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undefinedQuel drame ! Le dénouement tant attendu serait aujourd'hui entrain de s'évanouir. Idriss Deby règne toujours dans la terreur absolue au Tchad, torturant, violant, séquestrant et tuant sans aucune retenue ni distinction des citoyens sans défense. Et que tout cela sans émouvoir réellement les institutions internationales, les organisations de défense des droits de l'homme, et autres pays supposés "civilisés" et "démocratiques".

Au moment où la population tchadienne subit dans un huis clos médiatique total la barbarie criminelle de Deby, de son clan et de leurs sujets, les supposés "libérateurs" se tiraillent sur des éventuelles responsabilités à partager au sommet de l'Etat à conquérir.

Timane Erdimi affiche des ambitions insultantes voire cyniques à l'égard du peuple tchadien.  Face au comportement ignoble de ce dernier, se dresse un Mahamat Nouri remarquablement intransigent jusque-là par tarde à répondre aux attentes des populations tchadiennes qui espéraient mieux de lui.

Après les affrontements en solo à Abougoudam et à Biltine entre octobre et novembre 2007, les principaux mouvements rebelles (UFDD, RFC, UFDD/F) ont fait l’amer constat de la limite de leurs forces individuelles opposées à celles de Deby qui, elles, sont constamment appuyées par l’armée française et des mercenaires.
 
Malgré que ces dernières batailles ont tourné largement en leur faveur (les pertes en hommes et en matériels étaient beaucoup plus importantes du coté gouvernemental), les rebelles se sont une fois encore repliées dans leurs bases arrières en territoire soudanais. Là, l’unanimité a été faite sur la nécessité d’unir les forces combattantes sinon au moins coordonner les actions militaires pour les prochaines batailles qui s’annoncent finales.
 
C’est ainsi qu’un commandement militaire des forces unifiées (CMU) a été mis en place sans toutefois avoir un réel pouvoir décisionnel. Les principaux chefs des mouvements gardent toutes leurs prérogatives et donc tirent les ficelles derrière le rideau. La preuve, on a presque pas entendu le Colonel Fizani Mahadjir. On s’est plutôt arrangé pour désigner un porte-parole « unique » qui devrait s’exprimer au nom de tout le monde, mais là aussi Mr. Khoulamala n'a pas cessé de rappeler à l'ordre les chargés de communication de l'UFDD, Mr. Ali Ordjo Hemchi et son adjoint Mr. Hassane Mahamat Bouloumay mieux informés que lui.
 
La désignation d’un bureau politique et éventuellement d’un chef unique de la rébellion a été tentée mais sans succès. Le consensus est devenu quasi impossible, les propositions sont faites en fonction des ambitions de chaque leader. Les idéaux de paix, d'unité, de liberté, de la bonne gouvernance et du développement pour lesquels cette lutte est engagée, se trouvent être sacrifiés à l’autel des intérêts personnels et partisans voire claniques. On veut faire du Debysme sans Deby.
 
undefinedLors des tables rondes inter-rebelles, Mr. Timane Erdimi, chef du RFC, comptable à part entière que Deby de la dérive criminelle, mafieuse et financière du régime MPS, fait les propositions suivantes :
 




Proposition 1
-         Mahamat Nouri devient chef de la CMU.
-         Une fois la victoire acquise, il (Timane) assurera la présidence de la transition et ne se représente pas à l’élection présidentielle.
-         Mahamat Nouri est libre d’être candidat à l’élection présidentielle.
-         Le RFC présentera son candidat (vraisemblablement Mr. Tom Erdimi)
 
Proposition 2
-         Mahamat Nouri devient chef de la CMU.
-         Une fois la victoire acquise, il (Nouri) assurera la présidence de la transition mais ne se représente pas à l’élection présidentielle.
-         La CMU soutiendra la candidature unique de Timane Erdimi à l’élection présidentielle.
 
undefinedMr. Mahamat Nouri, chef de l’UFDD, proche collaborateur d’Idriss Deby. Il est pratiquement le seul à avoir été ministre quinze ans durant dans les multiples gouvernements de Deby et qui a bénéficié du poste en or de l’ambassadeur en Arabie saoudite. Bien que fidèle de Deby, Mr. Nouri n’avait aucun pouvoir réel dans le système MPS. Son rôle le plus regrettable est d’avoir contribué à anéantir les rebellions du MDD et du MDJT (8 ans au ministère de la défense), notamment en décourageant et débauchant à coup de frics des hommes qui très tôt ont dénoncé et combattu les barbaries d’Idriss Deby. Mr. Mahamat Nouri a fait la proposition suivante :
Proposition
-        Il (Nouri) devient chef de la CMU. La logique démocratique veut que la majorité gouverne. L’UFDD est la principale force rebelle et de ce fait, elle est le pilier de la résistance nationale. Les autres mouvements, non moins insignifiants cependant, devraient compléter cette force pour lui donner une véritable dimension nationale, explique Mr. Nouri.
-        Une fois la victoire acquise, il (Nouri) assurera la présidence de la transition le temps d’organiser un forum national qui rassemblera tous les tchadiens sans aucune distinction. Le forum aura son directoire et se chargera de jeter les bases de la transition politique qui devrait conduire le Tchad à la stabilité politique et au progrès économique.
-        Le forum élira le président de la transition. L’élection sera libre et ouverte à tous.
-        Le président de la transition désigné par le forum pourra se présenter à l’élection présidentielle.
 
Quant à Mr. Abelwahid Makaye, le chef de l’UFDD/F (aile dissidente de l’UFDD), un homme jusque-là inconnu de la classe politique tchadienne, il s’est rangé du coté de Mr. Nouri et donc a appuyé ses propositions.
 
Comme vous l’aviez constaté, ce fut un véritable jeu du chat et de la souris. Les négociations tournaient en rond et furent un échec retentissant. La CMU a dû passer à l’assaut de N’djaména car il ne fallait en aucun cas laisser le temps à Deby pour reconstituer son armée déchiquetée.

La CMU a démontré une fois de plus que l’union fait la force. Malgré la surveillance quasi permanente suivie de bombardements des avions français et gouvernementaux, les rebelles ont opéré une percée spectaculaire jusqu’à Oum-hadjer, prenant de court les défenses gouvernementales d’Adré et d’Abéché avant de piquer sur N’djaména. Les accrochages successifs de Karal, Massakory et Massaguet se sont soldés par des défaites cuisantes des hommes de Deby qui s’est replié en catastrophe à N’djaména et s’est abrité chez ses parrains français.
 
Le samedi 2 février 2008, N’djaména est tombée comme un fruit mûr. Deby et son dernier carré se sont barricadés à l’ambassade de France, une petite troupe assurait les arrières au cas où la rébellion tenterait de passer outre la sollicitation française. En effet, les français avaient bien demandé une faveur aux rebelles afin de leur permettre d’évacuer d’une part leurs ressortissants et d’autre part le président déchu et sa bande. Ce laps de temps accordé innocemment à un ennemi (connu !) se révélera fatal pour la rébellion. Cette dernière, à la grande surprise, ne tiendra pas 48 heures dans la capitale face à quelques hommes de Deby qui faisaient du surplace et ont même commencé à traversé le fleuve Chari. Rappelons qu’en 1980, les FAN ont tenu 9 mois à N’djaména face à une dizaine de mouvements en plus des bombardements libyens.
 
Manifestement et de l’avis général, il a manqué aux vaillantes forces de la résistance nationale un chef unique qui pourrait faire une lecture rapide de la nouvelle situation et trouver la stratégie adéquate. Ce n'est pas vraiment chose difficile. La CMU à trois têtes n’a su s’imposer à N’djaména.
 
Timane Erdimi et ses hommes n’ont pas gouté au petit temps de la victoire. La population N’djaménoise scandait dans tous les quartiers « Vive UFDD !, Vive UFDD ! » et pire dans certains milieux « A mort les Zaghawas ! A mort les Zaghawas ! ». Ils ont pu apprécier le pillage et surtout l’acharnement des populations dans les domiciles des proches de Deby et particulièrement dans ceux des Zaghawas. Même le Kidi gourane a tonné dans les quartiers, c’est dire !
En revanche, ce fut une petite fête chez les « zoubates » de l’UFDD où certains se sont même installés chez eux et ont été servis des rafraîchissements. Alors qu’au même moment d’autres combattants faisaient encore face aux feux des chars T55 et aux roquettes des hélicos.
 
Puis ce fut la débandade sans qu’un ordre formel de repli ne soit donné. Les hommes de Timane Erdimi avaient cessé de combattre et observaient la résistance de Deby et ses mercenaires. Ils ont ensuite commencé à se retirer de la ville entrainant du coup tout le monde sans que personne ne comprenne le pourquoi. Timane Erdimi a ainsi sauvé Idriss Deby Itno.
 

Aujourd’hui, Mahamat Nouri ne peut que s’en prendre qu’à lui-même pour n’avoir su responsabiliser suffisamment les hommes et assurer une coordination minimum des opérations. On ne vend pas la peau de l’ours avant l’avoir tué. La désorganisation et le pilotage à vu au sein de l’UFDD est un secret de polichinelle, c’est sans nul doute le maillon faible du mouvement. 

A Mongo, chaque mouvement a trouvé les moyens pour imputer la responsabilité de l’échec de N’djaména à l’autre. Depuis, les négociations sur le partage du gâteau ont repris de bel, sauf que les rapports de force ne sont plus les mêmes. Conséquences immédiates, les ambitions du RFC et de l’UFDD/F ont été revues à la baisse par le Général Nouri qui s’impose de facto comme le chef incontestable de la résistance nationale.
 
En effet, alors que Timane Erdimi voit ses hommes déserter pour Deby et que Aboud Makaye fait du surplace, Mahamat Nouri enregistre de nouveaux ralliés dont certains de grands baroudeurs. C’est exactement ce qu’espérait Timane Erdimi qui a toujours cru au ralliement de dernière minute des hommes de Deby. Ces derniers ont préféré mourir que s’allier au RFC.
Cette montée en puissance de l’UFDD n’a pas seulement étouffé le RFC car l’autre mouvement, l’UFDD/F, se présente désormais comme le dindon de la farce avec une force combattante évaluée à 250 hommes (25 toyotas) et qui aurait préféré cette fois-ci se ranger du coté du RFC afin de représenter quelque chose sur la balance.
 
La CMU est morte, serait-il possible de la ressuscitée ? Ce n’est pas sûr car le Général Nouri a clairement tiré les conséquences de cet échec de N’djaména et a aujourd’hui la force nécessaire pour conquérir le pouvoir. Idriss Deby Itno est KO débout, il compte sur les rebelles du MJE et MLS pour faire face aux combattants de l’UFDD très déterminés et sur la France qui cette fois-ci réfléchira avant de « faire son devoir au Tchad ». Au Tchadiens d’être plus nationalistes et refuser la Somalisation du Tchad et aux étrangers de s’occuper de leurs affaires, n’est ce pas Mr. Abderahmane SECK ?
Tag(s) : #Ambénatna

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