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Combien devrait gagner un Président de la République ? Un Premier ministre ? Et un ministre des finances, un ministre des infrastructures ? Et un chef de l'opposition ? Et le mari d'une chef de parti ? Et un chroniqueur dilettante qui croque, selon ses humeurs, les us et coutumes de ses compatriotes ? Résumer les fonctions politiques au fric est avilissant et simpliste.

Dans la grande majorité des cas, les politiciens travaillent plus que la moyenne des citoyens syndiqués. Ils ont, dit-on, de lourdes responsabilités. Ils doivent signer des papiers, engueuler les députés des autres partis, faire de beaux discours entourés de drapeaux, serrer les mains des quidams enrhumés, visiter des régions éloignées en autobus bariolé, coller leurs faces sur des affiches mal désignées, répondre à des questions de journalistes, subir les chroniques qui se moquent de leur manque d'idées, faire le guignol à la télé afin que tout le monde en parle, et j'en passe.

Certains estiment qu'ils devraient gagner plus afin d'éviter la corruption. C'est leur prêter de viles intentions avant même qu'ils n'aient eu l'occasion de faire des bêtises et de boire des pots de vin.

D'autres jugent qu'on devrait leur verser des salaires dignes des chefs d'entreprises afin d'attirer des gestionnaires diplômés. Hum, je ne suis pas certain d'avoir envie qu'un gérant de compagnie privée vienne diriger mon pays comme il dirige une shop de pièces d'auto, une usine de pâtes et papiers ou une banque en faillite. De plus, avez-vous vu ce que les gros salaires font sur les petits esprits des dirigeants d'entreprises et de leurs actionnaires ?

Les fins observateurs diront que les politiciens ont de nombreuses dépenses. Ils oublient de mentionner que les politiciens sont, du Festival de la gibelotte de St-Chose-les-trucmuche au Congrès de la crevette de Coincoin-entre-deux-eaux, grassement nourris en plus d'être habilement distraits par des groupes folkloriques, des conversations de haut vol et des visites d'usine.

Plus terre à terre, certains se sont demandés si les gros salaires ne risquaient pas d'entraîner les grosses dépenses.

Les machos en manque d'arguments ont bien tenté de discréditer une politicienne dont le mari est bien nanti pour noyer le poisson avec l'eau du bain. Laissez les conjoints, les femmes et les maîtresses à leurs tâches ménagères, ça n'a strictement rien à voir.

Des esprits éclairés ont également proposé de payer les politiciens au même prix que les juges. Voilà qui a l'avantage d'être clair, équilibré et incorruptible.

Mais est-ce qu'un gros chèque mensuel clora définitivement le débat ?

Dans ma grande naïveté, je croyais que les politiciens se souciaient du bien public avant le fric. Je croyais qu'on se lançait en politique par conviction et non par appât du gain. Contrairement à d'autres professions où l'éthique, comme les élastiques des caleçons, est extensible, je croyais que la morale des politiciens était d'acier trempé et que toutes leurs propositions, toutes leurs décisions et toutes leurs promesses étaient inspirées par le désir d'aider leurs concitoyens et de donner un nouvel élan à leur pays.

La récente controverse sur les salaires cachés de messieurs les coopérants et autres dirigeants des institutions financières nous ramène une fois de plus à la triste réalité. C'est le cash qui dirige le monde.

Une autre preuve, mais beaucoup plus grave ? Hier, la mallette baladeuse de Deby a sauvé le régime MPS de la guillotine. Le cash des contribuables sauve les bénéfices des millionnaires. Quand cela s'arrêtera-t-il ?

Tag(s) : #Divers

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