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Pas de doute possible. La liberté de la presse est menacée. Elle ne l'a jamais été autant qu'elle l'est aujourd'hui. En dépit de quelques timides progrès enregistrés ça et là, dans l'ensemble, la tendance est tellement dangereuse que l'on ne pourrait s'en réjouir. Bien au contraire, les atteintes à la liberté de la presse sont devenues la règle dans un monde où le droit de chacun à la liberté d'opinion et d'expression est foulé aux pieds. En premier par les tenants du pouvoir politique, pendant que la presse est manipulée à souhait par le pouvoir d'argent.

La célébration de la 18ème Journée mondiale de la liberté de la presse doit être considérée comme une occasion inouïe d'en appeler à la conscience des uns et des autres pour pouvoir inverser cette malheureuse tendance qui s'est installée, depuis des lustres, dans les cinq continents de notre planète Terre. Le message du secrétaire général des Nations unies ne peut que constituer une contribution non négligeable dans cette direction. « A l'occasion de cette Journée mondiale de la liberté de la presse et en cette année où nous célébrons le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, j'en appelle à toutes les sociétés afin que les auteurs d'attaques visant des journalistes soient traduits en justice », a-t-il déclaré solennellement. Avant de « rendre hommage à tous ceux qui travaillent dans des conditions difficiles et dangereuses pour nous apporter des informations libres et objectives » et « inviter chacun d'entre nous à oeuvrer en faveur de la liberté - et de la sûreté - de la presse dans le monde entier ».

Cela, ajoute-t-il, est d'autant plus vrai qu' « une information libre, sûre et indépendante est l'un des fondements de la paix et de la démocratie, et lorsque la circulation de l'information est entravée, que ce soit pour des raisons d'ordre politique ou technique, notre capacité de fonctionner est restreinte ». Dans tous les cas, le secrétaire général des Nations unies s'est dit « d'autant plus alarmé par la façon dont les journalistes sont de plus en plus pris pour cible dans le monde, et consterné lorsque de telles infractions ne donnent pas lieu à des enquêtes approfondies et à des poursuites ».

En Afrique francophone, la situation est loin d'être reluisante. Pour preuve, l'Ong Journaliste en danger indique, dans un communiqué remis hier aux différentes rédactions, qu' « au moment où le monde entier célèbre la Journée internationale de la liberté de la presse, en RDC deux journalistes se trouvent enfermés, au secret, depuis respectivement 54 et 36 jours, dans les cachots de l'ANR situés aux bords du fleuve. Il s'agit de Nsimba Embete Ponte, directeur du journal « L'Interprète » et de son collaborateur Davin Ntondo Nzovuangu ».

Au Niger Moussa KAKA est toujours enfermé et ce malgré qu’aucune preuve n’a été fournie sur les charges retenues contre lui. L'Union des journalistes d'Afrique de l'Ouest (UJAO) lutte pour sa libération. Le correspondant de Radio France Internationale et de Reporters sans frontières a été arrêté en septembre dernier et inculpé de « complicité dans un complot contre l'autorité de l'État », en raison de ses contacts fréquents avec des rebelles touaregs.

Au Tchad, la liberté d’expression vacille gravement et les atteintes contre les journalistes et les militants des droits de l’homme sont devenues monnaie courante depuis la fin de l’année 2007. En février dernier, suite à l’assaut manqué des rebelles sur la capitale tchadienne, des violations massives des droits de l’homme ont été opérées et qui ont touché particulièrement la société civile, les journalistes, les partis politiques de l’opposition démocratique. Mr. Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la CPDC, a été arrêté à son domicile par les forces spéciales du président Idriss Deby Itno et porté disparu jusqu’à ce jour. Plusieurs journalistes se sont refugiés dans les pays voisins et vivent toujours avec la peur dans le ventre.

En 2006, la FIJ avait eu confirmation de la mort de 177 journalistes et autres travailleurs es médias. La fin de l’année 2007 s’est révélée à peine moins fatale avec 171 morts. Les chiffres ont été compilés en coopération avec l’INSI, l’International News Safety Institute. Pour l’année 2008, 9 journalistes ont été déjà tués à travers le monde. Ci-dessous la liste.

Afghanistan (1)
14 janvier 2008 - Carsten Thomassen, Dagbladet

Bolivie (1)

29 mars 2008 - Carlos Quispe Quispe, Radio Municipal Pucarani

Irak (4)

- 25 avril 2008 - Jassem Al-Battat, Al-Nakhil
- 27 février 2008 -
Chihab Al-Tamimi , Syndicat des journalistes irakiens
- 12 février 2008 - Haidar Mijwit Hamdane, Association des jeunes journalistes irakiens
- 28 janvier 2008 -
Alaa Abdulkarim Al-Fartoussi, Al-Forat

Israël (1)

16 avril 2008 - Fadel Shanaa, Reuters

Népal (1)

12 janvier 2008 - Pushkar Bahadur Shrestha, Highway Weekly, New Season

Pakistan (1)

9 février 2008 - Chishti Mujahid, Akhbar-e-Jehan

 

Tag(s) : #International

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