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Dur année 2009 pour les homosexuels du continent : arrestations, mauvais traitements, procès et violentes campagnes de presse se sont succédés au Maroc, en Égypte, au Cameroun et, plus récemment, au Sénégal.


L’homosexualité est passible de peines de prison dans tout le Maghreb et dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, à l’exception de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mali et du Congo-Brazza, ce qui ne signifie pas pour autant que les gays y coulent des jours heureux. Au Soudan et dans le nord du Nigeria, c’est la peine de mort qui leur est réservée.


«L’homosexualité est une tare blanche qui ne s’applique pas aux Africains.». Certes, le Président Zimbabwéen, Robert Mugabe, l’auteur de cette saillie, n’est pas réputé pour son ouverture d’esprit, mais ils sont nombreux les africains à partager ce point de vue. Les homosexuels existent pourtant en Afrique. Et ils ne sont pas les produits d’une déviance propre à l’Occident.


En revanche, les droits acquis par les gays d’Europe et d’Amérique, l’évolution de leur statut social et des mentalités nourrissent leurs aspirations et exacerbent leurs revendications.


Tare, maladie, fléau, gangrène, péché, honte… la liste des termes utilisés pour décrire l’homosexualité met en évidence l’insondable abîme qui sépare la réalité des sociétés africaines de ce qu’elles devraient être : tolérantes et égalitaires.


Non, l’homosexualité n’est pas une maladie ni une honte.
Dans la sphère privée, la sexualité des gens ne concerne qu’eux. En revanche, hors de cette sphère, on peut s’interroger.

Les homosexuels doivent-ils éviter la provocation, vivre leur vie de couple dans la discrétion le temps que les mentalités évoluent ?


Ces hommes et ces femmes ont engagé une bataille pour qu’on leur accorde l’égalité qu’ils réclament tout en reconnaissant leur différence.
Difficile d’aller au combat en restant caché…

La plupart des discriminations (raciales, religieuses, sexuelles, etc.) plongent leurs racines dans l’ignorance ou la méconnaissance de l’autre, qui conduisent souvent à l’aversion et au rejet.

Il n’y a pas de panacée contre cela. Seules l’éducation, la découverte de nouveaux horizons, l’ouverture d’esprit et la culture de la tolérance changeront cette situation dont l’Afrique ne peut se vanter.

Par Chantale Moudeina
N'djaména - Tchad

Tag(s) : #Question sur l'Actualié