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L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a refusé vendredi d'annoncer s'il plaidait coupable ou non des accusations de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.

"Conformément à ce que j'ai dit auparavant, je refuse de me prononcer", a déclaré Radovan Karadzic alors que le juge britannique Iain Bonomy lui déclinait le premier des onze chefs d'accusation retenus contre lui pour son rôle dans la guerre de Bosnie.

M. Bonomy lui a alors demandé s'il avait l'intention de donner la même réponse pour l'ensemble des charges qu'il s'apprêtait à lui soumettre. L'accusé a répondu par l'affirmative. " Dans ce cas, je plaide non coupable en votre nom, sur la totalité de l'acte d'accusation", comme le prévoit la procédure, a conclu le juge.

M. Karadzic a expliqué qu'il ne plaiderait que lorsqu'il aurait connaissance de l'acte d'accusation définitif, précisant qu'il n'avait pas encore fini la composition de l'équipe qui l'assistera en dehors de la salle d'audience.

Lors de sa comparution initiale le 31 juillet, l'inculpé avait choisi d'utiliser les trente jours de réflexion auquel il avait droit. Lors du transfert de Radovan Karadzic au centre de détention du TPI à La Haye, le procureur Serge Brammertz avait annoncé qu'il travaillait à une nouvelle version de l'acte d'accusation, la dernière datant de 2000.

A l'audience, son adjoint Alan Tieger a indiqué qu'il pensait en disposer "dans la dernière semaine du mois de septembre" en expliquant qu'il souhaitait présenter une "révision la plus large possible".

"Je suis surpris de voir que la révision de l'acte d'accusation n'a commencé qu'une fois que l'accusé a été mis en détention", a sévèrement rétorqué le juge.

Comme lors de sa première comparution, l'accusé est apparu seul, confirmant qu'il avait "renoncé" à son droit à un avocat et réaffirmant qu'il voulait se "défendre seul".

Radovan Karadzic, 63 ans, était jusqu'à son arrestation le 21 juillet l'un des deux fugitifs les plus recherchés d'Europe, avec son alter ego militaire, le général Ratko Mladic, toujours en fuite.

Il est considéré comme le cerveau du "nettoyage ethnique" lancé, avec l'appui de Belgrade selon le procureur du TPI, contre les Musulmans et Croates durant la guerre de Bosnie (1992-1995) ayant fait 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Outre le massacre de 8.000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica (Bosnie orientale) en 1995, il devra répondre du long et meurtrier siège de Sarajevo et de la détention de milliers de civils dans des camps, notamment dans la région de Prijedor (nord-ouest de la Bosnie).

Le juge Bonomy a rappelé à Radovan Karadzic l'importance de son acte d'accusation, sans obtenir de réaction.

Deux-pièces bleu nuit, cravate rouge, celui-ci s'était installé quelques minutes plus tôt dans le box des accusés, l'air inexpressif d'un congressiste arrivé en avance, avait sorti un document de son attaché case et s'était mis à le lire distraitement avant l'ouverture de l'audience.

Ecoutant attentivement, mais sans intérêt particulier, le juge Bonomy mener l'audience, il a profité d'une question du magistrat pour l'apostropher sur sa demande d'annulation de son procès, devant "un tribunal de l'OTAN (...) qui veut me liquider".

Flegmatique, un brin doctrinal, le juge écossais lui a résumé la procédure et indiqué qu'une première audience serait consacrée à ses demandes le 17 septembre.

Jouant sur les mots, Radovan Karadzic a insinué que M. Bonomy le disait non coupable, et d'un sourire narquois lui a lancé: "Puis-je vous prendre au mot ?".

"Nous verrons cela le moment venu", lui a répliqué Iain Bonomy impassible, avant de lever l'audience.

Par Gerald de HEMPTINNE AFP

Tag(s) : #International

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