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Peut-être avez-vous lu, dans le dernier numéro de JA, que le chef des services spéciaux libyens, Moussa Koussa, avait porté plainte contre Béchir Ben Yahmed, directeur de la publication, et contre moi-même.

Motif : je l’aurais diffamé, dans le cadre d’un portrait-itinéraire que j’ai consacré à cet homme de l’ombre, il y a un peu moins d’un an.

La justice française tranchera. Tout juste me permettra-t-on de m’étonner que le très « droit de l’hommiste » Me William Bourdon, grand pourfendeur de dictateurs, de fonds occultes et autres « biens mal acquis » du continent, avocat de Moussa Kaka, des opposants et des peuples étranglés par la Banque mondiale, ait accepté de défendre le patron de la police secrète d’un pays qui ne compte ni partis, ni journaux indépendants, ni aucune forme d’expression libre, dont les prisons abritent des détenus politiques, qui traite les immigrés africains de la manière que l’on sait et dont la colossale rente pétrolière est gérée depuis trente-huit ans par un seul homme – Kaddafi –, sa famille et son clan.

Cela dit, en France, contrairement à la Libye, chacun a le droit d’être défendu. Et l’on voit bien l’intérêt, pour Moussa Koussa, de l’être par William Bourdon : ipso facto, il apparaît comme une victime.

Tout au long de mon histoire commune avec JA, j’ai déjà eu à affronter les plaintes en justice de la famille Mobutu au grand complet, d’un vrai-faux opposant marocain, d’une société française de vente d’armes, d’un vieux mercenaire et j’en passe. Toutes se sont soldées par des non-lieux. Qu’en sera-t-il cette fois avec l’ami de Claude Guéant, le tout-puissant secrétaire général de l’Elysée ?

Moi, je n’ai jamais porté plainte contre quiconque. Peut-être aurais-je dû le faire, au vu du nombre de stupidités qui s’écrivent parfois sur mon compte. On m’a ainsi attribué une licence de pêche en Mauritanie, des séjours gratuits au palace de la Mamounia où je n’ai jamais mis les pieds, de juteux contrats de consultant au Cameroun ou au Togo, le tout évidemment sans l’ombre d’une preuve – mais l’absence de preuves ne serait-elle pas la preuve suprême, puisque ces choses-là, comme chacun le sait, sont … improuvables ?

Le plus cocasse – et le plus pitoyable – remonte à septembre 2005, après la chute d’Ould Taya à Nouakchott. Je m’y rends pour réaliser la première interview de son « tombeur », le nouveau président Vall. Sur l’autoroute qui mène à Roissy, mon taxi est victime d’un carambolage. Je rate l’avion. Aussitôt, le bruit court que j’aurais été refoulé à l’aéroport de Nouakchott, car indésirable ! Bien que je me sois rendu en Mauritanie par l’avion suivant et que l’interview ait eu lieu avant d’être publiée une semaine plus tard à la une de JA, une feuille satirique paraissant à Paris, Le Gri-Gri, imprime la rumeur de l’expulsion.

« Information » reprise sans sourciller, deux ans plus tard, dans un « livre-enquête », écrit par un grand reporter à L’Express - et enseignant dans une école de journalisme ! Il n’y avait certes pas là matière à porter plainte. Tout juste à en rire. Ou à en pleurer.

Source : Blog de Makaïla

Tag(s) : #Divers

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