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Partout dans le monde le tourisme sexuel ne cesse de prendre de l'ampleur. La mobilisation de la communauté internationale et les mesures de plus en plus répressives de la part des états concernés semblent incapables d'endiguer ce fléau et les efforts des associations se concentrent aujourd'hui sur le terrain de la prévention.

Du Cambodge au Sénégal, le phénomène n’épargne personne. Dans tous les pays pauvres où le soleil brille, des adolescents ou des enfants sont prostitués ou abusés sexuellement par des voyageurs en mal de sensations fortes. Cet énorme marché, difficilement quantifiable en raison de sa clandestinité, toucherait, selon l’
UNICEF, plusieurs millions de personnes dans le monde. Il n’a cessé de se développer avec l’essor des voyages à bas prix ces vingt dernières années.
 
Une répression difficilement applicable

De nombreux pays se sont engagés à prendre des mesures pour lutter contre ce phénomène. La Thaïlande par exemple, a adopté des lois très répressives mais souvent inapplicables en raison du manque de formation de la police et de la corruption qui gangrène le pays. De la même manière, plusieurs états européens comme la France depuis 1994 sont aujourd’hui dotés des lois extra territoriales permettant qu’un abuseur français agissant à l’étranger puisse être poursuivi et condamné dans son propre pays. Pourtant, cette procédure reste lourde et très exceptionnelle. Alors comment agir pour lutter efficacement contre ce véritable fléau qui détruit chaque jour la vie de dizaines de milliers d’individus ?
 
Agir dans les pays pourvoyeurs de touristes

Selon la plupart des organisations spécialisées, les initiatives les plus efficaces à long terme se situent sur le terrain de la prévention. Pour Jacqueline Bruas, présidente de l’Association Contre la Prostitution des Enfants (ACPE), « il faut d’abord agir dans les pays pourvoyeurs de touristes pour que les mentalités changent. »
Dans ce cadre, les personnes que l’on peut sensibiliser sont nombreuses. Son organisation vient d’éditer une brochure qui est régulièrement distribuée auprès des étudiants en BTS tourisme et accompagnée de conférences intégrées au cursus de formation : « Ils sont les futurs responsables du tourisme mondial. A ce titre, il faut les informer le plus tôt possible pour prendre les bonnes décisions s’ils sont un jour confrontés à des cas d’abus sexuels. »
 
L’End Child Prostitution And Trafficking in children for sexual purposes (ECPAT) tente de cibler toutes les personnes qui sont amenées un jour à voyager. « Nous collaborons avec de nombreux voyagistes pour mettre en place les outils d’informations à destination des touristes », explique Carole Bartoli, chargé du développement auprès de l’ECPAT France. Ses actions passent par des campagnes d’affichage dans les aéroports, des vidéos diffusées pendant les vols qui rappellent les risques encourus pour l’auteur des abus, des encarts dans les principaux guides de voyages, des bannières sur des sites de voyages, des tracts distribués dans les centre de vaccination. Le touriste doit être informé à toutes les étapes de son voyage. « Ces initiatives poursuivent un double objectif. Elles visent à décourager celui qui serait tenté de commettre l’abus mais aussi de responsabiliser le témoin de tels faits afin qu’il prévienne les autorités. »
 
Sensibiliser les populations locales

Mais la prévention du tourisme sexuel ne concerne pas uniquement les clients potentiels. Il faut également agir auprès des populations qui de près ou de loin sont victimes de ce trafic. Ainsi l’ECPAT a mis en place une vraie politique d’information à destination des familles les plus pauvres qui envoient souvent un de leurs enfants à la ville sous l’influence des recruteurs. « Nous passons dans les villages et nous proposons des animations ludiques, des pièces de théâtre pour aborder ce sujet encore tabou dans de très nombreuses communautés rurales », rappelle Carole Bartoli.
Pour Sandra Ayad, membre de la
Fondation Scelles, une organisation qui lutte contre la prostitution dans le monde, la lutte contre ce phénomène doit se concentrer sur la sensibilisation des plus jeunes : « Dans beaucoup de pays, les enfants sont très tôt livrés à eux-mêmes. Ils considèrent le fait de monnayer leur corps comme quelque chose de normal car ils n’ont pas d’autres alternatives pour survivre. La scolarisation et l’éducation leur permettent d’envisager un autre avenir. Elles leur donnent les moyens d’être autonomes et leur offrent la possibilité de dire non ».
Tag(s) : #Divers

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