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Nous écrivions hier que les opérations de fouilles d'armes à N'djaména se sont rapidement transformées en opérations de saccages et vols des biens d'autrui, parfois d'honnêtes citoyens. Ces opérations dignes d'un gangstérisme d'Etat d'un autre temps semblent être bien planifiés depuis plusieurs semaines.

En effet, tout le monde connait l'existence de ce fameux bureau B2. Le B1 étant celui du président de la république, le chef de la bande. Créé à la suite des événements du 2 et 3 février dernier, ces deux bureaux se sont fixés comme mission principale d'étouffer tout souffle de résistance au régime Itno mais aussi de donner une correction mémorable à tous les « traitres » et ce en l'étendant à leurs familles proches ou lointaines.

Pour ce faire, tous les moyens de l'Etat sont mobilisés pour assouvir les desseins criminels de ces gens sans foi ni loi, issus de nulle part. Le bureau B2 est composé d'un nombre restreint de gens extrêmement dangereux et haineux, exclusivement de très proches parents du président Idriss Deby Itno.
D'aucuns disent que ce bureau a toujours existé et serait même l'œuvre de Monsieur Tom Erdimi. A l'époque, il servait de cadre de réflexion et de prise de décisions par rapport aux politiques mais aussi et surtout par rapport à tous ceux qui d'une manière ou d'une autre exprimaient une quelconque résistance au régime ou tout simplement ont essayé d'organiser leur vie en dehors du traitement humiliant des nouveaux maîtres.

Ainsi, les sanctions sont étudiées et évaluées par les membres du cercle à chacune de leurs retrouvailles. Il y va de mise en chômage prolongé, de pépins sur les activités commerciales, d'humiliations (drague des épouses, viol des filles, bastonnades des garçons, injures publiques, confiscation des biens, …).
 

Depuis l'éclatement du cercle large Zaghawa-Gorane-Arabes qui compose l'ossature du MPS, la répression physique a pris le dessus sur l'intimidation. Même ceux qui se considèrent comme des fidèles du régime tremblent. Car il suffit d'une simple rumeur et d'une petite hésitation pour que vous vous retrouvez entre les griffes sinon les canines de ces espèces sauvages et féroces. Leurs victimes sont déjà très nombreuses.


La répression est devenue le seul moyen efficace pour conserver le pouvoir. D'où les opérations périodiquement organisées pour casser la quiétude des populations, histoire de leur rappeler que la vigilance, la force de frappe et de répression du régime restent intactes. La dernière en date a été menée sous le couvert de « recherches d'armes cachées par les rebelles lors de leur retrait de la capitale en février dernier » selon le bouffon ministre de l'intérieur Ahmat Bachir, lui même surpris par l'évènement.


Depuis, arrestations et libérations se chevauchent à N'djaména. Comment prouver que les armes retrouvées chez soi ne sont pas celles des rebelles ? Et comment « légalement » expliquer la possession de ces armes ? Voilà des questions toutes bêtes, dans notre contexte bien entendu, et qui peuvent vous coûter la vie sinon des sévices corporelles dont les séquelles peuvent se révéler lourdes de conséquence. Tout est utilisé pour terroriser ceux qui sont interpelés, même le saint Coran est mis à contribution.


Bref, tout cela n'est que l'expression d'une angoisse qui ronge les tenants du pouvoir. Ces derniers suivent de très près les préparatifs des mouvements rebelles qui parviennent tant bien que mal a trouvé des points d'intersection qui permettent d'aplanir leurs divergences. Monsieur Timane Erdimi, chef du RFC, disait il y a quelques jours que l'unité des forces combattantes est un acquis, il reste à arrondir la question politique et notamment celle de la désignation d'un seul chef. Après cela, les moteurs des Toyota seront mis en marche et on imagine bien la suite. Le mois de janvier s'annonce décisif et tout porte à croire à une réédition de février 2008. Un anniversaire à respecter.

Tag(s) : #Ambénatna

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