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Affaire Habré : fiasco intégral des commissions rogatoires menées au Tchad par les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE).

L’affaire HH se poursuit entre Dakar et Ndjamena, trainant derrière elle comme à l’accoutumée d’innombrables violations du Droit et des droits de l’ex Président Tchadien, exilé au Sénégal depuis bientôt un quart de siècle au nom de la fameuse TERANGA.


Cela fait un an et cinq mois que les Chambres Africaines Extraordinaires d’instructions (CAE) carburent à plein régime, consommant sans compter l’impressionnant budget de 18 milliards de francs Cfa mis généreusement à leur guise par un homme perdu, Idriss Deby Itno qui, 23 ans après avoir conquis le pouvoir par les armes, règne fatalement sur la destinée du Tchad par le fait de la corruption, des fraudes électorales répétitives, des assassinats des élites intellectuelles, politiques et militaires tchadiennes, des interventions militaires à l’extérieur du territoire national (au coût invraisemblable !), le tout couvert par une certaine communauté internationale intéressée.


Les CAE sont l’ultime étape d’un odieux deal politique conclu entre des groupes d’intérêts à obédience maçonnique pour mettre la main sur un homme et un seul, le Président HH. Illégal sur toute la ligne, ce Tribunal d’exception a été dénoncé par tous les Juristes Sénégalais et Africains indépendants. L’artifice juridique pensé par Reed Brody de Human Right Watch pour la création de ces CAE a été ainsi démonté pièce par pièce. Les accords de coopération judiciaire signés en renfort entre le Sénégal et l’Union Africaine d’une part et le Sénégal et le Tchad d’autre part, n’ont l’évidence pas suffi pour donner aux CAE un semblant de légalité.

Est-il encore nécessaire de rappeler ici toutes les péripéties de cette affaire, notamment les décisions de justices rendues jusque-là, à savoir celles de la Justice sénégalaise depuis 2000 et celles de la Cour de justice de la CEDEAO qui interdisaient au Sénégal d’organiser un tel procès ? Il faut seulement se rendre à l’évidence que nous sommes au Sénégal, un pays pivot de la Françafrique où l’argent est roi, c’est la seule chose qui compte véritablement, tout le reste est secondaire. 18 milliards de francs, ce n’est pas rien, surtout en ce temps de crise financière. Une mangeoire à laquelle s’invitent sans honte ni vergogne une kyrielle de Sénégalais de « bonne famille » parmi lesquels des politiciens, juristes, militaires, journalistes, hommes d’affaires, marabouts, etc. Ce ne serait pas exagérer de dire que l’arrestation du Président HH a ouvert les vannes des pétrodollars tchadiens pour ces individus. Le Président Macky Sall, son Premier ministre Aminata Touré (ex Ministre de la justice, chef d’orchestre de ces CAE), le Procureur général des CAE Mbacké Fall, les Juges d’instructions, les organisations de défense des droits de l’homme, Atepa Goudiaby, etc., se sont largement servis. Une cérémonie de remise d'oscars a été spécialement organisée à Dakar à l’honneur des FATIM valablement représentées par leurs chefs les ITNO. Le 30 juin prochain, HH bouclera un an d’emprisonnement arbitraire. Pourquoi ? Qu’est ce qui justifie cette incarcération ? Qu’est ce qui a changé depuis dans cette affaire ? Où en sommes-nous ? Et à quoi faut-il s’attendre maintenant ?

La 1ère commission rogatoire a été annoncée tambour battant par la bande à Reed Brody (Jacquelines Moudeina, Delphine Djiraïbé, Alioune Tine, Assane Dioma Ndiaye, ...) qui ne pouvait cacher sa satisfaction. Enfin le bout du tunnel ! A Ndjaména, le Procureur des CAE Mbacké Fall et son équipe ont débarqué comme dans les séries policières « Les experts ». Croyant que tous les Tchadiens sont aussi Totos que leur Raïs Deby, Mbacké FALL n’hésitera pas à tenir des propos offensants et insultants comme : « L’enquête se fera uniquement à charge, contre Hissein Habré. ». Mais c’est sans compter avec le Procureur de la République, le Magistrat Mahamat Saleh Younouss, qui a dignement recadré le Procureur-Tirailleur des CAE dans la manière qu’il entend conduire sa mission au Tchad. Cela lui a valu sanction car il a été immédiatement muté à Abéché.

Quinze jours durant, les Juges d’instructions des CAE installés dans un commissariat de Ndjaména, sous haute surveillance de l’ANS, vont enregistrer des plaintes. N’importe qui pouvait venir relater n’importe quoi et repartir. Avec une particularité hilarante : tout le monde porte plainte contre Hissein Habré mais aucun ne reconnaît l’avoir vu ou rencontré un jour. Cette mise en scène est l’œuvre d’Alioune Tine de la RADDHO, le mercenaire droit de l'hommiste avait effectué plusieurs missions à Ndjaména pour former ces pseudos plaignants à faire des vrais-faux témoignages.


La 2ème commission rogatoire, de même durée, s’inscrivit dans le même sillage que la première. Enregistrement de plaintes dont 90 % ne portent pas sur des cas de tortures, de crimes ou de disparitions mais plutôt sur des affaires liées à l’argent. C’est le cas de cet illustre inconnu qui réclame 100 millions de francs Cfa toujours au Président Habré. Il déclare avoir remis en 1986 un chèque en blanc à des émissaires venus de la Présidence de la République mais dont il ignore l’identité. Le bonhomme a eu la surprise de sa vie d’entendre le juge lui réclamer : le nom de sa banque, son numéro de compte et éventuellement le relevé bancaire ou la souche du chéquier. Vous comprenez pourquoi les Juges des CAE n’ont à ce jour mené aucune enquête pour s’assurer de la véracité des accusations (1.522 plaintes). Aussi, il ne serait pas déplacer de souligner que les pseudos plaignants sont essentiellement des Sudistes, des personnes âgées et très pauvres. L’argent a été à l’évidence le stimulant principal pour toutes ces personnes. Notons aussi que les 5 personnalités arrêtées un temps à savoir Mahamat Saleh Younous, Mahamat Djibrine, Mahamat Wakaye, Touka Haliki et Oumar Sini ont rapidement recouvert la liberté à l’exception notoire des deux premières. Toutefois, les autorités tchadiennes ont opposé un refus ferme aux Juges des CAE qui ont souhaité rencontrer et interroger les deux détenus. Nous y reviendrons.

A la 3ème commission rogatoire, les plaignants se font désirés. Le fan’s club de Jacquelines Moudeine s’est épuisé. Pour combler le vide, les Juges des CAE se rabattent sur ce qu’on présente comme les archives de la DDS. Les archives de Bernard Padaré et Ahmat Bachir devrais-je dire ! Des documents qui, sous d’autres cieux, perdraient toute leur valeur juridique et iraient directement à la poubelle car ayant été pendant des années entre les mains de l’accusation. Reed Brody se promenait avec ses documents dans son sac, il exhibait à la presse des copies où on peut voir des tableaux faits sous Excel ! (Pour ceux qui ignorent, Excel a connu son expansion qu’avec Windows95).

Puis vint le déplacement tant attendu au Sud du Tchad pour revisiter le fameux « septembre noir ». Le résultat est loin de l'effet escompté. On peut dire ça fait pschitt ! Dans la périphérie de Ndjaména, la fameuse plaine des morts a mystérieusement disparu sous les pieds du fossoyeur Clément Aboufouta, il n’a pu montrer aux Sénégalais un seul site où il affirmait enterrer 15 personnes quotidiennement pendant 4 années. A la place de charniers, on a ouvert des tombes construites d’innocentes personnes, certaines présentaient encore de linceul. Les ossements ont été emportés en Belgique par ces mercenaires recrutés par Reed Brody.

Une 4ème commission rogatoire, non planifiée, a été effectuée pour une durée de 15 jours, du 23 mai au 7 juin 2014. Car chaque jour passé au Tchad, les fonctionnaires des CAE empochent 350.000 F. Faites le calcul. Cette dernière mission se justifie uniquement par la pression exercée sur les CAE par les droits de l'hommistes. L’objectif est d’obtenir vaille que vaille l’extradition sur Dakar de Saleh Younouss, Mahamat Djibrine et Zakaria Berdey, indispensable aux de Reed Brody pour la tenue d’un simulacre de procès. Un bras de fer qui se déroulait à huis clos depuis plusieurs mois et qui a fini sur la place publique ces derniers jours. Le ministre de la justice du Tchad, Me Bechir Madet, vient d’effectuer une visite de 48 heures au Sénégal où il a remis au Premier ministre Aminata Touré, une lettre sur l’affaire Habré. Qui croit encore que c’est une affaire judiciaire ?

Une mascarade honteuse qui passe au pays de Cheikh Ahmadou Bamba et d’Abdoul Aziz Sy Dabakh. Et que dire de ces convocations abusives du Président HH aux CAE où il passe des heures sans boire, sans manger ni prier. Alors que Mbacké Fall, Moustapha Ka et tous les autres Dioublangs qui peuplent les CAE se gavent comme des oies de plats commandés à des traiteurs et incroyablement surfacturés au prix d’un déjeuner présidentiel. Ce jeudi 19 juin encore, le Président Habré a été convoqué aux CAE pour une lecture d’un rapport commandé par les CAE sur la guerre du Tchad, pondu par un Officier Rwandais vivant en Belgique. Autant dire que c'est un Hutu amnistié par les ONG, de même espèce que Bandoum Bandjim.

Face à cette imposture unique dans l’histoire contemporaine, les Tchadiens doivent s’interroger sur la finalité d’un tel acharnement politique. Ceux qui doivent parler et qui se taisent aujourd’hui, regretteront demain leur silence complice, ils n’auront aucune excuse devant l’histoire. Car maintenant tout est clair et pour tout le monde, y compris pour cette petite catégorie aveuglée par la haine et la vengeance, qu'à travers cette affaire ce n'est pas la justice qui est recherchée mais des règlements de compte politique. Quant aux Sénégalais, tous ceux qui sont mouillés dans cette affaire, assumeront tôt ou tard toutes les conséquences de leurs actes. Que Dieu nous accorde une longue vie.


Par Tahir Mahamat Toké
tahirtoke@africamel.net

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