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Pendant que ses camarades cherchent leurs salles de composition, il lui est délivré une autorisation d’accès en salle..

Son coupon en main, il se dirige vers le lycée de la Concorde, son centre d’examen, situé à 800 mètres de là. Tout comme lui, nombreux sont les candidats qui n’ont réussi à s’inscrire que le jour même de l’examen. Sur le babillard du rectorat de l’Université de N’Djaména, la liste additive affichée est datée du «05/06/2008, 07h15mn». Pourtant, l’office du baccalauréat au Tchad a arrêté le dépôt des dossiers à la fin du mois d’avril.

S'il lui avait été donné d'écouter Salaheddine Abbas, chargé d’affaire du Cameroun au Tchad, Ali ravalerait son enthousiasme. « Beaucoup d'élèves se font rouler par des intermédiaires véreux. Ils remettent leurs dossiers à des personnes qui n’ont d'yeux que pour leur argent. Dès qu’ils se servent, ils jettent les dossiers. Lorsqu’on voit une personne en train de pleurer, les gens mettent leurs noms sur des listes qui n’ont aucune valeur», s'insurge le diplomate. Ce que ce dernier ne dit pas, c’est que les responsables de l’office du bac prennent jusqu’à 100.000Fcfa pour admettre les élèves sur ces listes additives dont ils ne tiennent pas compte. Un échec assuré payé au prix fort, puisque le taux officiel d’inscription d’un candidat libre, de la zone Cemac, quelle que soit sa nationalité, est de 41.000Fcfa.

Pour la plupart des candidats, les conditions de compositions sont très favorables à la réussite. La fraude ici se déroule à ciel ouvert. Les épreuves sont pratiquement en vente libre avant leur passage. Les candidats Camerounais, réputés bon payeurs, sont les plus recherchés. « J’ai été accostée par un surveillant dans la cour du lycée. Après s’être assuré de ma nationalité camerounaise, il m’a proposé des sujets de Maths, Physique et chimie, n’en ayant pas besoin, j’ai refusé », témoigne Danièle Pevoubou. En plus, les corrigés de sujets sont à la portée de tous ceux qui en ont besoin. Les combines ne s'arrêtent pas en dehors de la salle. Chaque matin, les candidats cotisent de l’argent qu’ils remettent à leurs surveillants afin de les laisser tricher en toute impunité. Toutefois, la rigueur des présidents de centres tempère cette tendance.

En 2006, alors que se ses prérogatives ne lui permettent pas, l’Ambasssadeur du Tchad au Cameroun, Sékimbaye Bessané André, se permet, con­tre toute attente des autorités rectorales de N'Djaména, de délivrer des attestations du bac tchadien en moyennant 15.000 FCFA et sans un reçu. Les ter­mes de cette attestation, dû­ment signée de la République du Tchad en République du Cameroun, pré­cisent simplement l'admission de l’intéressé au bac tchadien, la session, le centre d'examen et la série dans laquelle le postulant a composé. En plus, cette attestation de Sékimbaye Bessané mentionne qu'elle est délivrée à titre provisoire pour servir et valoir ce que de droit.

Selon le vice-recteur de l'Univ­ersité du Tchad, Zakaria Fadoul "l'ambassadeur a eu par le passé à mettre la main sur une centaine de fausses attes­tations de bac tchadien, en pos­session des Camerounais ou Tchadiens au Cameroun". Par conséquent, il téléphonait au rectorat pour vérifier la confor­mité de ces diplômes qu'il avait sous la main.

Fort de cet ex­ploit, il a de­mandé cette année, la liste complète des admis au bac que le rectorat lui a envoyée. En possession de cette liste, l'ambassadeur a innové en introduisant cette attestation pro­visoire au sein de ses servi­ces, histoire de se faire peut­-être un peu de beurre. Malheu­reusement pour les bénéfi­ciaires qui ont mordu à l'appât, cette attestation provisoire, in­troduite dans les dossiers pour l'inscription en faculté ou pour les demandes de bourses, est catégoriquement rejetée par les services universitaires du Ca­meroun.

Se sentant ainsi grugés par l'ambassadeur, les lauréats camerounais au bac tchadien, session de juin 2006, sont obli­gés de déferler sur N'Djaména depuis la semaine dernière, larmes aux yeux, pour enfin re­tirer leurs vraies attestations.

Cette initiative maladroite de l'ambassadeur Sékimbaye Bessané intervient après une autre de juin dernier. En ce mois, raconte un candidat camerounais, l'ambassadeur avait as­treint les postulants camerou­nais au bac tchadien à sous­crire une assurance maladie, à concurrence d'un même mon­tant auprès d'une société de droit camerounais dont les bu­reaux sont logés à Kousséri voisin, avant de venir composer à N'Djaména. A cet effet, des noms des cliniques et méde­cins à N'Djaména ont été bran­dis aux candidats camerounais. Mais peu d'entre eux sont tom­bés dans le piège, raconte un CamerounaisCette initiative maladroite de l'ambassadeur Sékimbaye Bessané intervient après une autre de juin dernier. En ce mois, raconte un candidat camerounais, l'ambassadeur avait as­treint les postulants camerou­nais au bac tchadien à sous­crire une assurance maladie, à concurrence d'un même mon­tant auprès d'une société de droit camerounais dont les bu­reaux sont logés à Kousséri voisin, avant de venir composer à N'Djaména. A cet effet, des noms des cliniques et méde­cins à N'Djaména ont été bran­dis aux candidats camerounais. Mais peu d'entre eux sont tom­bés dans le piège, raconte un Camerounais.

Tag(s) : #Divers

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