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Monsieur le Député, Nonobstant mon amitié pour Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum, considéré à tort ou à raison comme “l’alter égo” du Dr Jean-Prosper BOULADA, j’ai beaucoup de respect pour vous et pour M.Fidel MOUNGAR. Ce dernier est un homme d’Etat: il a occupé le poste de Ministre de l’Education Nationale, puis il a été élu Premier Ministre du Gouvernement de la Transition. Votre nomination en qualité de député en 1993 à l’Assemblée Constituante connue sous le vocable du Conseil Supérieur de la Transition ( CST), prouve que vous êtes aussi un homme publique. Vos fonctions respectives, Monsieur le Député, vous obligent à une grande humilité et à une modération d’excès de langage.

Quid de l’idéologie marxiste qui était les nôtres dans les années 70.

Sans entrer dans les affaires intérieures d’un parti qui ne peuvent concerner que les militants de ce parti, personne ne conteste le fait que vous-même ou Fidel MOUNGAR furent les membres fondateurs de l’ACTUS. Personne ne conteste le fait que Fidel fut élu son premier Secrétaire Général. Mais vous et moi, appartenons à la génération de l’ASETF et de l’UGEST, comme dernières associations avatars de la FEANF. Les principes qui étaient les nôtres, dans les années 70, considérés aujourd’hui comme les illusions du passé sont: le marxisme-léninisme, la lutte de classe, le débat d’idées, le débat contradictoire, la démocratie, la nécessité de se soumettre au verdict de la majorité quand vous êtes en minorité, le centralisme démocratique, la solidarité militante....Contrairement à François FURET , auteur de ce best-seller sur “les illusions du passé”, la majorité d’entre nous, a l’intime conviction que, ce à quoi nous croyions, n’étaient pas des illusions, mais des réalités qu’il fallait mettre en pratique dans notre pays. En matière économique, nous avions opté pour le socialisme. J’imagine que le projet de société de l’ACTUS, tient toujours la route puisqu’il s’agit bien de “l’Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme”.

En nous laissant régenté malgré nous par le matérialisme historique pendant plus de 4 décennies, nous avons constaté que le capitalisme, après avoir été triomphant sur tous les fronts, a incontestablement atteint son stade suprême. La marchandisation du capital financier, cette variante de l’impérialisme, a abouti aujourd’hui à ce que nous savons : la crise financière secouant de plein fouet les bas-fonds du capitalisme, pour reprendre l’expression de notre économiste tiers-mondiste SAMIR-AMINE, le “centre”, sans épargner “la périphérie” du système. Les solutions évoquées par les leaders des grandes puissances pour juguler cette crise financière, n’ont pas manqué de donner des sueurs froides aux précurseurs de la régulation de l’économie. Appelez-le comme vous voulez, cela ne change rien à la donne, quand les grands de ce monde font référence au socialisme pour sortir de la crise financière. Tout ceci relance l’idée de l’élaboration d’un “Manifeste pour une idéologie du 21ème siècle”(Max Gallo). Nous devons apporter notre contribution à l’élaboration de ce manifeste.

Quid de la démocratie à l’intérieur des partis politiques tchadiens.

Mais pour l’heure, des problèmes urgents se posent dans notre pays. Le bon sens voudrait que Fidel MOUNGAR descende de son piédestal et contribue à la cohésion de votre parti en suivant les principes du centralisme démocratique. Vu sous cet angle, il ne peut y avoir un poste de Président, ni de Secrétaire Général à vie à l’intérieur d’un parti. Quelle analyse faisons-nous de la situation dans notre pays où les mêmes personnes s’éternisent à la tête des partis et ne font rien pour aider la nouvelle génération à assurer la relève? La nouvelle génération n’a pas les mêmes valeurs, ni les mêmes motivations que l’ancienne classe politique dirigeante, je dirais décadente. Allons-nous entériner l’idée de Jacques CHIRAC qui disait de nous que “l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie?”.On peut comprendre qu’il puisse y avoir des conflits à l’intérieur d’un parti. De tout temps, des groupuscules se forment et tentent de faire rallier à leurs causes ou leurs motions les militants, mais toujours dans le but d’obtenir cette majorité. Mais, Monsieur le Député, votre rivalité avec le Dr LEY, et plus particulièrement avec le Dr Fidel MOUNGAR , est déjà connu de tous les Tchadiens. La presse nationale en a fait un large écho. Même Idriss DEBY et tout le staff de son gouvernement le savent. Je parle en connaissance de cause. Cette rivalité n’a suscité rien d’autre qu’un sourire de la part de nos hôtes pendant cette période de négociation en décembre 2001 entre la Commission Dialogue et Paix de la CMAP et le gouvernement tchadien. Je vous rappelle que le Dr LEY a présidé cette Commission et qu’un communiqué commun Gouvernement-CMAP, a été signé. Je dois vous dire que nous avons réussi à arracher à Idriss DEBY, des concessions de portée politique d’une grande importance, loin des espèces sonnantes et trébuchantes, alors que d’autres, plus armés que nous, n’y ont jamais réussi: l’acceptation par le pouvoir de la justesse de la lutte armée dans notre pays et que son “abandon ne peut être la conséquence d’une conférence de paix inclusive”. Ce document officiel fait jurisprudence quand l’ignorant royalement, Idriss DEBY a lancé un mandat d’arrêt international ou condamné par contumace certains leaders de l’opposition politico-militaire et civile ou tout simplement assassiné IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH, accusé d’intelligence avec la rébellion. Vous n’êtes pas juriste. En revanche, M.Josué NDONINGA, ce magistrat pris en otage comme la plupart d’entre nous en France, que vous traitez d’”incapable d’écrire un texte politique”, vous dira que cette décision des magistrats tchadiens, prise sous la menace d’Idriss DEBY, est caduque, nulle et non-avenue. Viendra le jour où Idriss DEBY comprendra le sens des documents qu’il signe avec ses partenaires politiques ou dans le monde des affaires. Vous ne me contredirez pas qu’il est déjà entrain de le vivre à ses dépends avec la Banque Mondiale.

Revenons à nos moutons, Monsieur le Député. Que des jeune Tchadiens, par ignorance ou par mépris, se croient autorisés en publiant sur la toile des écrits faisant recours à l’intolérance, aux injures, aux attaques personnelles, portant atteintes à la dignité et à l’intégrité physique de nos concitoyens, cela peut encore se comprendre. Nous pouvons leur accorder des circonstances atténuantes en nous conformant à la morale biblique ou coranique en disant: “Dieu, Allahouma, pardonne-les, par ce qu’ils ne savent ce qu’ils font”, mais que Monsieur le Premier Ministre et/ou ses lieutenants utilisent la tribune d’Alwihda et de Dabio pour régler leurs comptes à leur ancien camarade, cela dépasse notre entendement. Visiblement, vous n’avez pas voulu prendre en considération le sentiment d’exaspération des internautes tchadiens, récemment exprimé par les camarades de Tchadoscopie dans un article paru le 09 septembre 2008: “insultes et quolibets ne sont pas des écrits poltiques”: http://www.tchadoscopie.com/article-22656401.html .

Quid de la solidarité agissante de “l’intellectuel organique du prolétariat”(Gramsci)

Monsieur le Député, Dans une mise au point récente sur Alwihda, vous reproduisez les mêmes erreurs: “Ley, que nous membres fondateurs de l’ACTUS avions accueilli, logé et nourri en France, n’est pas secrétaire général de l’ACTUS”.

Quelle bassesse, Monsieur le Député? Comment vous qui prétendez ne pas être “amateur de combat politique virtuel” en vous glorifiant d’être élu Député(disons plutôt que vous étiez nommé par coptation comme tous les autres membres de l’Assemblée de la Conférence Nationale Souveraine(CNS) au conseil Supérieur de la Transition, vous arrivez à vous rabaisser de la sorte?

Monsieur le Député, Si vous avez accueilli Ley, un militant de l’ACTUS, cela rentre dans le cadre normal de la solidarité agissante entre les militants d’un parti de la classe ouvrière. C’est tout à votre honneur. Mais en quoi, le fait d’être aidé, vous empêche-t-il d’être lucide vis à vis de votre bienfaiteur ? Admettons la pire des hypothèses, qu’il vous demande de commettre des actes répréhensibles aux yeux de la loi. Allez-vous aveuglement le faire ? Non. La sagesse africaine n’aime pas faire étalage du bien qu’on fait à autrui. Vous êtes un “homme de terrain”. Meditez-en pour l’avenir. Alors que je fus maître de conférences à l’Université d’Annaba (Algérie:1983-1988), chef de chaire de chimie pharmaceutique et de chimie organique au département de Pharmacie de l’Institut des Sciences Médicales qui dépendait de la même université, j’étais en contact permanent avec LEY et j’ai pu connaître les conditions matérielles difficiles dans lesquelles, il avait préparé puis soutenu sa thèse de Doctorat de Biochimie-Biologie à l’Université de Nancy. Je ne sais par quel miracle vous ou l’ACTUS, l’avez nourri, blanchi et hébergé durant ces années.

Monsieur le Député, Vous dites qu’en “1994, Ley est rentré au Tchad pour la première fois, je l’avais accueilli chez moi à N’Djaména. Il en a profité pour rencontrer Timan et Tom ERDIMI et autres membres influents du MPS qui lui ont proposé son intégration dans la fonction publique...”

Je constate, Monsieur le Député, que vous vivez à NDjaména, mais vous êtes loin de savoir ce qui s’y passe. Colporter ce genre de ragots, ces contre-vérités, n’est pas digne d’un homme politique comme vous. Je vous informe que le Dr LEY a été au Tchad en 1995, où il avait dispensé les cours de Microbiologie et d’Immunologie à la Faculté de Médecine de N’Djaména. C’était dans le cadre du projet TOKTEN( Transfert Of Knowledge Through Emigrated Nations), initié par le PNUD: c’est un projet qui veut contribuer au retour dans leurs pays d’origine les cadres hautement compétents des pays émergents. Le PNUD finance ces missions ponctuelles pour une durée de 2 à 3 semaines au cours de laquelle le cadre envoyé, donne des cours à l’université et loge durant son séjour, généralement à l’hôtel. Le PNUD espère par ce biais, que le cadre nouera de contact avec son milieu, ce qui faciliterait son retour définitif. Quoi de plus naturel, si le Dr LEY vous a rendu visite, à plus forte raison à un militant du parti. Pour votre gouverne, Dr LEY n’est pas le seul tchadien venant de France à bénéficier de ce projet. Son intégration dans la fonction publique a eu lieu pendant cette période de séjour au Tchad mais jamais avec l’entremise de Timan ni de Tom ERDIMI. LEY n’a jamais eu de contacts ni de près ni de loin avec les frères jumeaux.

Conclusion : En conclusion de ce chapitre, je dois vous dire que le Dr LEY n’a jamais écrit pour injurier, diffamer, humilier qui que ce soit. En ce qui concerne votre rhétorique sur la paternité de l’ACTUS, les observateurs se demandent si les militants comprennent bien le sens profond des initiales de leur parti. Dans ACTUS, il y a bien ACTION-UNITÉ-SOCIALISME. Pourquoi faites-vous de l’exclusion une entreprise qui demande la contribution de TOUS? Pourquoi ne cherchez-vous pas des solutions pour résoudre les conflits? Quand j’avais proposé à Fidel la voie de résolution de ce conflit, il m’avait catégoriquement dissuadé d’entreprendre quoi que ce soit, arguant le fait que “la justice s’est saisie de l’affaire” . Dans ce cas, de grâce, laissez la justice suivre son cours et arrêtez de nous fatiguer avec votre rhétorique sur la paternité de l’ACTUS. Avec tous mes respects, Monsieur le Député.


Dr Jean-Prosper Boulada
Coordinateur du FU/ADT(Front Uni pour une Alternance Démocratique au Tchad),
Président de la CMAP/dd)
boutrad@neuf.fr ,

Tag(s) : #Politique

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