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Les Toubous du Tibesti (Tchad), une communauté qui se trouve hors de la Libye risque d'un moment à l'autre de subir des bombardements de l'armée "arabe" de Libye. L'alibi portant sur la remise aux autorités libyennes du sinistre "El para" cache en réalité une arrière-pensée politique que l'on ne tardera pas à découvrir. En effet, les Toubbous connus pour leur africanité (donc non arabes) risquent de payer pour leur... peau "noire" !

L'existence d'une communauté africaine au sud de la Libye ne semble guère arranger le régime de Tripoli. Rappelons à nos chers lecteurs les sévices subis par les Berbères de cette région de la Berbérie (la Libye).

Au mois de janvier 1970, Mamar Ali Yahia, un écrivain de renom, auteur du fameux livre Les Berbères ibadites en marge de l'Histoire (fait en deux tomes), sera découvert mort dans des conditions étranges. Aucune autopsie n'a été effectuée afin de déterminer les raisons de son décès.

A la fin du même mois, un autre écrivain, très connu aussi, Omar Nami (médecin de son état) et professeur à l'université de Tripoli sera lâchement assassiné. Auteur du manuscrit La Culture en Libye, le regretté Omar Nami a été enterré à Nefoussa et ce sans qu'aucune enquête ne soit diligentée en vue d'éclaircir sa mort brutale.

Huit années plus tard, la Libye connaîtra des actes de vandalisme à travers les régions habitées par des Berbères. C'est ainsi que le comité révolutionnaire de la djamahiria procédera à la destruction de toutes les maisons de jeunes qui y sont installées. A Zouara, une exposition de peinture sera complètement détruite par les barbouzes arabistes du régime.

En 1978, Sifaw, de son vrai nom Said El Mahroug dont ses positions contre leur pouvoir ne sont plus à démontrer sera victime d'une tentative d'assassinat par... accident ! Avocat de profession et défenseur de la cause amazigh, il sera évacué à l'étranger pour des soins. Handicapé à vie, il mourra à Djerba (une île relevant de la Tunisie et habitée par des Berbères kharédjite) en 1994.

Les événements d'avril 1980 de la Kabylie auront un impact sur le quotidien des Berbères de Libye. Des jeunes soupçonnés de travailler en vue de la formation d'un parti politique berbère seront immédiatement arrêtés. ils seront bien évidemment torturés. Deux années plus tard, des filles berbères de Zouara seront arrêtées pour avoir refusé de participer à un regroupement en l'honneur du guide suprême arabiste, Maamar Khadafi !

Au mois d'avril 1984, la population berbère du nord-ouest de la Libye qui s'apprêtait à commémorer le quatrième anniversaire des émeutes qui se sont produites en Kabylie (Berbérie centrale). L'intervention musclée des éléments de la sécurité annihilera cette démonstration pacifique. Des dizaines de personnes seront arrêtées.

Le 16 du même mois, des étudiants seront exécutés par pendaison dans la campus universitaire de la capitale Tripoli. Rentré au pays après avoir terminé des brillantes études aux Etats-Unis, Ferhat Amar, un Berbère, sera pendu en plein public dans sa ville natale de Zouara (nord-ouest de la Libye).

Figure de proue de la contestation berbère, il sera accusé de trahison et de menées subversives. Des Berbères invités à assister à la commémoration du sixième anniversaire du "Printemps berbère" de Kabylie seront interceptés à la frontière algéro-libyenne. A ce jour, aucun d'eux n'a réapparu !

Enfin, le 26 juin 1987, Youcef Yharbiche, un dissident berbère de Nefoussa sera exécuté froidement par des hommes de main du régime de Tripoli.

Par RACHID YAHOU
Source : AGORAVOX- Libye

Tag(s) : #Politique

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