Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Il est de notoriété publique que la patrie, la nation, notre mère de tous les temps est en quête d’un nouvel homme pour lui confier des responsabilités et réalités authentiquement tchadiennes : celles-ci ne devraient aucunement être issues ou empreintes de la teinture de l’héritage colonial. Elles se veulent pesantes, titanesques, grandioses, gigantesques, volumineuses parce que nous les voulons exemptes de tout calcul mesquin. Puisque lasse, de voir le jour lumineux, l’avenir radieux et mirobolant, le destin alléchant, l’homme régulateur et intransigeant, son enfant chéri naître, notre patrie, notre procréatrice, se cambra, se redressa à se rompre l’échine puis régurgita le contenu de son estomac à la nature pour récupérer plus tard des enfants réconciliés, proches les uns des autres, une progéniture consciente et prête à séparer du bon grain de l’ivraie.

Aujourd’hui, encore, au début du troisième millénaire, les puînés, les jumeaux, les jumelles pour tout dire les frères et les sœurs persistent et se divisent : Ngambaye contre les Mbaye et pourtant, ils sont tous les enfants de Mbaye, les kanuri contre les kanembou et les Kréda , daza et Téda se subdivisent même s’ils sont tous unis par le sang et la langue, les sara- Madjingaye et les Sara Kaba s’entredéchirent quoiqu’ils aient une origine commune, les Tangiley disent qu’ils n’ont rien à voir avec les Ley, les Moundang, les Banana, les Massa, lesToupouri et autres, les zakhawa, les Tama et les Mimi déprécient les Aboucharib et les Ouaddai à leur tour, tout ce qui est immediatement cité plus haut, les Dadjo de Goz-Beida se réclament de souche plus pure que ceux de Bitkine, les kinga se targuent d’avoir du regard sur les Bidio et ainsi de suite.
Quant au spectre du mal, de la haine, de la division et du tribalisme continue imperturbablement, inexorablement son petit bonhomme de chemin pour compter ses victimes ignares et analphabètes. Je crois que ma mère avait raison quand elle me disait  que le grand père des Ngambaye était un kréda parce qu’ils sont tous de teint clair. «C’est un jeune berger Toubou en transhumance qui échoua sur les côtes du Logone avec son troupeau qui fut à l’origine de la naissance des Ngambaye » disait-elle. « Et, l’aïeul des Boudouma, des Kouri, des Kanembou etc.. était un homme de la partie méridionale de notre territoire qui serpenta sur sa pirogue les sinuosités des lits des fleuves Logone et Chari pour aboutir au Lac Tchad, appelé, à l’époque la mer paléo-tchadienne » renchérit-elle.

De ce qui précède, les Tchadiens doivent tirer des leçons objectives, édificatrices et unificatrices pour que le Tchad puisse, enfin, retrouver le chemin d’une réelle union de cœurs et d’esprits qui, indubitablement, s’ouvrira sur une démocratie vainement recherchée depuis tant de lustres. Le changement profond de nos mentalités est autrement plus important qu’une instauration de la démocratie s’avère nécessaire.

Par conséquent, s’il nous arrive de formuler de critiques à propos de Nouri, Adouma, Fezani ou bien encore de Deby, de grâce épargnons, par respect pour les uns et les autres, les ethnies auxquelles ils appartiennent. Exigeons plus de justification et de clarté au General Mahamat Nouri sans s’en prendre aux gorane ou Annakaza.

Il faut se rendre a l’évidence que quelles qu’acerbes que soient ces critiques, si elles sont orientées uniquement vers la personnalité politique de Nouri, nous ferions moins de mecontents tchadiens.

Mon père me disait un jour : « Mon fils bats-toi et chante tes louanges mais il ne faut jamais proférer des invectives à l’ endroit de ton adversaire ou de ton ennemi comme une femme, sinon tu es faible  et ne bats jamais les mains en signe de triomphe quand tu aura terrassé ton ennemi». Alors simplement, nous avons le droit de critiquer Nouri dans son parcours politique mais gardons nous d’insulter sa personne physique.

Nous sommes pourtant tous fiers que Toumai soit notre ancêtre commun.

Somme toute, Mahamat Nouri Allatchi est un révolutionnaire.

Par Ali Souleymane
gkambi@yahoo.fr

Tag(s) : #Ambénatna

Partager cet article

Repost 0