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En 1990, Idriss Deby annonçait, avec vigueur, sincérité et détermination, au peuple tchadien une libéralisation de la vie politique nationale. Mais qu'est-ce qui se passe ? Environ quinze ans de règne d'un régime érigé sur la base de l'ethnie, de la tribu, du clan, pour ainsi dire, une oligarchie tyrannique pure et simple ne suffisent-ils pas, pour que celui-là, en qui, le peuple a, d'emblée, accordé sa confiance.

Devant cet état de faits qui caractérisent la pérennisation des intérêts d'un régime hideux, odieux, sans foi et ni loi, le mutisme complice des nations qui comme la France, hier, se souciaient à la face du monde de la paix, de la quiétude, du bien-être du peuple de ce continent longtemps oublié et placé toujours, et pour cause, au second rang de l'humanité fait monter d'un cran la colère et l'exaspération des populations africaines en général, celles de l'Oubangui Chari et du Tchad en particulier.
 
Imaginez que placés sous la protection « bienfaisante » de Idriss Deby, des éléments dits incontrôlés appartenant à l'ethnie de celui-ci, ouvrent le feu sur le marché de Ndjiguelim pour massacrer cent soixante treize âmes innocentes, en plein jour, pour venger quatre des leurs, poursuivis et massacrés par les Ouaddaïens parce qu'ils avaient volé quelques têtes de bétail. Le Lendemain, quand le clan du « démocrate » Président s'en était perçu, il fallait que la Garde Républicaine de notre homme de la France de Mitterrand François dont la politique éhontée est encore soutenue par Chirac jacques, S'attaquât à des familles des victimes innocentes des Ouaddaïens parce qu'elles voulaient naturellement signifier au Nicolas Ceausescu de l'Afrique, par une simple marche pacifique, que leur familles ont été décimées alors qu'elles n'étaient pas les auteurs de ce vol bénin. En réponse, Le cou-de-héron envoya plus de 400 cents personnes à la tombe et 600 à garder le lit dont elles ne sont plus relevées. Voyons une attitude de bassesse où diverses platitudes étaient au rendez-vous dont les présidents Mitterrand et Chirac y fermèrent les yeux et que le Président George Bush Junior n'a pas manqué de commentaires, à l'occasion de la seconde guerre du Golfe quand il vit la réticence de Gallopin et partant de la France de participer au renversement du dictateur de Bagdad : « ceux-là qui ont toujours vécu en se cachant la vérité ».

Les tchadiens finalement devenus la chasse gardée de tous, Ahmat AssabAllah Soubiane, qui, Hier partisan mordu de la fusion Tchad - Libye, se déclare, contre toute attente, le dirigeant de la démocratie ou quelque chose de ce genre. Il se contenta dans le tas d'asseoir sur pied ce qu'il appela : CDDC (Coalition des Dictatures Déçues et Découragées). Laisses-moi t'interroger petit Ahmat Bavure ! Que diras-tu aux enfants de ceux que tu as occis quand tu étais piètre ministre de l'intérieur et par ton manifeste zèle tu assassinas des paisibles citoyens tchadiens ? Parce que le spectre de Bissau Mamadou fréquentera nuitamment tes sommeils. Ses enfants devinrent par ta faute des orphelins rejetés par la société tout entière. En tout cas oublions-le il ne mérite pas qu'on s'étale sur son cas.

Voilà ce qui sera dorénavant notre combat à nous tous. Pour ne citer que Habré qui disait il y a vingt-cinq ans : « L'échec du régime de Tripoli est l'une des souffrances des fils du Tchad. » je dirais aujourd'hui le renversement du régime de Deby serait normalement l'une des préoccupation essentielles des fils du Tchad que de s'attarder sur le sort que devrait être réservés aux Doums si jamais on arrive au pouvoir. La face surannée des idées telles que Nord-Sud annihile nos efforts vers des avancées futures. Ne prêtez plus attention à des idées rétrogrades ou des évocations pleines de préjugés par exemple celles de Timothée Donangmaye concernant le code de famille qui ne verra, d'ailleurs jamais le jour.

Chers compatriotes, la liste des exactions et des bavures les plus atroces qui constituent le lot quotidien des tchadiens est loin d'être exhaustive. Devant cette scène macabre ou l'on assiste à un véritable assassinat de l'idée démocratique, les Tchadiens de toutes les couches sociales se réservent le droit de s'interroger sur l'attitude complice de la France et de toutes les nations dites «civilisées» éprises de paix et de liberté. Car, c'est dans le premier pays, cité en référence, que l'actuel Président a subi un lavage de cerveau, été dressé et lâché contre son compagnon de lutte d'antan. Entendez par-là Hissein Habré !

La France serait-elle revenue sur sa décision de Labaule ? Si non, comment trouver une explication plausible au silence incongru de ce pays qui, en 1990, était si anxieux quant à la démocratisation des régimes, alors dictatoriaux, de l'Afrique sub-saharienne ? Si Paul Valery mentionnait quelque part dans ses écrits que « la liberté est un état d'esprit. », moi et un grand nombre de tchadiens, aujourd'hui, privés de nos libertés fondamentales, dirions du passage circonstanciel à la tête de la nation de Hissein Habré dont vous nous auriez prétendument sauvés, comme étant pernicieux et divisionniste était une question de temps et d'espace. Napoléon n'était pas la France ne serait pas, Bismarck n'était pas l'Allemagne ne serait pas et Habré n'était pas le placé sa confiance et son espoir se décide, enfin, à tenir ses engagements ? Et, surtout s'il faut se rendre à l'évidence qu'il s'agit, ici, d'un peuple qui a enduré son sort avec un stoïcisme inébranlable et longtemps fait une patte de grue devant un rêve dont la réalisation est, sciemment, renvoyée aux calendes grecques. Sur place, dans la « capitale » tchadienne et à travers tout le pays, les bouffons et les caudataires du Président se targuent, à longueur de journée, d'être les pionniers de la démocratie au Tchad.

Quelle démocratie ! Ces hilares, ces insouciants politiciens assimilent les élections qui s'étaient déroulées au pays à un scrutin répondant aux critères et normes du Droit Positif. Au contraire, nous avons assisté à une parodie, un simulacre de suffrage universel qui a failli faire vomir les observateurs internationaux venus, à l'époque, pour les deux occasions quinquennales. Les irrégularités étaient telles qu'après la proclamation des résultats, les mineurs qui n'étaient, même, pas à l'age de voter et pour qui la chose politique était la dernière préoccupation, se moquaient, avec une insouciance tout de go, des militants du M.P.S, à chacun de leur passage dans les rues de la capitale pour fêter leur stupide victoire. Et, idem pour les deux législatives.

Tchad ne serait pas.
En tout état de cause, il serait insensé, pour nous, de chercher, à l'état actuel des choses, la solution auprès d'un tel ou tel autre pays incitateur, pour ne pas dire, fauteur de troubles, alors que la clé du problème se trouve entre les mains d ?un tchadien dont le règne n'a que trop duré et qui, sans vergogne, toujours, toujours, insatiablement et de façon intarissable exerce son implacable dictature sur nos pères, mères, frères et soeurs dont les visages sont, chaque jour naissant, marqués un peu plus d'amertume. Leur pommettes saillantes provoquées par la boulimie et la soif du pouvoir du siècle en sont le témoignage poignant que me rapporta mon intime ami Mahamat Nour Ahmat dit Castro qui eut l'impression que, même, les habitations étaient plus basses que d'habitude lors de son passage en juillet 2004 à Ndjamena.
 
Somme toute, il appartient au président Deby de donner, pour son bien, en particulier et celui du peuple tchadien, en général à ces millions de femmes, d'hommes et d'enfants las de croupir sous la misère, une nouvelle orientation sociale. Nous disons sociale parce que nous n'avons que foutre de la politique d'Alembert.

Car, en adoptant cette attitude, Amberto aura rendu a son peuple un service dont les retombées, on ne peut plus salutaires, tiendraient au respect les nations les plus civilisées de cette planète. Ce faisant, Deby aura bâti un Tchad ou la Liberté règnera en maîtresse. Puisque celle-ci permettra, enfin, aux filles et aux fils de ce pays de se côtoyer en toute quiétude : un Tchad ou Ngakoutou se déplacera sans méfiance vers l'extrémité septentrionale et, Alafouza, vice versa; passons pour ce qui est de Djada qui a toujours su cultiver l'esprit de bon voisinage.

Si le président a soutenu, quelque part, devant la presse qu'il avait laissé la latitude aux journalistes de le critiquer de fond en comble et ceux-ci n'ont jamais trouvé l'occasion de dire : « Idriss est enceinte », eh bien ! Je dirais, pas plus que tout autre observateur averti d'ailleurs, que le Général doit, ni plus ni moins, donner naissance à un enfant salvateur que le peuple attend, il y a belle lurette : L'instauration intégrale et définitive de la démocratie pluraliste dans ce pays exsangue ou le pluralisme politique apparaît, plutôt, comme une chimère même pour les chefs des formations politiques actuellement en gestation.
Par conséquent, si le chef de l'Etat, en déclarant cela voulait éviter le fait que l'opinion tant nationale qu'internationale le critique d'être en passe d'accoucher, il est grand temps, pour lui, de respecter les propos tenus dans sa déclaration du quatre décembre 1990 : « Je vous ai apporté un cadeau qui n'est ni Or ni Argent. Mais c'est la liberté ». Donc, au lieu de se laisser prendre à son propre piège, il est recommandé qu'Idriss sonne, lui-même, le glas de son règne totalitaire à l'instar de Frederik Declerc qui programma sa propre chute politique et à qui rien n'arriva.

Ali Souleymane
gkambi@yahoo.fr

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