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Le Sénégal ne jugera pas Hissène Habré parce qu’il l’a été déjà, ont martelé vendredi Me El Hadj Diouf du Sénégal et son homologue français François Serres, avocats de l’ancien président tchadien, au cours d’une conférence de presse à Dakar.

Les deux avocats ont annoncé leur décision d’aller interpeller l’Union Africaine sur le mandat donné au Sénégal de juger Hissène Habré.

«Organiser un tel procès revient à violer l’ordre constitutionnel sénégalais et le principe de la séparation des pouvoirs», a soutenu Me François Serres du Barreau de Paris, puisque pour lui, la justice sénégalaise a déjà jugé Habré à deux reprises.

«Les dirigeants sénégalais doivent respecter le principe de l’autorité de la chose jugée », a-t-il ajouté, affirmant que « si Habré doit être jugé il faudra également faire juger Idriss Déby et Mouammar Khadafi », respectivement chefs d’Etat du Tchad et de la Libye.

«Nous allons saisir l’UA pour dire qu’elle s’est trompée en donnant mandat au Sénégal pour juger Habré », a soutenu Me Serres affirmant que « le Sénégal se trompe de procès ».

A ce jour, aucune victime, « aucun plaignant n’a accusé Hissène Habré d’avoir personnellement levé la main sur lui », a-t-il rappelé.

«Soutenir aujourd’hui que le Sénégal ne fait que répondre à un mandat de l’Union Africaine est une hérésie (en jugeant de nouveau Habré)», a martelé se son côté Me El Hadj Diouf.

Selon lui, l’exécutif sénégalais a ignoré les décisions de justice rendues, et pour des motifs inavoués, demandé à l’Union Africaine dont ce n’est pas la compétence, de le faire rejuger au Sénégal ».

«Nous ne savons pas quelle mouche a piqué les autorités sénégalaises pour aller quémander un mandat de l’Union Africaine pour rejuger à tout prix le président Habré », a-t-il encore dit.

Il a soutenu par ailleurs, que c’est le président libyen, Kadhafi, qui est derrière ce procès, «à cause de la défaite infligée en son temps par l’armée tchadienne à celle de la Libye» (ndlr guerre 1983-87).

Me Diouf a expliqué que le dossier Habré est «un ensemble d’incongruités, de bizarreries et d’hérésies judiciaires et de complot international pour éliminer l’ancien président tchadien».

La condamnation à mort de Habré à N’Djamena par une Cour pénale pour « atteinte à l’ordre constitutionnel et à l’intégrité et la sécurité du territoire, ne saurait avoir une quelconque incidence» sur l’organisation au Sénégal de son procès pour crime contre l’Humanité, a estimé lundi dernier le comité de pilotage du Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré.

M. Habré est condamné à mort pour son rôle présumé « aux côtés des mouvements rebelles qui ont attaqué N’Djamena en février 2008 ».

Dimanche, soit Me Madické Niang, ministre sénégalais de la Justice et ex-avocat d’Hissène Habré, s’était dit « surpris par la condamnation à mort ».

Selon lui, si « Hissène Habré a été jugé (au Tchad) pour les mêmes faits » pour lesquels il est poursuivi au Sénégal, il ne pourrait plus être jugé par aucune juridiction au monde.

Le Sénégal, où Hissène Habré est réfugié depuis 1991, a été mandaté en juillet 2006 par l’Union africaine pour organiser son procès pour « crimes contre l’Humanité, actes de tortures et autres atrocités commis durant son règne au Tchad (1982-1990) ».

 

 

Source : APA-Dakar 

Tag(s) : #Politique

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