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Affaire Habré : 1 an après l'arrestation de l'ex Président Tchadien, le SG du CAS-HABRE fait le point.


Letchadanthropus-Tribune :
Bonjour M. Mahamat TOGOI. Vous êtes le SG du Collectif Africain de Soutien au Président Hissein Habré (CAS-HABRE), pourriez-vous vous présenter à nos visiteurs et nous rappeler rapidement l’historique du Collectif ?

Mahamat TOGOI (MT)
Permettez-moi avant tout de remercier votre plateforme médiatique, une véritable tribune de liberté d’expression, de m’offrir cette opportunité pour parler des activités du Collectif CAS-HABRE et profiter pour adresser au nom du bureau du CAS-HABRE nos meilleurs vœux à tous les musulmans du monde et du Tchad en particulier à l’occasion du début du mois béni de Ramadan.

Je suisTchadien, étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), inscrit en Master en Géosciences. Je suis membre fondateur du Collectif Africain de Soutien au Président Hissein Habré (CAS-HABRE) et depuis 2013, j’occupe le poste de Secrétaire Général (SG) au sein du Bureau Exécutif.

Le CAS-HABRE est créé en mai 2009 sur une initiative d’un groupe de jeunes Africains vivant au Sénégal et en coordination avec d’autres présents dans la diaspora (Afrique, Europe, Amérique, Moyen-Orient). Le Collectif compte aujourd’hui parmi ses souteneurs différentes sensibilités socioprofessionnelles telles que les universitaires, enseignants, syndicalistes, intellectuels émérites, des politiques, des anciens militaires, des journalistes au Sénégal, au Tchad et dans le reste du monde. Notons le soutien important des compagnons de lutte du Président Habré dans la bataille que nous menons dans cette affaire. Le CAS-HABRE s’est illustré sur plusieurs fronts et sa voix est citée par la presse nationale et internationale. Nous sensibilisons les populations africaines sur le complot ourdi contre son Excellence le Président Hissein Habré, en apportant la réplique contre les campagnes de désinformations menées par les droits de l’hommiste et l’Etat du Sénégal sur cette affaire mais aussi en allumant le feu du projecteur sur la situation apocalyptique de notre pays le Tchad qui expliquerait quelque part cette cabale politico-affairiste qui n’a rien de judiciaire.


Le Tchadanthropus-Tribune :
Le 30 juin 2014, cela fera un an que le Président Hissein Habré est arrêté par les autorités sénégalaises. L’aviez-vous récemment rencontré et comment vit-il cette incarcération ?

Mahamat Togoï : Tout à fait, le temps passe vite. Le Président Habré vit cette situation comme tout être humain privé injustement de sa liberté et de ses droits fondamentaux de l’homme. Car rien, absolument rien ne justifie hier comme aujourd’hui cette incarcération. Sinon qu’un abus de pouvoir d’un régime dont les accointances avec celui de Ndjaména ne sont plus un secret de polichinelle. Je vous rappelle que le Président Habré a été pratiquement kidnappé de son domicile ce 30 juin 2013 et placé depuis à Dakarnamo, sœur jumelle de la tristement célèbre prison de Guantanamo où le pays de Reed Brody achemine des personnes arrêtées un peu partout sur cette terre, essentiellement des musulmans, pour les incarcérer sans jugement, leur faire subir des tortures dont beaucoup en meurt, les plus chanceux en sortent avec des séquelles irréparables. Dakarnamo a fait l’objet d’un appel d’offres public mais à l’arrivée c’est l’administration pénitentiaire qui a rafistolé le coin. Il aurait coûté 130 millions de francs Cfa d’après les dires du sieur Sidiki Kaba, Ministre de la Justice du Sénégal, spécialiste es « affaire Habré » et inventeur de la « présomption de culpabilité ». Donc, quelles que soient votre détermination, votre courage et votre foi à la justice et en Dieu, face à une injustice aussi malsaine que celle-là, vous ne pourrez que vous offusquer et vous dresser indéfectiblement contre ce complot. Qui connait le Président Habré sait de qui on parle. Nous l’avons rencontré récemment, il se porte comme un combattant au front avec les conditions qui y vont. Cela nous galvanise davantage pour mener jusqu’au bout ce combat politique pour sa libération mais aussi pour rétablir la vérité et au-delà sauver notre chère patrie.


Letchadanthropus-Tribune : quelles sont les actions menées par le collectif CAS-HABRE face à cette situation arbitraire qui dure maintenant depuis un an ?


Mahamat Togoï : Le CAS-HABRE est très actif et percutant dans sa stratégie de communication. Car vous comprendrez que l’aspect juridique est vaillamment et brillamment défendu par les Avocats du Président Habré. Aussi, le collectif sert de relai aux arguments développés par la défense. Outre les communiqués de presse que publions à chaque fois que de besoin pour rebondir à l’actualité sur cette même affaire, nous sommes régulièrement sollicités par la presse écrite pour des réactions et invités dans des émissions radio et télé pour donner le point de vue du CAS-HABRE. Par exemple, tout récemment j’ai intervenu à un forum organisé à l’université où Jacquelines Moudeina était invitée pour apporter un autre son de cloche. Bien entendu, nous dénonçons la cabale politico-juridico-affairiste ourdi contre un seul homme en l’occurrence le Président Habré mais aussi indexons le comportement inexplicable des autorités politiques sénégalaises dans cette affaire.

Pour faire brève, nous portons à la connaissance du grand public des informations soigneusement tues par les ONG qui disposent de véritable budget de communication à même d’étouffer les grandes organisations. Mais quand vous avez la vérité avec vous, rien ne peut vous ébranler et chaque fois nous marquons des points sur la coalition internationale anti-Habré. Nous avons aussi notre page facebook (http://www.facebook.com/cas-habre) qui est aussi un véritable outil d’information, de sensibilisation et d’échanges. J’en profite pour remercie Letchadanthropus-tribune.com ainsi que tous les autres sites et blogs qui relaient nos communiqués, interviews et articles.

Nous travaillons avec les autres mouvements de soutien au Sénégal et à l’étranger pour porter encore plus loin la lutte.


Letchadanthropus-Tribune : nous avons relevé que d’autres mouvements ont apporté leur soutien au Président Habré. Comment le CAS-HABRE apprécie leurs contributions et quelle relation avez-vous avec ces mouvements ?


Mahamat Togoï : Le CAS-HABRE accueille avec beaucoup de satisfactions la création de nouveaux mouvements de soutien au Président Habré aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Le dernier né est celui de la Libye. Nous avons ceux de la France, des USA, de Malaisie, de Canada, de la RDC, du Niger, d’Arabie Saoudite, d’Egypte, de la Guinée et du Cameroun. D’autres sont en voie de constitution. Ensemble, nous ferons reculer ces imposteurs.

Au Sénégal, nous avons les mouvements « Téranga pour Habré », « Taxawu Habré», «Delo Dioukheul à Habré », « Coordination des Amis de Habré » et aussi l’Artiste Rappeur Pacotille qui a sorti un single « Habré », un véritable coup de pied dans la fourmilière. Cela montre le degré de sensibilisation des populations sénégalaises sur cette affaire qui occupe le devant de l’actualité depuis une quinzaine d’années. Ces mouvement s’organisent et agissent à travers plusieurs canaux pour toucher la grande masse et dénoncer les faits troubles commis en leur nom et qui portent gravement atteinte à leurs valeurs. Nous sommes parfaitement en phase avec ces mouvements qui nous invitent et accordent la parole lors des manifestations qu’ils organisent.


Letchadanthropus-Tribune : qu’en est-il de la communauté tchadienne du Sénégal ?

Mahamat Togoï : C’est une communauté harmonieuse composée à majorité d’étudiants et quelques fonctionnaires d’organismes internationaux en famille, plus préoccupés par leurs objets premiers. Globalement, c’est une communauté qui fait preuve de sérénité et de retenue face à cette affaire mais qui n’ignore pas la réalité des faits. C’est-à-dire qui était vraiment qui et qui a fait réellement quoi à cet époque. Mais je vous assure que beaucoup de nos compatriotes du Sénégal (même ceux qui ne portent pas le Président Habré dans leur cœur) sont indignés de voir qu’un autre pays, voire des individus, s’accaparer de notre histoire, la falsifient et la transforment en un fonds de commerce ou l’exploitent politiquement. Car personne n’ignore les conséquences de cette affaire sur l’avenir du Tchad. C’est aussi une question de patriotisme. Toutefois, nous avons noté l’expression d’une partie de la communauté tchadienne et même des engagements forts pour certains qui ont su, en tout patriotisme, faire la part des choses. Au nom du bureau exécutif du CAS-HABRE, je leurs adresse nos remerciements patriotiques. Signalons le cas malheureux de ce Consul Honoraire, plus soucieux de cette affaire qui lui rapporterait des pécules que de ses responsabilités vis-à-vis de la communauté, notamment les étudiants. Après tout, c’est le représentant du MPS à Dakar. D’ailleurs, comme dirait l’autre, ASECNA et MPS, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.


Letchadanthropus-Tribune : Le Tchad et le Sénégal ont signé plusieurs accords qualifiés de « coopération judiciaire » dans le cadre de cette affaire. Les derniers développements portent sur le transfert à Dakar d’autres personnes arrêtées à Ndjamena, la constitution de partie civile de l’Etat tchadien et la retransmission télévisée du procès. Comment le CAS-HABRE suit tout cela ?


Mahamat Togoï : Le Tchad et le Sénégal ont des potentialités de développement énorme. Le premier a des ressources minières et le second des ressources humaines qualifiées. Ces échanges peuvent être dans plusieurs domaines : enseignements supérieurs, agriculture, énergie, Télécoms, Infrastructures, etc. Mais hélas, on constate que cette coopération est conditionnée par cette affaire. Des contrats juteux ont été attribués de gré à gré à des entreprises sénégalaises intervenant dans le BTP et très proches du pouvoir de Macky Sall. Comme vous l’avez souligné, le transfert sur Dakar de Messieurs Saleh Younous et Mahamat Djibrine, vivement réclamé par la bande de Reed Brody, a fait l’objet de controverse qui a fini par ouvrir beaucoup de yeux, essuyer beaucoup d’oreilles sur cette affaire. Nous savons maintenant qu’il n’y a pas eu signature d’accord d’extradition entre Idriss Deby et Macky Sall, c’est l’ex Ministre de la Justice du Tchad, Me Bernard Padaré qui l’a récemment révélé depuis son exil bruxellois.

Quant à la retransmission de l’éventuel procès, le CNRA a sauvé la face au Sénégal en l’interdisant. Jamais dans les annales de l’histoire judiciaire, un procès n’a été retransmis en direct à la télévision. L’intention cynique et foncièrement haineuse de cette coalition internationale pour la liquidation du Président Habré était d’user de cette retransmission radio-télévisée pour humilier un homme qui n’a jamais courbé l’échine devant l’occident. Le CAS-HABRE s’est joint aux Avocats du Président Habré, aux mouvements de soutien, aux multiples voix qui se sont élevées au sein de la société civile sénégalaise pour dénoncer cette incroyable imposture auprès de la Justice sénégalaise et sous-régionale mais aussi au niveau de l’UA et de l’ONU. Soyons sérieux et ne perdons pas de vue le volet financier de l’affaire. Une retransmission en directe à la télévision coûterait des milliards. Qui seront les bénéficiaires de ces marchés ?


Letchadanthropus-Tribune : Les chambres africaines extraordinaires (CAE) ont finalement effectué 4 commissions rogatoires au Tchad. Quelle conclusion en tirez-vous ?


Mahamat Togoï : Effectivement, initialement prévu pour 3, on est passé à 4 déplacements sur Ndjaména, aux frais du régime MPS. Le bilan est un fiasco complet car en réalité aucune instruction n’a été menée. On s’est arrangé à perdre le temps en enregistrant des plaintes imaginaires. Puis, ce fut le tour des prétendues archives de la DDS fabriquées par les services secrets français et HRW et enfin des aller-retours rapides au Sud, Centre et à l’Est du pays pour identifier des sites qui abriteraient des charniers. Il faut souligner que tout se passe sous un contrôle serré de l’ANS. En définitive, aucune enquête n’a été menée pour vérifier les plaintes. Aucune personnalité, sur les 120 listées par Jacquelines Moudeina et Reed Brody, de l’ancien régime n’a été entendue. Le pouvoir s’est farouchement opposé et mieux il a renvoyé Mbacké Fall et ses Juges à Dakar. Le Tchad n’extradera personne leur a-t-on sèchement signifié. Dès lors chaque tchadien doit déduire la conclusion qui s’impose.

Il faut savoir que chaque déplacement au Tchad durait en moyenne 15 jours, rémunéré 350.000 F le jour pour chaque membre des CAE. Une pure folie !


Le Tchadanthropus-tribune : pourquoi selon vous, les ONG s'acharnent-elles tant contre le Président Habré ? Qui sont les véritablement plaignants dans cette affaire ?


Mahamat Togoï : Reed Brody de HRW est le manager de cette cabale politico-juridico-affairiste. Il a déclaré lors d’une émission télévisée à Dakar : « je ne savais rien, c’est Me Delphine Djiraïbé qui est venue nous dire en 1999 : « venez chez nous au Tchad, nous aussi nous avons notre Pinochet ». Donc jusqu’en 1999, une grande organisation comme HRW n’a rien vu d’anormal sur le régime Habré et cela malgré le fameux rapport du Magistrat Mahamat Hassane Abakar. Les ONG sont des relais des Etats occidents pour torpiller nos pays, intimider nos chefs d’Etat et imposer des politiques qui sont en inadéquation totale avec nos besoins et réalités. C’est regrettable que les organisations africaines (Raddho, LTDH ONDH, etc.) figurent comme de simples relais et servent d’écho pour ces organisations internationales (HRW, FIDH, Amnesty International). Mais comme vous le savez, ces organisations font plus de politique que de droit de l’homme. Elles ne se penchent jamais sur les problèmes économiques de nos populations. Bien au contraire, elles consomment des budgets impressionnants mis à leur disposition par des Etats et des groupes de pression, la fameuse Françafrique, les lobbys francs-maçons et homosexuels. Dans le cas de l’affaire Habré, ces Ong sont lâchées par la France, la Belgique, le financement vient du Tchad et jadis de la Libye de Khadafi. Là où il n’y a pas d’argent, vous ne les entendrez jamais aboyer. Les exemples ne manquent sur ce registre.

Quant aux plaignants, tout le monde a vu durant ces quatorze dernières années défiler à Dakar, à Bruxelles, Paris, en Afrique où se tenaient les sommets de l’UA, deux groupes d’individus menés par Jacqueline Moudeina et Ismael Hachim (décédé) puis Zakaria Fadoul. Sérieusement, ces individus n’ont même pas de quoi nourrir convenablement leurs familles. Alors, ne me dites pas que ce sont ces gens qui poursuivent le Président Habré ! Ce sont des marionnettes manipulées par les Etats et les droits de l’hommistes. Leur discours est du reste foncièrement ethnique. Nous avons vu à Ndjaména lorsque les Sénégalais des CAE sont arrivés, que des Saras et des Zaghawas. C’est ça la vérité et tout le monde doit l’entendre et le comprendre. Quant à nous, nous y ferons face sans être entraînés dans ces méandres de la division et de la destruction humaine.


Letchadanthropus-Tribune : L’armée et la justice sénégalaise, la presse, la société civile, le lobby religieux sont autant des garde-fous qui ont permis au Sénégal d’éviter de connaitre des situations de crise politique majeure comme on voit un peu partout en Afrique et depuis quelque temps dans les pays voisins du Sénégal. Quel commentaire pourriez-vous faire à ce sujet ?


Mahamat Togoï : En Afrique francophone, le Sénégal a des acquis importants qui ont contribué à sa stabilité politique. C’est pratiquement le seul pays de l’Afrique de l’Ouest qui n’a pas connu de coup d’Etat militaire. Le système démocratique s’est renforcé depuis 2000 avec l’alternance politique. Le paysage médiatique s’est aussi enrichi contribuant à la promotion des libertés mais aussi à la bonne gouvernance. La société civile s’est consolidée. Les confréries religieuses jouent un rôle modérateur de premier ordre. Même si le pays ne dispose pas de ressources minières importantes, l’économie sénégalaise s’en sort et parvient à juguler la demande sociale galopante.

Cependant, on constate parallèlement se développer des comportements qui n’honorent pas le Sénégal. Accueillir un hôte, lui accorder l’asile politique et 23 ans plus tard le livrer à ses ennemis, est une attitude inqualifiable. La Téranga est ici souillée par ces politiciens. Le silence coupable des intellectuels et des Magistrats sonnent mal pour toute l’Afrique. Les droits du Président Habré sont publiquement violés, les plaintes déposées par ses Avocats sont bloquées par un Ministre de la justice qui insulte en public, la Cour Suprême qui fait le mort depuis bientôt un an sur la légalité des CAE. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette question pour parler du Sénégal, pays de grands érudits et du Savant Cheikh Anta Diop, des stars de foot et de la musique.


Letchadanthropus-Tribune : quel message voudrez-vous passer pour la fin ?

Mahamat Togoï : C’est un message de mobilisation générale et de continuité que je lance au nom du CAS-HABRE à tous les Tchadiens, Sénégalais, à tous les Africains. Nous sommes en face d’un complot contre l’Afrique, contre la Justice et contre les libertés. Un complot que l’UA a vigoureusement dénoncé face aux poursuites racistes de la CPI. Les CAE constituent un Tribunal illégal, anticonstitutionnel, financé par les ennemis du Président Habré à savoir la France, la Belgique, les Etats-Unis d’Obama et le régime Deby. Nous devons nous mobiliser davantage pour faire échouer cette odieuse cabale. Car au-delà de la personne de l’ex Président Tchadien HH, nous sommes tous visés par ces pratiques mafieuses et néocolonialistes.


Propos recueillis par Abdoulaye Moussa
Correspondant de Letchadantropus-tribune.com à Dakar
Source : Letchadantropus-tribune.com

Tag(s) : #Articles- Affaire HH

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