tchad » à Tripoli en vue de parvenir à un énième « Accord de Paix » et ainsi tenter de sauver leur protégé en perdition ou à tout le moins lui obtenir un sursis ?


Ou bien


2°) – Donner un sérieux coup de pouce à Timane Erdimi (avec les autres…) pour chasser le Idi Amin Dada tchadien devenu de plus en plus encombrant et ingérable aux yeux de ses parrains libyens et français ?


Les jours qui vont suivre seront éclairants et nous apporteront leur lot de vérités, de demi-vérités, de rumeurs ciblées et autres bulles ou ballons.
Dans tous les cas, Timane Erdimi aura fort à faire pour asseoir son autorité et faire de l’Union des Forces de la Résistance, un véritable outil de combat digne de ce nom tant les contradictions qui minent la Rébellion tchadienne sont nombreuses, complexes et difficiles à gérer.


D’abord et en premier lieu Timane Erdimi doit s’efforcer et si possible parvenir à créer l’optimum de confiance indispensable entre lui et ses anciens concurrents, condition incontournable pour réussir toute initiative d’envergure tant sur le plan politique que militaire. Ce n’est pas le plus aisé. En effet, ce n’est pas de gaité de cœur que ces derniers se sont pliés au coup de semonce soudanais. Tout le monde sait que le fameux consensus qui aurait conduit à la cooptation du Chef de l’UFR et servi abondamment à l’opinion n’est que poudre aux yeux et bluff.

Il y aura aussi des palabres et des chaudes empoignades pour le partage des postes de « Ministres », Commissaires, Chefs militaires et autres Conseillers. L’arbitrage ne sera pas de tout repos. Comment utilement et efficacement apaiser les états d’âme des hommes sur le terrain pour préserver leur moral mis à l’épreuve, et ce, bien entendu, en ce qui concerne les Chefs de tendance autres que Timane Erdimi ?


Pour les pauvres citoyens Tchadiens en général, leurs avis sont très partagés : Pour les uns, même le diable en personne serait le bien venu, accueilli chaleureusement, applaudi debout sans rompre, fêté au son des youyous, des tam-tams et balafons ; l’important et la priorité des priorités étant que Idi Amin Dada national soit vidé de leur vie et de leur univers.

Pour d’autres, Idriss Deby/Timane Erdimi, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Pour les optimistes, il y a une nouvelle donne qui va bouleverser l’ordre des choses, et la victoire, c’est-à-dire la fin du régime est à portée de main. Pour pas moins nombreux, La Rébellion, malgré les apparences, va demeurer dans la réalité aussi divisée qu’avant l’avènement de l’UFR et qu’elle ne parviendra pas de sitôt à renverser le tyran. Les paris sont donc largement ouverts, bien malin est celui qui croit détenir la baguette divinatoire.


Néanmoins, toute considération d’ordre idéologique, éthique et moral mise de côté, un pas positif vient d’être franchi - certes toujours pavé de grosses chicanes - susceptible d’ouvrir la voie vers le changement tant attendu par le peuple martyr du Tchad. La Realpolitik l’a emporté, c’est tant mieux.


Pour l’heure, le calvaire du citoyen lambda perdure. A N'djamena, au Tchad où coule l’or noir, faute de charbon, le gaz étant inaccessible aux pauvres, des femmes, afin de répondre aux pleurs de leurs enfants torturés par la faim, en sont arrivées à briser leurs lits et armoires en bois pour alimenter le feu qui doit bouillir la marmite nourricière. L’attente est si dure !

Source : zoomtchad

Tag(s) : #Ambénatna

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