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Le 26 septembre 2002, le Joola avait chaviré au large de la Gambie alors qu'il reliait la Casamance (sud du Sénégal) à Dakar la capitale, faisant selon un bilan officiel 1.863 victimes, dont une trentaine d'Européens (Français, Belge, Néerlandais, Espagnols).



 

undefinedLe rapport d'une "commission d'enquête technique", publié début novembre 2002, avait fait état de la surcharge du bateau, qui avait une capacité de 550 passagers, ainsi qu'une accumulation de fautes et de négligences, tant dans l'exploitation du navire, géré par la Marine nationale, que dans le déclenchement des secours.





undefinedLa justice française a ouvert début avril 2003 une information judiciaire concernant le naufrage du Joola. Deux juges d'instruction du parquet d'Evry, dans la région parisienne, ont été désignés pour enquêter sur des faits "d'homicides involontaires, de blessures involontaires et de défaut d'assistance à personnes en péril".



Plusieurs familles des victimes françaises du naufrage résident dans le département de l'Essonne dont le chef-lieu est Evry. L
e père d'une des victimes 22 victimes françaises, Alain Verschatse, se désole que "depuis 5 ans, toutes ses questions restent sans réponse. Sans victimes européennes, les Sénégalais auraient déjà accepté ce qu'on veut bien leur dire".


Cinq ans après, le drame, qui a été promptement enterré par le pouvoir sénégalais, pourrait connaître un rebondissement avec l’émission de mandats d’arrêt visant de hauts responsables politiques et militaires. Le juge Jean-Wilfrid Noël, qui est sur le point de boucler son instruction, a transmis son dossier et huit mandats d’arrêt internationaux au parquet d’Evry. Ils viseraient l’ex-Premier ministre Mame Madior Boye, l’ex-ministre des Forces armées Youba Sambou, le chef d’état-major général des armées Babacar Gaye, le chef d’état-major de la Marine nationale Ousseynou Kombo, celui de l’Armée de l’air Meïssa Tamba, et le ministre des Transports Youssouf Sakho, le chef d’exploitation du bateau Moddy Siguine et le directeur de la marine marchande Abdoul Hamid Diop.


Un rapport de complément d’expertise, commandé par le même juge Noël détaille les responsabilités de bas en haut de l’échelle, point par point. Aucune des demandes de commissions rogatoires internationales du juge n’ayant abouti, toutes les auditions ont eu lieu en France ou en Europe. L’enquête sénégalaise, classée sans suite, avait conclu à la responsabilité exclusive du capitaine du transbordeur, Issa Diarra, disparu dans le naufrage. Pour le reste, seules des sanctions administratives avaient été prises.
 


Le juge français Jean-Wilfrid Noël en charge de l'information judiciaire se trouve à Dakar depuis le 12 janvier dans le cadre d'une commission rogatoire. Il a auditionné lors de son séjour une dizaine de personnes et a demandé, sans succès, à entendre comme témoin l'ancien Premier ministre Mame Madior Boye et deux ministres en poste au moment du drame.

La présidence sénégalaise, par la voix de son porte-parole, a alors vertement répliqué en ces termes : " J’affirme ici de la façon la plus solennelle et la plus ferme que tous ceux qui seront tentés par l’aventure et qui prendront des actes qui sont de nature à porter atteinte à l’honneur de notre nation, à la respectabilité de notre Etat et de nos hommes d’Etat, auront pris sur eux, la responsabilité d’une ferme réaction dont les conséquences ne les épargneront pas ", avant de conclure ironiquement que le Sénégal n'est pas le Tchad. 
Le Juge français est reparti le 25 janvier 2008 dans la soirée.

Notons pour finir que les familles des victimes françaises du naufrage seront une nouvelle fois reçues le 30 janvier à l'Elysée, a indiqué vendredi dernier un responsable de l'association des familles.

Tag(s) : #International

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