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Il y a quelques jours, nous annoncions le retour dans la capitale sénégalaise de l'ex porte-parole du FUC, M. Albissaty Saleh Alazam. Nos fidèles lecteurs l'ont aperçu végéter aux alentours du siège de la Raddho (rencontre africaine des droits de l'homme), la nébuleuse Ong du sieur Alioune TINE.

La conférence de presse de ce jeudi 17 juillet 2008 a été sans conteste l'œuvre de Monsieur Makaila Nguebla, le représentant de la cellule Afrique de l'alliance nationale (AN). Makaila, plus dynamique que lui tu meurs, a assuré du début à la fin les différentes étapes de l'organisation de la conférence de presse de Monsieur Albissaty.

La presse nationale et internationale (écrite – radio – Tv), la communauté tchadienne, les autorités sénégalaises et étrangères, les organisations non gouvernementales et la société civile ont répondu à l'invitation. La salle de conférence du luxueux hôtel le “ Café de Rome ” a été louée à cet effet. Tout y est pour réussir une conférence de presse que nous attendions explosive vu le contexte actuel de la crise entre le Tchad et Soudan qui s’amplifie par rébellions interposées et surtout après la sortie boiteuse du Procureur de la CPI qui a affiché clairement son parti pris dans cette crise politico-militaro-humanitaire.

Mais hélas, c'est sans compter avec Albissaty qui, apparemment, n'est au fait d'aucune technique de communication, même les plus dépassées. Face un public riche en couleurs, marqué par la présence des Ambassadeurs de France, de la Suède et du Conseiller diplomatique de l'ambassadeur des Etats-unis, du Conseiller du Président Abdoulaye Wade pour l'UA, des représentants des partis politiques sénégalais (PS, AFP, RND) et surtout de beaucoup de jeunes tchadiens, étudiants pour la plus part, la communication a lourdement failli sur toute la ligne.

D'abord, Monsieur Albissaty s'est fait ravir la vedette par le loup de la Raddho qui en a profité pour faire la pub de sa petite personne, rappelant même qu'il a toujours attiré l'attention de la communauté internationale sur le drame tchadien qui aujourd'hui, précise t-il, est fortement lié à la crise du Darfour et demande expressément que la même préoccupation soit accordée aux problèmes du Tchad.

Cette déclaration a fait rigoler un bon nombre de personnes présentes dans la salle. Car, tout le monde sait que ce sont des paroles en l’air et s'agissant du Tchad, Monsieur TINE ne s'intéresse qu'à l'affaire HH qui lui a permis de bien se gaver jusque-là, à tel point que le Président Wade a exprimé sa déception de voir des gens s'affairer des droits de l'homme. Au Sénateur Ahmed Béchir Kounta d'enfoncer le clou en traitant Alioune TINE lors d'une conférence de presse de “ porc castré ”.

Ensuite, malgré le speath bien rodé d'Alioune TINE (ça intéresse peu de gens), Makaila Nguebla a fait une intervention magistrale qui a balayé d'un revers de main toute l'ambivalence de la communauté internationale concernant le cas de son pays le Tchad marqué par des guerres fratricides à répétition, son peuple opprimé par  un régime installé et soutenu à corps le bras par la France et ce malgré les dérives monarchiques, les violations massives des droits de l'homme, donnant l’exemple récent de la répression sauvage des populations Tama et la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, les crimes économiques et tous les actes de banditismes d’Etat posés par Idriss Deby, son clan et leurs alliés, sans oublier l’implication directe des rebelles du MJE et ALS aux cotés des forces de Deby.

Des réfugiés Massalites et Fours vivant à Dakar ont été conviés à cette conférence de presse et ont pu témoigner des exactions qu’ils subissent au Darfour et même au Tchad dans les camps de réfugiés par les rebelles du MJE. Même Ingrid Betancourt a été citée en exemple pour interpeler l’ambassadeur de France présent dans la salle pour le manque d’assistance et de compassion aux fils Ibni qui sont aussi français.

Et enfin
, le conférencier intervient pour une déclaration monologue, longue de 4 pages dont les différentes parties sont aussi désarticulées que la lecture. Tout manque dans la déclaration d’Albissaty : la locution, le ton, la maîtrise du contenu (hésitations) et surtout l'intéressement du public qui a fini par se déconcentrer et bavarder en attendant que Monsieur le membre de la rébellion tchadienne (AN) finisse son discours.

Un film a été projeté, certainement des séquences enregistrées à la télévision soudanaise, montrant de très jeunes prisonniers du MJE à Omdourman. Une seule question a été posée par le journaliste de Reuters qui se soucie plus du sort du président soudanais face à la CPI qu’à autre chose. C’est dire combien la conférence de presse d’Albissaty a été un échec retentissant.

Après Albissaty à deux reprises déjà et Mansour Abbas, le représentant de la cellule Europe de l’UFDD, Dakar offre à la rébellion tchadienne un minimum de sécurité et de liberté pour se faire entendre. Espérons qu’Ali Gadaye, Yorongar et autres opposants d’Idriss Deby prendront bientôt le relais. Car il faut que la rébellion s’exprime, fasse connaître ses programmes et surtout tomber les faux clichés négatifs qu’on lui a collés.


Brahim Mahamat Ali
Dakar - Sénégal

Tag(s) : #Ambénatna

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