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L'ancien chef politique des Serbes de
Bosnie, Radovan Karadzic, inculpé de génocide et de crimes de guerre pendant le conflit en Bosnie entre 1992 et 1995, a été arrêté par les services de sécurité serbes. Il était recherché depuis 12 ans. Un communiqué du président Boris Tadic, publié lundi soir, précise que "Karadzic a été transféré devant un juge d'instruction du parquet pour les crimes de guerre à Belgrade en accord avec la loi sur la coopération avec le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie".

Né le 19 juin 1945 dans le village de Petnjica au Monténégro, Karadzic est considéré comme un monstre par les Croates et les musulmans de Bosnie, mais reste pour de nombreux Serbes un héros de la guerre qui a déchiré la Bosnie après la proclamation de son indépendance en 1992. Avec son ancien chef militaire Ratko Mladic, toujours en fuite, ils étaient notamment recherchés pour leur rôle dans le génocide de Srebrenica (dans l'est de la Bosnie) qui a coûté la vie à près de 8000 hommes en juillet 1995. Karadzic est également poursuivi pour son rôle dans le siège de Sarajevo : 43 mois pendant lesquels 10.000 civils ont été tués.

Zones d'ombre sur l'arrestation

Des doutes subsistent sur les conditions de son arrestation. Selon une source proche du parquet pour les crimes de guerre, Radovan Karadzic a été arrêté en Serbie et n'aurait offert aucune résistance. Selon l'avocat et ami du fugitif, Svetozar Vujakic, Karadzic a été arrêté dès vendredi soir dans un bus en banlieue de Belgrade. Radovan Karadzic aurait qualifié la situation de "farce" et aurait en outre utilisé son "droit à rester silencieux durant l'interrogatoire".

Les journaux serbes ont rapporté que l'homme le plus recherché de Serbie portait "une longue barbe et que ses cheveux étaient teints en noir". Le quotidien Politika, sans citer ses sources, écrit qu'il avait avec lui "un sac de voyage et on pense qu'il s'apprêtait à quitter Belgrade". Le quotidien Blic précise que Radovan Karadzic n'a opposé aucune résistance lors de son arrestation et que les policiers l'ont emmené après lui avoir masqué le visage avec une capuche. Il avait été localisé dans la capitale serbe "il y a un mois environ", ajoute le journal.

Liesse à Sarajevo

Dès l'annonce de son arrestation, des manifestations de joie ont eu lieu à Sarajevo, tandis qu'une cinquantaine d'ultranationalistes se sont rassemblés - avant d'être dispersés par la police anti-émeutes - à Belgrade pour soutenir l'ancien chef politique des Serbes en Bosnie.

Le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère Javier Solana a déclaré espérer que le TPI reconnaîtrait que cet épisode témoigne de la "pleine coopération" de Belgrade, ce qui permettrait un rapprochement entre l'UE et la Serbie. "Nous devons parler au procureur du TPI mais je suis presque certain qu'il dira qu'il y a pleine coopération", a déclaré Javier Solana.

Nicolas Sarkozy a exprimé sa "vive satisfaction" après l'arrestation de Radovan Karadzic. La Russie, alliée traditionnelle de Belgrade, s'est montrée moins enthousiaste. Le ministère des Affaires étrangères russe a estimé qu'il s'agissait d'une "affaire intérieure" de la Serbie, et que la décision d'extrader Karadzic vers La Haye relevait des autorités serbes. Quant à Dmitri Rogozine, représentant de la Russie auprès de l'Otan, il a déclaré que les Occidentaux devraient être jugés pour les bombardements de 1999 en ex-Yougoslavie si Radovan Karadzic était déféré devant la justice internationale.


Tag(s) : #International

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