Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le procès de l’ancien président tchadien, Hissein Habré, refait encore surface. Une semaine après la condamnation à mort par contumace de ce dernier, par la justice tchadienne, ses avocats ont tenu hier une conférence de presse, pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une violation manifeste des règles de procédures. Dans la même lancée, Me El Hadj Diouf et Cie s’offusquent du mandat que l’Union africaine a délivré à l’Etat du Sénégal, consistant à juger leur client, alors qu’il l’a déjà été par la justice sénégalaise, ce qui signifie pour le collectif une « violation de l’ordre constitutionnel sénégalais ». 

Après sa condamnation à mort par contumace, par la justice tchadienne, la semaine dernière, le collectif des avocats d’Hissein Habré, représenté par Me El Hadj Diouf, et Me François Serres du barreau de Paris a rencontré hier la presse. Le premier nommé explique dès l’entame de ses propos que leur client ne sera « jamais jugé », car les accusations portées contre lui ne sont pas « justifiées ».

En plus, depuis le début de l’affaire, en 2000, aucune plainte n’a été enregistrée à son encontre. Aussi, la nomination des quatre juges d’instructions est considérée par le collectif comme une « entorse grave à une procédure qui se voudrait normale et régulière ». Et s’il y a comparution devant la justice, « Habré ne doit pas être seul, car ce n’est pas lui qui finançait la rébellion au Tchad, et Idriss Déby doit aussi être entendu, ne serait-ce qu’à titre de témoin, parce qu’il était chargé de la défense », souligne Me El Hadj Diouf.

Enfonçant le clou, le collectif estime que le mandat pour le procès d’Habré au Sénégal, délivré par l’Union africaine, est une violation de « l’ordre constitutionnel sénégalais et le principe de séparation des pouvoirs ». Aussi, la défense de l’ancien président tchadien s’offusque de l’Exécutif sénégalais, qui « a été demander ce mandat en ignorant les décisions de justices rendues ».

De plus, Me El Hadj Diouf et Cie dénoncent les erreurs de l’Union africaine. Selon toujours le collectif, cette dernière a ignoré ses propres textes, en délivrant ce mandat ; car, « aucune organisation internationale n’a donné un mandat individuel pour juger une seule personne ». Et ces derniers de préciser qu’un « mandat est donné pour juger des faits qui se sont passés dans un lieu précis, et dans une période déterminée ». Or, des pays comme le Tchad ont voté ce mandat, par la voix de son président Idriss Déby, alors qu’ils sont les premiers, selon le collectif, concernés par ces évènements, pour « lesquels ils se sont amnistiés ».

Me El Hadj Diouf accuse la Libye d’être derrière « ce complot international », et de manipuler les autorités sénégalaises ; car, le ministre des Affaires africaines de la Libye, Aly Triky, avait annoncé publiquement que « Hissein Habré a tué des enfants libyens, donc il doit payer ». La défense considère que leur client s’est battu pour libérer le Tchad de la domination libyenne, qui a occupé plus de la moitié du territoire tchadien à cause de ses richesses. Le collectif s’indigne aussi de la réaction du ministre sénégalais de la justice, qui a effectué une sortie dans la presse pour dire qu’il est « assuré » que les faits dont le Tchad a condamné Hissein Habré ne sont pas les mêmes jugés au Sénégal. Aussi, la défense se pose la question de savoir, pourquoi ce besoin de juger au plus vite l’ancien président tchadien ?

Tag(s) : #Politique

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :