Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le riz nourrit chaque jour environ 2,6 milliards de personnes pour qui il représente la plus importante source d’énergie et d’emploi. En nombre d’individus concernés, aucune autre activité économique humaine ne subvient aux besoins de base d’autant de terriens, ne supporte autant de familles paysannes et n’est aussi cruciale pour le développement de tant de pays pauvres comme pour la protection de l’environnement.

La forte croissance de la production rizicole enregistrée depuis près d'un demi-siècle s'est ralentie. Mais la consommation mondiale ne cesse d'augmenter et les rizicultures doivent faire face à de nouveaux défis majeurs. Chaque année, près de 50 millions de nouvelles bouches à nourrir voient le jour en Asie, alors que les indispensables surplus doivent être produits sur moins de terres, avec moins de bras, moins d'eau et moins d'intrants chimiques !

Les pauvres citadins ou les paysans sans terres, groupes les plus vulnérables en matière de sécurité alimentaire, consacrent jusqu’à la moitié de leurs revenus à l’achat de riz. La rizière fournit jusqu’à 80% des calories consommées par ces populations pauvres au Bangladesh, en Birmanie, ou au Cambodge. La ration de riz procure aussi une part importante des apports en protéines chez ces populations (plus de 60 % au Bangladesh et en Birmanie).

La production globale annuelle de riz, obtenue à 92 % en Asie, est d’environ 600 millions de tonnes de paddy -riz non décortiqué- soit quelques 400 millions de tonnes de riz blanc, soit près de 30% de la récolte globale de grains. Elle est obtenue sur environ 150 millions d’hectares (11% des terres cultivées) dans quelques 122 pays producteurs.

L’Asie consomme environ 450 millions de tonnes de paddy par an, contre 20 en Afrique, un peu moins en Amérique latine, 4 en Europe et 3 aux Etats-Unis. La consommation annuelle de céréale par habitant dans les pays rizicoles majeurs d’Asie varie entre 83 kg dans les régions d’Inde où il est l’aliment de base à plus de 200 kg en Birmanie et au Bhoutan, tandis que la moyenne mondiale est de 65 kilogrammes. Dans la partie rizicole de la Chine, chaque personne consomme encore une livre de riz en moyenne par jour.

 

 L'Afrique qui consomme en moyenne 20 millions de tonne par an se trouve aujourd'hui dans un imbroglio indescriptible. Son marché a été inondé par du riz de qualité variée et très bon prix. Les programmes successifs de la Banque Mondiale et du FMI ont encouragé l'importation au détriment du développement de la production locale. L'Afrique se retrouve avec ses immenses terres inexploitées et une population constamment croissante. La hausse quotidienne du baril du pétrole, 122 dollars, augmente les frais du transport maritime et a des incidences sur le prix d'achat du riz.

 

 Et comme le malheur ne vient pas seul, la Birmanie qui produit la totalité de la consommation en riz d’un pays comme l’Indonésie (+ de 200 millions d’habitants), a été frappée par des inondations qui ont détruit sa production encours et les terres cultivables. Il est à craindre que dans les jours qui suivent, le prix du riz risque de tripler voire quintupler. La Birmanie tout comme la Chine vont d'abord sécuriser leur propre consommation nationale avant de placer le reste de la production sur le marché.

 

 

 Les demandes sont très fortes. Les délégations de différents pays africains font le tour des pays producteurs et cherchent en vain des quantités énormes de riz qui représentent pour certains l'équivalent de leur consommation annuelle. Déjà des émeutes contre la vie chère sont observées un peu partout sur le continent et ça risque de dégénérer si le riz venait de se faire rare dans les tous prochains jours.
Tag(s) : #Economie

Partager cet article

Repost 0