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Le fondateur de l'Arche de Zoé Eric Breteau affirme avoir reçu le soutien de "conseillers de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner" dans son opération visant à exfiltrer du Tchad vers la France 103 enfants, présentés comme des orphelins du Darfour.

Dans un entretien diffusé sur le site figaro.fr, Eric Breteau, condamné à huit ans de travaux forcés au Tchad, transformés en huit ans de prison en France avant d'être graciés par le président Idriss Déby, réclame "la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion du dossier par les autorités françaises".

Dans un ouvrage intitulé "L'Arche de Zoé" à paraître chez Plon, Eric Breteau indique que "pour la première fois, (il) y explique en toute liberté l'origine de notre opération et (...) dévoile les appuis politiques dont nous avons bénéficié en France jusqu'à ce que nous soyons complètement lâchés après notre arrestation, le 25 octobre". Selon ses dires, des encouragements lui avaient été prodigués, durant l'été 2007, "par des conseillers de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner".

Et de lancer qu'"il était même prévu que Cécilia Sarkozy et (le garde des Sceaux) Rachida Dati se déplacent en personne pour accueillir les 103 enfants à l'aéroport de Vatry" dans la Marne.

Le président de l'association indique être "résolu à porter plainte" contre la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade, "pour diffamation ainsi que pour atteinte à la présomption d'innocence". Cette dernière avait qualifié l'opération de l'Arche de Zoé d'"illégale" et d'"irresponsable". Pour lui, "elle s'est montrée indigne de sa fonction".

"Notre objectif était de sauver 103 orphelins du Darfour, mais surtout de déclencher une crise qui favoriserait, enfin, une prise de conscience de la communauté internationale sur la tragédie qui se déroule dans cette région d'Afrique", précise Eric Breteau.

Interrogé un peu plus tard sur France-Info, il a souligné que son "objectif était de créer un incident international" pour "obliger les politiques à intervenir". "Bernard Kouchner était parfaitement au courant de notre opération puisque j'ai rencontré personnellement son conseiller politique et il a partagé mon analyse", affirme-t-il, en ajoutant qu'il s'était aussi entretenu avec "un conseiller de l'Elysée (...), un assistant de Catherine Pégard, qui est une conseillère très proche du président Sarkozy".

Selon Eric Breteau, ils étaient tous "favorables au déclenchement de cette opération".

Il reconnaît toutefois avoir de "multiples" regrets concernant "la tournure des événements qui ont fait souffrir beaucoup de gens autour de nous" et "la situation de ces enfants". "Aujourd'hui, une grande partie de ces enfants ont été renvoyés dans l'enfer du Darfour (...) C'est un drame très difficile à surmonter", lance-t-il. "On regrette que cette opération ait été déformée par les politiques et les médias", assure-t-il, tout en disant n'avoir aucun regret sur l'opération elle-même.

AP

 

Tag(s) : #International

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